Coupe de la Confédération africaine : Le CRB et l’USMA pour prendre une option pour la finale
Vendredi et samedi, le CR Belouizdad et l’USM Alger ouvrent leurs demi-finales de Coupe de la Confédération à domicile. Deux clubs, deux contextes opposés, une même ambition : prendre une option décisive pour la finale du tournoi avant les retours du 17 et 19 avril.
L’Algérie sera en double au rendez-vous africain ce week-end. Vendredi soir au stade du 5-Juillet, le CR Belouizdad accueille le Zamalek SC, tenant du titre 2024 et leader du championnat d’Égypte. Samedi, à quelques kilomètres de là, l’USM Alger reçoit l’Olympique Safi, club marocain déjà croisé en phase de groupes. Deux demi-finales aller de Coupe de la Confédération africaine de football, deux affiches qui sentent la poudre, et pour les deux formations algériennes, une seule injonction : ne pas laisser passer l’occasion de faire un grand pas vers une finale continentale.
Le Chabab en forme, mais face à un cador
Du côté de Belouizdad, le contexte ne pouvait pas être plus favorable. Le CRB affiche une santé de fer en championnat, et la démonstration réalisée contre l’ES Mostaganem — un cinglant 7-0 — a achevé de convaincre les supporters que la machine tourne rond. La confiance est là, les jambes aussi. Reste à la confirmer face à un adversaire d’une toute autre dimension. Car le Zamalek n’est pas n’importe quel club. Le géant cairote débarque à Alger auréolé de son titre continental 2024 et d’un moral d’acier, lui qui vient de rouler sur Al-Masry SC sur le score de 4-1 en championnat égyptien. Un match au cours duquel les deux internationaux algériens Abderrahim Deghmoum et Moundhir Temine, qui évoluent justement dans ce club adversaire, ont pris une sévère correction — de quoi attiser un peu plus la rivalité dans les vestiaires. Le Zamalek se présente en favori assumé, avec le profil d’une équipe habituée aux grandes scènes africaines, capable de jouer à l’extérieur sans complexe. Pour le CRB, cette affiche est un véritable test grandeur nature. Un test dont l’issue dira beaucoup sur les ambitions réelles du club en cette compétition. L’entraîneur allemand Sead Ramovic, provisoirement suspendu par la direction du club, ne sera pas sur le banc pour cette rencontre cruciale — une absence en coulisses qui ajoute une couche d’incertitude dans la préparation, même si le groupe, lui, est quasiment au complet. Seul l’attaquant tunisien Mohamed Ali Ben Hammouda, incertain pour blessure, pourrait manquer à l’appel. Sur le terrain, c’est le Sud-Africain Tom Abongile qui arbitrera la partie, entouré de son compatriote Siwela Zakhele et du Lesothan Souru Phatsoane. La VAR sera confiée à Akhona Zennith Makalima, également sud-africaine.
L’USMA dos au mur, mais pas sans arguments
À Soustara, l’atmosphère est différente. L’USM Alger traverse une passe délicate : trois défaites consécutives en championnat ont entamé la sérénité du groupe et brouillé les repères. Le coach sénégalais Lamine N’Diaye le sait mieux que quiconque — cette demi-finale tombe à point nommé pour souffler, se recentrer, et retrouver dans le continental ce que la Ligue 1 ne donne plus en ce moment : de la victoire, et avec elle, de la confiance. Les Usmistes ont pourtant un argument de poids à faire valoir : ils connaissent leur adversaire. L’Olympique Safi et l’USMA se sont déjà croisés lors de la phase de groupes, et le bilan penche en faveur des Algérois. Victoire 1-0 au Maroc, puis match nul 0-0 à Alger : l’USMA n’a pas perdu face aux Marocains, et cette mémoire collective peut peser dans les esprits avant ce nouveau duel. La psychologie du sport est ainsi faite — une équipe qui sait qu’elle a déjà battu l’adversaire entre dans la rencontre avec un avantage invisible mais réel.
Pour cette demi-finale, N’Diaye pourra s’appuyer sur un groupe au complet — une bonne nouvelle après les turbulences récentes. L’objectif est clair : sortir la tête de l’eau, maîtriser les débats à domicile, et se donner de l’air avant le déplacement au Maroc. L’USMA nourrit une ambition précise : atteindre une deuxième finale continentale après celle de 2023, remportée face aux Tanzaniens des Young Africans dans une double confrontation serrée (2-1, 0-1). Un titre qui reste gravé dans la mémoire du club, et qui donne à ce parcours une saveur particulière. L’arbitrage de ce match a été confié à l’Égyptien Amin Omar, assisté de ses compatriotes Mahmoud Abou El-Regal et Ahmed Hossam Taha. Le quatrième arbitre, Mohamed Maarouf, est également égyptien, tout comme les deux officiels VAR Mahmoud Ashour et Hossam Ezzb El-Haggag.
Ce double rendez-vous continental a quelque chose de rare. Voir deux clubs algériens en demi-finale d’une compétition africaine le même week-end, à domicile, avec la possibilité de se retrouver tous les deux en finale — le scénario fait rêver, même s’il reste hypothétique. Il oblige aussi à regarder le football algérien avec un œil neuf : malgré les turbulences internes qui agitent régulièrement les deux clubs, la compétence sportive est bien là, suffisamment solide pour tenir face aux meilleurs clubs du continent.
Les manches retour sont programmées les 17 et 19 avril. D’ici là, c’est ce week-end qui compte.
Moncef Dahleb

