Culture

Des bourses destinées aux réalisatrices en phase d’écriture : Le cinéma au féminin

Le Festival national de la littérature et du cinéma de la femme lance un programme de bourses destiné aux réalisatrices en phase d’écriture, une initiative rare. Dans un paysage cinématographique algérien largement dominé par les hommes, le Festival national de la littérature et du cinéma de la femme de Saïda tente un pari audacieux. À l’approche de sa neuvième édition prévue du 1er au 6 mai prochain, les organisateurs ont annoncé le lancement d’un programme d’accompagnement et de soutien financier inédit destiné aux scénaristes et réalisatrices algériennes. L’objectif affiché : permettre aux créatrices de franchir l’étape cruciale et souvent négligée de l’écriture, ce moment décisif où les projets prennent forme ou s’effondrent faute de moyens. Cette aide financière, attribuée directement aux candidates retenues, vise à leur permettre de « poursuivre l’écriture d’un projet de court métrage dans de bonnes conditions », précise le commissariat du Festival dans un communiqué diffusé dimanche. Une formulation sobre qui masque une réalité bien connue des cinéastes en herbe : l’écriture d’un scénario exige du temps, de la concentration et des ressources que beaucoup ne possèdent pas. En ciblant spécifiquement cette phase créative, le festival de Saïda comble un vide dans l’écosystème du soutien à la création cinématographique en Algérie, où les aides publiques privilégient généralement la production et la post-production.

Le dispositif s’adresse aux porteuses de projets de courts métrages de moins de soixante minutes, qu’ils soient en images réelles ou en animation. Cinq projets seront finalement sélectionnés à l’issue d’une présentation devant un jury de professionnels qui désignera les lauréates bénéficiaires des bourses. Mais au-delà de l’enveloppe financière, le programme prévoit un accompagnement humain et pédagogique non négligeable. Les candidates retenues participeront en effet aux tables rondes, master-classes et différents ateliers professionnels organisés durant le festival, autant d’occasions de confronter leurs projets au regard d’experts et de pairs, de peaufiner leurs écritures et d’intégrer un réseau professionnel souvent difficile d’accès pour les femmes.

Les conditions de candidature imposent toutefois un cadre strict. Les scénaristes doivent soumettre un scénario original ou une adaptation littéraire en cours d’écriture, expliquent les organisateurs. Autre exigence capitale : le tournage ne doit pas débuter avant l’annonce des résultats. Cette clause garantit que l’aide bénéficie réellement à des projets en gestation et non à des films déjà bouclés cherchant un financement a posteriori. Les candidates ont jusqu’au 2 avril pour envoyer leurs dossiers à l’adresse électronique boursesaida2026@yahoo.com, laissant un délai d’environ deux mois pour préparer leurs soumissions.

Cette initiative s’inscrit dans la mission plus large du Festival de Saïda qui, depuis sa création, s’efforce de valoriser la création féminine dans deux domaines souvent considérés comme des bastions masculins : la littérature et le cinéma. En concentrant ses efforts sur l’écriture scénaristique, le festival reconnaît implicitement que la sous-représentation des femmes à l’écran commence dès la page blanche, dans ces espaces de conception où se forgent les récits et les regards. 

Mohand S.

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