Réformes politiques : Un dialogue approfondi avec les partis
Le processus de consultation autour des grandes réformes politiques s’intensifie en Algérie. Entre réunions de la coalition de la majorité et auditions parlementaires, les formations politiques sont pleinement mobilisées pour enrichir les projets d’amendement technique de la Constitution, de loi organique sur le régime électoral et de loi relative aux partis politiques. Cette démarche participative illustre la volonté des autorités d’associer l’ensemble du spectre politique aux transformations institutionnelles en cours. Lundi, la Commission de coordination de la coalition des partis de la majorité pour l’Algérie s’est réunie à Alger pour examiner les projets de réformes. Présidée par le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmbarek, en présence de représentants du RND, du Front El-Moustakbal et du Mouvement El-Bina, cette rencontre visait à « enrichir et cristalliser des propositions concernant le projet d’amendement technique de la Constitution ainsi que le projet de loi organique portant régime électoral », selon un communiqué du FLN.
Cette réunion intervient après une conférence présidée par le directeur de Cabinet de la Présidence de la République, Boualem Boualem, en présence du Premier ministre Sifi Ghrieb et de plusieurs membres du gouvernement. L’objectif affiché est de « proposer une série de points pratiques destinés à enrichir les projets d’amendement technique de la Constitution et de la loi organique portant régime électoral, de manière à renforcer le processus démocratique et à consacrer la pratique politique saine ».
Parallèlement, la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale poursuit ses auditions des formations politiques sur le projet de loi organique relatif aux partis politiques, texte considéré comme fondamental pour la vie politique nationale. Lundi, le Parti des travailleurs (PT) a présenté ses propositions devant la commission. Son représentant, Djelloul Djoudi, a souligné l’importance de ce texte, « l’une des lois les plus importantes soumises au débat », insistant sur le rôle des partis pour « permettre aux citoyens d’exercer leurs droits politiques, contribuer à l’enrichissement du débat général et consolider les institutions de l’État » tout en « renforçant le front interne et en préservant l’unité nationale ».
Le Front des forces socialistes (FFS) a également été auditionné le même jour. Ses représentants, Djamel Belloul et Azzedine Aissaoui, ont salué « l’ouverture du débat » qui « traduit une volonté réformatrice visant à développer la vie partisane et à renforcer la pratique démocratique ». Ils ont relevé plusieurs « points positifs » dans le projet : simplification des procédures de création, allègement des contraintes administratives, révision des conditions de représentation géographique, renforcement de la lutte contre le nomadisme politique et adoption de la numérisation dans la gestion partisane.
Mardi, c’était au tour du Front de la jeunesse démocratique pour la citoyenneté (FJDC) de présenter ses observations. Son président, Ahmed Gouraya, a salué cette démarche consultative qui reflète « une volonté de réforme » et s’inscrit « dans le processus d’édification de l’État national », permettant d’accompagner « les mutations que connaît l’Algérie tout en répondant aux attentes des citoyens ». Le président de la commission parlementaire, Abdelkader Toumi, a souligné à plusieurs reprises que ces auditions s’inscrivent dans « l’approche de concertation adoptée par la commission » et traduisent « l’engagement des partis politiques à contribuer activement au débat », à travers « la présentation de visions et de propositions reflétant les aspirations de la société ».
Ces consultations, menées en présence de représentants des ministères de l’Intérieur et des Relations avec le Parlement, témoignent d’une volonté d’associer largement les acteurs politiques aux réformes structurantes. L’objectif est d’assurer la cohérence des textes avec les dispositions constitutionnelles et leur adéquation avec les exigences actuelles, tout en consolidant le pluralisme politique et la pratique démocratique dans le pays.
Salim Amokrane

