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Les grands projets miniers et ferroviaires au cœur de la politique de diversification

Le PIB atteindra 400 milliards de dollars d’ici fin 2027

Le président Abdelmadjid Tebboune a détaillé samedi soir l’ambitieux programme minier de l’Algérie qui vise à transformer le pays en puissance émergente, annonçant le lancement imminent de la mine d’Oued Amizour fin mars et confirmant que le projet stratégique de Gara Djebilet permettra d’économiser 1,5 milliard de dollars d’importations avant de devenir un pilier des exportations algériennes. Lors de son entrevue périodique avec les médias nationaux, le chef de l’État a défendu ces mégaprojets structurants face aux critiques et affirmé sa conviction que le PIB du pays dépassera les 400 milliards de dollars fin 2027. Le président de la République a précisé que « la prochaine phase, après le lancement de la ligne ferroviaire minière Ouest la semaine dernière, concernera la mine d’Oued Amizour, où les premiers travaux de forage débuteront fin mars prochain ». Cette mine de plomb et de zinc située dans la wilaya de Béjaïa représente un projet attendu depuis des années. Le chef de l’État a souligné que le pays est « désormais sur le point de lancer le projet avec l’accord des citoyennes et des citoyens, habitants de la région », précisant que l’opération de régularisation de la situation avec les propriétaires des terrains est à sa « phase finale ».

Concernant le projet phare de Gara Djebilet, le président Tebboune a insisté sur son importance stratégique au regard de sa « forte rentabilité » et de son « impact économique majeur ». Ce gisement de fer, l’un des plus importants au monde, permettra dans une première étape d’économiser « 1,5 milliard de dollars actuellement alloués à l’importation de minerai de fer destiné aux complexes sidérurgiques d’Oran, de Jijel et d’Annaba, avant de passer à l’exportation et de compenser, à un stade ultérieur, une partie des recettes générées par les hydrocarbures ». Cette dernière précision revêt une importance capitale dans la stratégie de diversification économique du pays. D’après les projections établies, le projet de Gara Djebilet « permettra de mettre fin définitivement à l’importation de minerai de fer dans un délai maximal de trois ans », a fait savoir le président de la République. Face aux voix critiques qui ont mis en doute la viabilité du projet, le chef de l’État a répliqué avec fermeté, assurant que « toutes les études menées par des bureaux d’étude spécialisés de différents pays sur ce projet ont unanimement confirmé sa faisabilité et sa rentabilité économique avérée ». Il a affirmé que ces critiques « s’opposent aux conclusions unanimes des différentes études », précisant qu’elles « émanent de personnes mal intentionnées qui servent les intérêts de pays qui, eux-mêmes, reconnaissent l’importance de ce projet ».

Le président a également souligné les retombées socio-économiques de la ligne ferroviaire minière Ouest inaugurée récemment. Cette infrastructure aura un impact positif sur la disponibilité des marchandises et leurs prix dans la région du Sud-Ouest, faisant remarquer que le prix du billet de première classe sur la ligne Tindouf-Béchar « ne dépasse pas 1700 DA, un tarif modeste comparé aux autres moyens de transport ». Le chef de l’État a précisé que cette ligne ferroviaire Gara Djebilet-Tindouf-Béchar « n’est que le début d’un projet national d’envergure visant à exploiter les richesses minières du pays », ajoutant qu’il s’agit des « premiers pas d’un pays émergent ». Il s’est dit très fier de cette réalisation « réalisée avec des capacités nationales en un temps record », preuve que l’Algérie est un « pays d’exploits ».

Pour la ligne minière Est reliant la mine de Bled El-Hadba au port d’Annaba, destinée à l’exportation du phosphate, le président a indiqué qu’après achèvement de la ligne minière Ouest, « toutes les capacités nationales en matière de réalisation de projets ferroviaires seront mobilisées pour cette ligne ». Il a précisé que « sur un total de 450 km, il ne reste que 150 à 175 km à finaliser dans un délai d’une année ou un peu plus ». Le phosphate algérien sera chargé sur le quai minier du port d’Annaba « de la fin de l’année 2026, au terme du premier semestre 2027 », a-t-il ajouté.

La ligne Alger-Tam opérationnelle en 2028

Au-delà des projets miniers, le président Tebboune a exprimé sa conviction qu' »à la fin de l’année 2027 au plus tard, nous dépasserons les 400 milliards de dollars de PIB », soulignant que « la cadence à laquelle évolue actuellement l’économie nationale nous rend optimistes quant à la réalisation de cet objectif ». Cette projection s’inscrit dans le cadre du projet de transformation de l’Algérie en pays émergent, objectif qui nécessite « la réunion d’un ensemble de conditions, dont la révision de nos besoins et la réalisation de mégaprojets structurants, à l’instar des mines de Gara Djebilet et d’Oued Amizour et du projet de phosphate intégré ».

Le président a également précisé que le réseau national de transport ferroviaire est en cours d’extension pour atteindre l’extrême sud du pays. La mise en exploitation de la ligne Alger-Tamanrasset est prévue en 2028, « si tout se déroule conformément au plan », tandis que le réseau atteindra Adrar « entre fin 2026 et le premier semestre 2027 ». Ces infrastructures ferroviaires constituent l’épine dorsale de la stratégie de développement économique du pays, permettant de relier les zones de production aux ports d’exportation et de désenclaver les régions du sud.

Samira Ghrib

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