Industrie pharmaceutique : 83 % des besoins nationaux couverts par la production locale
L’Algérie couvre désormais 83 % de ses besoins en médicaments grâce à la production nationale, un taux appelé à grimper davantage avec les dizaines de projets industriels en cours de réalisation, a annoncé dimanche la docteure Khadidja Bouguerra, responsable de la direction qualité à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale.
Invitée de l’émission « L’invité du matin », Mme Bouguerra a dressé un bilan éloquent de la montée en puissance de l’industrie pharmaceutique nationale, un secteur érigé en priorité stratégique par les plus hautes autorités du pays. Ce bond en avant, a-t-elle souligné, « s’inscrit dans la concrétisation des orientations du président de la République visant à réaliser la souveraineté pharmaceutique et à renforcer la sécurité sanitaire ». Une vision qui s’est traduite par des actes concrets, notamment la création du ministère de l’Industrie pharmaceutique en 2020 et l’entrée en service, la même année, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques. Les chiffres avancés par la responsable donnent la mesure du chemin parcouru. L’Algérie dispose aujourd’hui de 233 unités de production et de sites de fabrication de médicaments, auxquels s’ajoutent 100 nouveaux projets en cours de réalisation, soit l’équivalent du tiers des usines pharmaceutiques implantées sur l’ensemble du continent africain. « L’Algérie possède plus de 780 lignes de production couvrant différentes catégories de médicaments, y compris des médicaments complexes », a précisé Mme Bouguerra, ajoutant que « le pays est le seul en Afrique et dans le monde arabe à fabriquer localement des stylos à insuline, à 100 % ». Dans le domaine de l’oncologie, elle a indiqué que près de 54 spécialités anticancéreuses sont fabriquées localement sur un total d’environ 200 médicaments enregistrés dans la nomenclature nationale dédiée à la lutte contre cette maladie. Sur le plan de l’emploi et de l’investissement, les perspectives s’annoncent tout aussi prometteuses. L’octroi de nouvelles autorisations pour des projets de production pharmaceutique, incluant la fabrication de vaccins et de médicaments innovants, devrait générer des retombées positives sur le marché du travail. Mme Bouguerra a également évoqué « un nouveau projet avec le groupe Sidal dans le domaine de la thérapie cellulaire », une filière de pointe susceptible de « renforcer les postes d’emploi et de soutenir l’innovation dans l’industrie pharmaceutique nationale ».
L’internationalisation comme objectif
L’autre motif de satisfaction réside dans la reconnaissance internationale dont bénéficie le dispositif réglementaire algérien. Mme Bouguerra a révélé que l’Algérie a récemment accueilli une délégation d’experts de l’Organisation mondiale de la santé venue évaluer le système réglementaire national en matière de production de médicaments, dans le cadre d’une démarche visant l’obtention du troisième niveau de maturité selon le modèle d’évaluation des capacités réglementaires de l’OMS. Ce système associe quatre acteurs institutionnels : le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie pharmaceutique, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques et le Centre national de pharmacovigilance. Une auto-évaluation menée en juin dernier a débouché sur plus de 430 recommandations couvrant neuf fonctions réglementaires essentielles, dont l’enregistrement, la vigilance, l’inspection et les essais cliniques. « Le taux d’application de ces recommandations dépasse 78 %, tandis que les 30 % restants sont en cours de réalisation, nécessitant des délais plus longs en raison de leur nature », a-t-elle précisé, ajoutant que la délégation de l’OMS a exprimé sa satisfaction quant au volume des décisions et textes réglementaires adoptés conformément aux standards internationaux. L’objectif, a conclu Mme Bouguerra, est d’« achever la mise en œuvre de l’ensemble des recommandations avant de passer à l’évaluation officielle pour atteindre le troisième niveau de maturité », ce qui conférerait au système réglementaire algérien davantage de fiabilité et de stabilité, ouvrant la voie à la reconnaissance internationale et renforçant les opportunités de partenariats et d’exportation.
Samir Benisid

