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Une feuille de route pour le développement d’une filière automobile intégrée : « Un choix stratégique »

La première édition du Salon international Mechanica Algérie a ouvert ses portes mardi à Oran avec la participation de cent exposants, consacrant l’ambition algérienne de bâtir une filière automobile totalement intégrée capable de transformer le pays en plateforme industrielle africaine tournée vers l’exportation. 

Cette manifestation dédiée à l’industrie automobile, à la sous-traitance et aux pièces de rechange intervient dans un contexte où l’État algérien fait de la diversification économique et de la souveraineté industrielle ses priorités stratégiques pour réduire la dépendance aux hydrocarbures et conquérir les marchés régionaux.Dans une allocution lue en son nom par le directeur de l’Industrie de la wilaya d’Oran, Abdelouahab Amamra, le ministre de l’Industrie Yahia Bachir a clairement situé les enjeux de cette manifestation en soulignant l’importance des industries mécaniques, les considérant comme « un choix stratégique de l’État et un levier essentiel du développement économique et social ». Le ministre a précisé que l’organisation de cet événement « intervient dans un contexte national particulier où l’État, sous la conduite éclairée du président de la République Abdelmadjid Tebboune, œuvre à la réhabilitation du secteur industriel, en tant que pilier fondamental du développement économique et social et moteur de création de richesse et d’emplois ». Cette vision s’inscrit dans une stratégie globale visant à faire de l’Algérie non seulement un producteur automobile pour son marché domestique, mais également un hub industriel rayonnant sur l’ensemble du continent africain et capable de conquérir les marchés d’exportation méditerranéens.

Yahia Bachir a ajouté que cette importante manifestation industrielle « s’inscrit pleinement dans la vision nationale visant à bâtir une industrie forte et compétitive, capable de contribuer efficacement à la diversification de l’économie nationale ». Le ministre a également souligné que l’État mise sur ce secteur afin de « renforcer l’intégration industrielle, soutenir la sous-traitance nationale et construire de véritables chaînes de valeur produisant localement et au service de l’économie nationale ». Il a mis en avant que ce salon « ne constitue pas seulement un événement commercial, mais un espace de travail et de partenariat, ainsi qu’une opportunité concrète de valorisation des capacités nationales et d’augmentation des taux d’intégration locale », en plus de « l’encouragement de l’investissement productif et de l’établissement de partenariats équilibrés fondés sur le transfert de technologie et le développement des compétences ». Cette approche traduit la volonté des autorités de ne pas se contenter d’assemblage, mais de développer une véritable industrie automobile intégrée créant de la valeur ajoutée localement et susceptible de rayonner à l’international.

Le ministre a également souligné que cette manifestation « reflète l’ouverture de l’Algérie à une coopération économique sérieuse, tout en restant attachée à ses choix souverains et à la priorité accordée au développement du produit national et au renforcement des capacités des entreprises nationales ». Il a rappelé que le ministère de l’Industrie s’attelle « dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président de la République, à la relance de l’industrie nationale sur de nouvelles bases reposant sur la transparence, l’efficacité économique et l’encouragement de l’initiative et de l’investissement réel ».

Sous-traitance locale

De son côté, le Directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement Omar Rekkache a placé la sous-traitance au cœur de la stratégie industrielle du pays en soulignant son importance « en tant que mécanisme efficace pour augmenter les taux d’intégration locale et pour bâtir des chaînes de valeur nationales capables de renforcer la compétitivité de l’économie nationale et de réduire les importations ». Il a précisé que l’efficacité de l’investissement productif ne se mesure pas uniquement à la taille des grandes unités industrielles ou au volume des investissements, mais surtout à la capacité de ces investissements à s’appuyer sur un tissu national de sous-traitants qualifiés, capables de fournir des composants, des pièces de rechange et des services industriels répondant aux normes de qualité, de coût et de délais.  Omar Rekkache a estimé que la sous-traitance industrielle constitue aujourd’hui « la base essentielle pour relever le taux d’intégration locale et s’insérer dans les chaînes de valeur nationales, régionales, voire mondiales », ajoutant que son développement représente l’un des enjeux stratégiques majeurs de la phase actuelle. Cette vision s’inscrit directement dans l’objectif de faire de l’Algérie une plateforme industrielle capable d’alimenter les marchés africains et méditerranéens. Il a souligné qu' »une part importante des importations nationales concerne des composants pouvant être localisés en Algérie si un réseau de sous-traitance organisé, qualifié et intégré au système industriel est mis en place », précisant que toute augmentation progressive du taux d’intégration locale se répercutera directement sur la réduction de la facture des importations et libérera des ressources pour l’investissement dans les capacités d’exportation.

Le responsable a mis en lumière les efforts déployés pour renforcer les opportunités de sous-traitance industrielle à travers les initiatives supervisées par le groupe Stellantis Algérie, producteur des véhicules de la marque Fiat. Il a notamment rappelé la participation récente de l’AAPI à une rencontre tenue à Turin en Italie, ayant réuni plus de 170 entreprises activant dans le domaine de la sous-traitance, dans le but de mettre en relation les opérateurs algériens avec des fabricants internationaux et de leur permettre d’acquérir les standards nécessaires à l’exportation.

Samir Benisid

Stellantis Algérie renforce son intégration industrielle avec cinq nouveaux partenariats

Le Directeur général de Stellantis Algérie, Badji Raoui, a annoncé la signature de cinq nouveaux partenariats lors de la première édition du salon « Mechanika » qui s’est tenue au Centre des conférences Mohamed Ben Ahmed à Oran. Ces accords, dévoilés en présence du Directeur général de l’Agence nationale de promotion de l’investissement et de nombreux industriels du secteur automobile, marquent une nouvelle étape dans la stratégie de localisation du groupe. « Un partenariat concerne le façonnage mécanique des tôles, tandis que quatre autres visent à soutenir la fabrication locale de pièces de rechange », a précisé M. Raoui, qualifiant cette démarche d' »étape qualitative dans le développement de la production selon le système CKD ». Le dirigeant a réaffirmé l’ambition du constructeur automobile d’atteindre « un taux d’intégration locale supérieur à 30% à l’horizon 2026 », tout en soulignant la contribution de cette stratégie à « la création de valeur, de nouveaux postes d’emploi et au développement accéléré des compétences du tissu industriel national ».

Lors de cet événement de trois jours, Stellantis a exposé des composants et pièces de rechange fabriqués localement, résultat d’une collaboration avec treize fournisseurs algériens pour l’usine et treize autres pour les services après-vente. Cette participation au salon représente, selon le responsable, « un renforcement de l’intégration locale et une contribution constructive au développement d’une industrie automobile forte et compétitive en Algérie ». L’événement offre également une plateforme d’échange privilégiée pour explorer de nouvelles perspectives de coopération avec les acteurs de la sous-traitance nationale.

S.B.

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