La guerre au Moyen-Orient menace un patrimoine millénaire : L’Iran saisit l’UNESCO après la destruction de 108 sites historiques
Châteaux sassanides éventrés, mémoire millénaire pulvérisée : Téhéran a déposé une plainte officielle auprès de l’UNESCO après que des frappes israélo-américaines ont endommagé ou détruit 108 sites du patrimoine culturel iranien. Depuis Téhéran, les autorités ont transmis, la semaine dernière, à l’organisation onusienne une protestation formelle, appuyée par des photographies, des relevés de terrain et les premiers rapports d’expertise des équipes de restauration, pour dénoncer une catastrophe historique sans précédent : la destruction ou l’endommagement de 108 sites du patrimoine national. Selon les données rendues publiques le 22 mars par l’agence iranienne Tasnim, les enquêtes officielles ont révélé « l’ampleur choquante » des destructions, qui ont « directement touché certains des sites historiques les plus importants et symboliques d’Iran ». Parmi les victimes emblématiques de ces bombardements figure le château de Falak-e Aflak, imposante forteresse de l’époque sassanide dominant la ville de Khorramabad, dans la province du Lorestan, inscrite depuis des décennies dans la mémoire collective iranienne. Ata Hassanpour, directeur général du Patrimoine culturel, de l’Artisanat et du Tourisme du Lorestan, a décrit les conséquences concrètes des frappes dans la zone entourant le complexe. « Les récentes attaques visant les abords du château de Falak-e Aflak ont causé d’importants dégâts en raison des ondes de choc et des éclats d’obus », a-t-il indiqué, précisant que « la majorité des dommages étaient concentrés sur les côtés est et nord » de l’édifice. Si le responsable a tenu à rassurer sur la solidité du noyau central — « la structure principale n’est pas en danger d’effondrement » —, il a néanmoins souligné que « les installations environnantes et les bâtiments essentiels ont subi de graves dommages ». Des installations qui constituaient l’écrin vivant d’un monument classé, accueillant musées, espaces d’exposition et équipements touristiques. La plainte iranienne auprès de l’UNESCO se fonde sur les conventions internationales de protection des biens culturels en temps de conflit, notamment la Convention de La Haye de 1954 et ses protocoles additionnels, qui criminalisent explicitement toute attaque délibérée contre le patrimoine monumental. Hassanpour a confirmé la préparation d’un dossier « officiel et documenté », ancré dans « les traités et conventions internationaux qui criminalisent toute attaque contre les monuments historiques et les biens culturels ». Une démarche juridique qui vise à internationaliser le débat et à faire reconnaître ces destructions comme des violations graves du droit international humanitaire.
M.S.

