Algérie-Italie : Un partenariat énergétique stratégique
L’Algérie et l’Italie ont réaffirmé jeudi leur volonté de consolider leur coopération énergétique stratégique, lors de rencontres bilatérales en marge d’une conférence internationale à Alger. Au menu des discussions : le renforcement des approvisionnements gaziers, l’accélération des projets d’interconnexion électrique et du corridor hydrogène SouthH2, ainsi que de nouvelles opportunités dans les secteurs minier et des énergies renouvelables. Un partenariat qualifié de « fondamental » par Rome, qui s’inscrit dans le cadre du plan Mattei pour l’Afrique. La visite du ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, à la tête d’une délégation, pour participer à la conférence organisée par la Banque d’Algérie et le Fonds monétaire international sous le thème « Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités », a donné lieu à des entretiens approfondis avec ses homologues algériens. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, ont reçu séparément le responsable italien pour examiner les voies de renforcement de la coopération bilatérale. Selon un communiqué du ministère des Hydrocarbures et des Mines, la rencontre avec Mohamed Arkab s’est déroulée en présence du PDG du groupe Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, du président de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bekhti, ainsi que des cadres du ministère. Les deux parties ont passé en revue « l’état et les perspectives des relations de coopération et de partenariat entre l’Algérie et l’Italie, qualifiées d’excellentes, notamment dans le domaine de l’industrie pétrolière et gazière à travers les partenariats établis entre les sociétés algériennes et leurs homologues italiennes, à l’instar du groupe Sonatrach et de l’entreprise ENI », précise le communiqué. Les discussions ont porté sur « les opportunités d’investissement et d’affaires, ainsi que les voies d’échange d’expériences et d’expertises entre les sociétés des deux pays, particulièrement dans les domaines des hydrocarbures, du transfert des connaissances et des technologies, et de la réduction de l’empreinte carbone et des émissions dans l’industrie pétrolière et gazière », selon la même source. Mohamed Arkab a mis en exergue « le rôle central de l’Algérie, en tant que fournisseur fiable du gaz naturel dans la région de la Méditerranée, notamment vers l’Italie », soulignant « les efforts consentis par l’Algérie en vue de limiter les émissions de gaz à effet de serre, à leur tête, le gaz méthane, ainsi que les programmes environnementaux adoptés par le Groupe Sonatrach, dont le plan de reboisement et la réduction de l’empreinte carbone ».
Arkab a également rappelé « les défis inhérents à la réussite du processus de la transition énergétique, particulièrement en termes de volume d’investissements et de maîtrise technologique », mettant en avant « l’importance de renforcer la participation des sociétés européennes, notamment italiennes, dans les projets de développement du gaz naturel, de l’industrie gazière, de l’exploitation et de la transformation du phosphate, outre les projets de limitation des émissions de carbone », ajoute le communiqué. La rencontre a également porté sur le plan Mattei lancé par l’Italie « pour renforcer la coopération avec les pays africains, à travers leur appui dans le développement de leurs ressources naturelles, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’industrie pétrolière et gazière, des infrastructures, et de la diversification des chaînes d’approvisionnement, en vue de garantir la sécurité énergétique et de concrétiser le développement économique durable ».
De son côté, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a reçu le responsable italien en présence de l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Alberto Cutillo. Selon un communiqué de son ministère, la rencontre s’est tenue « conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la coopération économique algéro-italienne ». Le ministre a évoqué « le projet d’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Italie via le câble sous-marin pour l’approvisionnement du marché italien et européen », soulignant « l’importance de ce projet qui repose sur le principe gagnant-gagnant ». S’agissant du projet SouthH2 Corridor pour le transport de l’hydrogène vert de l’Algérie vers l’Europe, Mourad Adjal « a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer la cadence de réalisation de cette infrastructure, suggérant l’organisation, au cours des prochains mois, d’une rencontre en Algérie, regroupant les pays concernés par le projet – Italie, Allemagne, Autriche et Tunisie – afin de prendre des décisions à même de concrétiser ce projet sur le terrain », précise le communiqué.
Rome réaffirme le caractère stratégique du partenariat ave l’Algérie
Le ministre italien a de son côté souligné « le rôle important joué par l’Algérie en tant que fournisseur d’énergie fiable dans la région méditerranéenne, notamment vers l’Italie ». Dans des déclarations à l’agence Nova en marge d’un dîner officiel organisé à la résidence de l’ambassadeur d’Italie à Alger, Gilberto Pichetto Fratin a affirmé que « l’Algérie demeure un partenaire stratégique essentiel pour l’Italie dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et des mines, dans le cadre plus large de la coopération méditerranéenne ». Le ministre italien a précisé que son pays « figure déjà parmi les principaux importateurs de gaz du sud de la Méditerranée, notamment d’Algérie, qui représente un partenaire fondamental et fiable ». Il a ajouté que « l’Algérie n’est pas seulement un fournisseur de gaz, mais un pays avec lequel nous partageons une vision commune de la Méditerranée. L’Italie se sent partie intégrante de cette région et entend renforcer davantage sa coopération pour un bénéfice mutuel ».
Le ministre italien a également souligné « l’importance de développer des projets d’interconnexion électrique entre les deux pays, notamment grâce aux énergies renouvelables, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’intégration énergétique en Méditerranée ». Il a évoqué le projet minier algérien de Gara Djebilet, le qualifiant « d’exemple éloquent du potentiel de l’Algérie dans le secteur des matières premières », et a souligné « l’intérêt de l’Italie pour le développement de partenariats dans le secteur minier, citant les phosphates en exemple, un secteur où les entreprises italiennes possèdent l’expertise, la technologie et l’expérience nécessaires pour une collaboration structurée et durable ».
Sabrina Aziouez

