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Face à la montée des discours de haine : La diplomatie algérienne se mobilise pour protéger sa diaspora 

L’Algérie intensifie ses efforts diplomatiques pour défendre les intérêts de ses ressortissants à l’étranger, confrontés à une recrudescence inquiétante des discours xénophobes et racistes. Le séminaire des chefs de postes consulaires, qui s’est tenu du 3 au 4 février à Alger, marque une étape importante dans la stratégie de protection de la diaspora algérienne face aux transformations géopolitiques mondiales et aux tentatives de stigmatisation dont elle fait l’objet.

Invité à s’exprimer sur les ondes de la Radio algérienne, le docteur Hakim Boughrara, analyste politique, a souligné mercredi  l’importance cruciale de cette rencontre. « Le séminaire des chefs de postes consulaires intervient dans un contexte particulièrement important, marqué par les mutations mondiales, le ciblage des communautés expatriées et la montée des discours racistes et haineux à leur encontre, ce qui a nécessité une mobilisation de nos institutions diplomatiques pour protéger la communauté algérienne », a-t-il expliqué. Selon l’analyste, cette initiative vise à rassurer la diaspora. « L’Algérie a jugé nécessaire de se mobiliser pour confirmer à la communauté que les représentations diplomatiques œuvrent à leur protection, répondent à leurs préoccupations et restent à leur écoute », a précisé Boughrara, soulignant que « ce séminaire est extrêmement important pour appeler ces représentations à créer une base de données sur notre communauté et faciliter l’octroi des documents administratifs dont elle a besoin ». L’expert a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de décisions majeures : l’octroi de passeports aux membres de la diaspora, y compris en situation irrégulière, pour prouver leur identité et permettre le recensement complet de la communauté dans le monde. « Il y a également la régularisation des situations judiciaires de nombreux jeunes, particulièrement ceux ayant commis des délits mineurs, afin de les protéger contre tout enrôlement hostile et leur utilisation dans des guerres cybernétiques », a-t-il souligné, évoquant aussi la dimension économique : « Les grands projets que l’Algérie inaugure nécessiteront des marchés et des partenaires. La diplomatie économique doit promouvoir ces réalisations et rechercher des débouchés ».

Abordant les contradictions du droit international, l’analyste a dénoncé le double standard qui le caractérise. « Le droit international promeut des idéaux alors que nous constatons une grande hypocrisie dans la réalité, notamment concernant les conventions du travail qui stipulent la protection des droits des travailleurs migrants », a-t-il déclaré. Il a poursuivi : « Le monde occidental a bâti sa richesse au détriment de la santé et de la vie de nombreux migrants, à l’image de la France où les communautés africaines et arabes constituent les piliers de secteurs économiques entiers, travaillant sans assurance et avec des salaires très faibles ». L’analyste a dénoncé le fait qu’en parallèle, « l’extrême droite propage l’idée que toutes les crises sociales sont causées par les communautés expatriées ».

Attaf réaffirme l’engagement de l’État envers la diaspora

Notons que le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a présidé mercredi après-midi la clôture des travaux du séminaire, réaffirmant l’attention que porte l’État aux préoccupations de la communauté nationale à l’étranger. Dans son allocution, Ahmed Attaf a déclaré que le séminaire « s’est distingué par des discussions approfondies et des conclusions pratiques visant à développer le travail consulaire et à assurer une prise en charge optimale des intérêts de la communauté nationale résidant à l’étranger ». Le ministre a salué « la richesse du programme qui a couvert tous les aspects du travail consulaire au service de la communauté », exprimant sa gratitude « aux secteurs ministériels et organismes nationaux qui ont contribué à la réussite des travaux ». Durant trois jours, les 43 chefs de postes consulaires réunis dans quatre ateliers ont fait le point sur les réalisations, examiné l’adaptation des mesures dédiées à la diaspora et étudié les moyens d’améliorer l’efficacité consulaire. Les travaux avaient été lancés mardi sous la supervision du Premier ministre Sefi Gharib, sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune.

Salim Amokrane

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