Culture

Un concours national pour célébrer le centenaire de « Djeha » : Allalou à l’honneur au TNA

Le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) a annoncé samedi le lancement d’un concours national destiné à récompenser la meilleure recherche scientifique consacrée à la vie et à l’œuvre de Sellali Ali, dit « Allalou », figure emblématique du théâtre algérien, dans le cadre des célébrations du centenaire de la pièce « Djeha », écrite par cet artiste précurseur en 1926, selon un communiqué de l’institution. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine théâtral national et témoigne de la volonté des instances culturelles de préserver la mémoire des pionniers qui ont façonné l’identité de la scène algérienne. Allalou, né à la Casbah d’Alger en 1902, demeure l’une des figures fondatrices du théâtre algérien moderne, ayant marqué son époque par son audace créative durant la période coloniale. Le concours vise, selon le communiqué du TNA, à « documenter et analyser son œuvre théâtrale et à préserver la mémoire artistique nationale ». Ouvert aux chercheurs, étudiants, critiques de théâtre et journalistes, il a pour objectif d’approfondir l’étude de l’expérience artistique de ce « précurseur » du théâtre et son influence sur le théâtre algérien contemporain, précise le communiqué. Les conditions de participation stipulent que les travaux doivent porter sur un aspect du parcours de Allalou, à travers son écriture, sa mise en scène ainsi que son rôle de « pionnier historique » à travers son œuvre théâtrale. Les organisateurs insistent sur le caractère inédit des recherches soumises, qui ne doivent pas avoir été primées antérieurement, tout en rappelant la nécessité de respecter les normes académiques et scientifiques en matière de rédaction et de documentation.

Le lauréat recevra une récompense de « 200 000 DA » lors d’une cérémonie prévue en avril prochain, en plus de la publication de la recherche primée dans le cadre de la célébration du centenaire de la pièce « Djeha », annoncent les organisateurs. Le dernier délai pour le dépôt des candidatures a été fixé au 25 mars prochain.

Le choix de célébrer le centenaire de « Djeha » n’est pas anodin. Cette comédie à grand succès, écrite en 1926, est considérée comme la première pièce algérienne écrite en arabe dialectal, marquant une rupture avec le théâtre en langue française ou en arabe classique. En puisant dans le répertoire populaire du personnage de Djeha, figure du folklore maghrébin incarnant la sagesse populaire et la ruse, Allalou a créé un théâtre accessible au peuple algérien tout en portant une dimension subversive face au pouvoir colonial. Très jeune, Allalou s’était lancé dans une carrière théâtrale aux côtés de Mahieddine Bachtarzi et Rachid Ksentini, formant le trio fondateur du théâtre algérien moderne. Son œuvre ne se limite pas à « Djeha » puisqu’il a également écrit « Le Mariage de Bouakline », « Le dormeur éveillé » et « Le Barbier de Grenade », enrichissant le répertoire théâtral national naissant. Décédé le 19 février 1992 à l’âge de 90 ans, Allalou a traversé presque tout le vingtième siècle, témoin et acteur des mutations de la société algérienne.

Ce concours intervient dans un contexte où le théâtre algérien cherche à renouer avec ses racines et à valoriser son patrimoine. En invitant à une réflexion scientifique sur ses pionniers, le TNA s’inscrit dans une dynamique de transmission mémorielle essentielle à la construction d’une identité culturelle nationale consciente de son histoire.

Mohand S.

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