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Campagnes de solidarité diffusées sur les chaînes de télévision et de radio : La mise en garde de l’ANIRA

L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) a tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié samedi, le régulateur de l’audiovisuel a rappelé avec fermeté que les campagnes de solidarité diffusées sur les chaînes de télévision et de radio ne sauraient échapper au droit commun, ni se soustraire aux obligations de transparence qui s’imposent à tout acteur médiatique. Le constat dressé par l’ANIRA est sans ambiguïté. L’Autorité a observé « la diffusion, par certaines chaînes, de programmes et de campagnes de solidarité au cours desquels des dons ont été collectés sans préciser la destination des fonds ni les mécanismes de gestion et de transparence nécessaires ». Une pratique qui, aussi bien intentionnée soit-elle en apparence, contrevient aux dispositions légales en vigueur et expose potentiellement les téléspectateurs à des formes de manipulation. Tout en reconnaissant la tradition d’entraide propre à cette période de l’année, le régulateur prend soin de distinguer l’élan charitable de son encadrement juridique. Il salue certes « l’esprit de solidarité et d’entraide qui caractérise la société algérienne durant ce mois béni », mais rappelle aussitôt que « l’exercice des actions de solidarité via les médias audiovisuels demeure soumis à un cadre légal et réglementaire contraignant, garantissant la transparence et la préservation de l’intérêt général ».

L’ANIRA s’appuie notamment sur l’article 32 de la loi 23-20, qui contraint les services de communication audiovisuelle à « s’abstenir de diffuser ou de publier des contenus mensongers, y compris les programmes ou campagnes médiatiques, afin d’assurer la transparence et l’objectivité de l’information et de protéger le public contre toute forme de manipulation ». Le texte est clair : toute collecte de dons ne peut être conduite que par des organismes légalement habilités et dans le strict respect des règles déontologiques. Au-delà des questions financières, l’Autorité soulève également un enjeu éthique de taille : la dignité des personnes bénéficiaires. Ces campagnes ne doivent pas servir « à des fins de promotion personnelle ou d’exploitation de la dimension religieuse ou émotionnelle pour réaliser des gains au détriment de l’intérêt général ». Une mise en garde qui vise directement certains animateurs ou producteurs prompts à instrumentaliser la détresse humaine pour gonfler leurs audiences durant le mois sacré.

Le ton du communiqué se durcit en conclusion. L’ANIRA indique qu’elle « se réserve le droit de poursuivre ces dépassements et de prendre toutes les mesures légales et réglementaires nécessaires, afin d’assurer la protection de l’intérêt général et de préserver le caractère sacré de ce mois béni ». Un avertissement sans frais pour l’heure, mais qui laisse entendre que des sanctions pourraient suivre si les pratiques incriminées venaient à se poursuivre sur les écrans.

Malik Meziane

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