Ligne Béchar-Tindouf-Gara Djebilet : Un projet stratégique pour le développement régional et continental
L’inauguration dimanche dernier par le président Abdelmadjid Tebboune de la ligne ferroviaire minière Ouest, reliant Béchar à Tindouf et au gisement de Gara Djebilet sur 950 kilomètres, a suscité mercredi les éloges de l’Union internationale des chemins de fer (UIC). Cette infrastructure d’envergure, réalisée dans des délais records, incarne selon l’organisation internationale un modèle de développement économique durable et respectueux de l’environnement, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l’intégration économique continentale et les échanges commerciaux vers l’Afrique de l’Ouest. Dans un communiqué publié sur son site électronique, l’UIC a souligné que l’inauguration de ce projet majeur « illustre l’adoption du transport ferroviaire par les grands acteurs industriels dans le cadre d’une stratégie de développement globale et respectueuse de l’environnement ». L’organisation a particulièrement mis en avant le délai record dans lequel cette « importante ligne stratégique, qui permettra de stimuler le développement aux niveaux national et régional », a été réalisée, saluant « un exemple concret » de ce qu’il est possible d’accomplir lorsque volonté politique et expertise technique convergent.
L’Union internationale a également relevé que « l’avancement rapide du projet met une nouvelle fois en lumière ce qu’il est possible de réaliser lorsque l’ensemble des parties prenantes œuvrent efficacement ensemble autour d’une vision commune ». Cette réalisation constitue selon l’UIC bien plus qu’une simple infrastructure de transport : elle assurera à la fois le transport du minerai de fer et des passagers, « garantissant ainsi que la croissance industrielle soit une source de progrès social et un moteur de la dynamique économique au bénéfice des populations le long de ce corridor ainsi que d’autres régions ». L’organisation a précisé que la ligne minière occidentale s’inscrit dans le modèle de développement des corridors, une orientation qu’elle encourage activement, « dans la mesure où elle garantit une transformation économique intégrée et durable ». Ce modèle incarne également, selon l’UIC, « le rôle central des corridors ferroviaires dans les régions intérieures pour soutenir les ports, les sites miniers et les pôles industriels grâce à la mise en place d’un système logistique efficace et à faibles émissions de carbone ». À cette occasion, l’organisation a salué la contribution de l’Agence nationale algérienne d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif), relevant son rôle en tant que membre de premier plan représentant le continent africain en son sein.
Ouverture sur les marchés africains
Au-delà de sa dimension minière et industrielle, cette ligne ferroviaire revêt une importance stratégique majeure pour l’ouverture de l’Algérie sur les marchés africains. Le président du Conseil d’affaires algéro-mauritanien, Youcef Ghazi, a souligné que cette infrastructure constitue « un axe de transport structurant offrant un accès rapide et pratique aux marchés africains via Tindouf ». Selon lui, cette ligne stratégique « ouvre la voie à un nouvel accès vers l’Afrique de l’Ouest, à travers son tracé arrivant à Tindouf, favorisant désormais une infrastructure de transport rapide pour les opérateurs économiques publics et privés et permettant le transport de marchandises vers les frontières algéro-mauritaniennes à coûts réduits et, au-delà, vers les marchés des pays de l’Afrique de l’Ouest ». Youcef Ghazi, également président de la chambre de commerce et d’industrie de la Saoura à Béchar, a insisté sur le fait que ce projet contribue également à désenclaver totalement plusieurs zones du Sud-ouest du pays, grâce à leur connexion aux ports, aux complexes industriels et sidérurgiques du Nord et au réseau national, « constituant ainsi une avancée historique de grande utilité pour le développement régional et national ». Il a par ailleurs souligné que cette ligne ferroviaire appuiera le développement harmonieux de la future zone de libre-échange basée à Tindouf, dont la première pierre a été posée en février 2024 par le président Tebboune et son homologue mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Cette initiative vise à dynamiser les échanges commerciaux entre l’Algérie, la Mauritanie et les pays de l’Afrique de l’Ouest. La zone économique spécifique sera confortée par la réalisation en cours de la route reliant Tindouf à Zouerate en Mauritanie sur plus de 800 kilomètres, « qui viendra renforcer l’exportation des produits algériens et encourager l’investissement bénéfique pour les deux pays et leurs deux peuples frères », selon Youcef Ghazi. La proximité géographique de cette nouvelle ligne ferroviaire aux frontières mauritaniennes promet un essor certain des relations commerciales bilatérales tout en favorisant l’intégration économique régionale.
Amar Malki

