Culture

14e édition du Festival culturel national de la Musique actuelle 

Tipaza accueillera, du 27 au 30 août, la 14e édition du Festival culturel national de la Musique actuelle, dont les organisateurs ont dévoilé le programme dans un communiqué diffusé mardi. Un rendez-vous désormais devenu un incontournable de la scène musicale algérienne et qui se tient cette année sous le signe du dialogue entre création contemporaine et mémoire historique.

Portée par le ministère de la Culture et des Arts en coordination avec la wilaya de Tipaza, cette nouvelle édition a été baptisée « When Music Meets History », soit « Quand la musique rencontre l’histoire », un intitulé qui traduit l’ambition des organisateurs d’inscrire la musique actuelle dans un dialogue vivant avec l’Histoire, selon les termes mêmes du communiqué. Le choix de Tipaza, cité antique chargée de vestiges romains et de mémoire méditerranéenne, n’est sans doute pas étranger à cette orientation thématique, la ville offrant un cadre où patrimoine et création contemporaine peuvent se répondre naturellement. Le commissaire du festival, Salah Remini, a précisé que la programmation traduit la volonté affirmée de représenter la diversité des expressions musicales algériennes et de créer des espaces de rencontre et d’échange entre artistes, professionnels et public. Une déclaration qui résume l’esprit d’un événement pensé, depuis sa création, comme une vitrine ouverte sur les mutations de la chanson et de la musique algériennes contemporaines, loin des seuls répertoires patrimoniaux ou classiques.

Pendant quatre jours, le public de la ville et les visiteurs venus d’autres wilayas pourront ainsi suivre une quinzaine de prestations mêlant artistes installés et jeunes talents émergents. Le plateau annoncé réunit des noms qui occupent aujourd’hui une place notable sur la scène musicale nationale, à l’image de Sami Rayan, Ismahan, Chemsou Freeklane ou encore Akram Arfi. Boubekeur Maâta Allah y présentera son style singulier, qualifié de guesba électrique dans le communiqué, une manière de revisiter les sonorités traditionnelles à travers des arrangements modernes. Le public pourra également découvrir les formations Rimal, Taourirt et Nasba, ainsi que le groupe Djmawi Africa, habitué des grandes scènes musicales algériennes, aux côtés de Hania Bekhti et de Tinhinan Ben Koussa. Une note plus inattendue viendra du duo formé pour l’occasion par Djam et TiMoh, présenté comme un duo de circonstance né spécialement pour cette édition.

Au-delà des concerts, les organisateurs ont tenu à réserver une place aux artistes locaux. Une plateforme artistique parallèle sera ainsi consacrée aux jeunes talents issus de la wilaya de Tipaza, une initiative destinée, selon le communiqué, à offrir aux artistes émergents de la région une opportunité supplémentaire de faire connaître leurs œuvres et de mettre en valeur leurs talents. Ce volet local vient rappeler que le festival, s’il rayonne à l’échelle nationale, entend aussi ancrer chacune de ses éditions dans le tissu culturel de la ville hôte.

La dimension formative occupera elle aussi une place importante dans le programme. Le groupe Djmawi Africa encadrera une master class consacrée aux pratiques artistiques, aux parcours professionnels et à la réalité de la scène musicale algérienne, une occasion pour les jeunes musiciens d’échanger avec des artistes ayant construit une carrière durable dans un secteur souvent marqué par la précarité. Parallèlement, la professionnelle en communication Leila Assas animera un atelier de travail dédié aux relations avec les médias, à la stratégie numérique et à l’amélioration de la communication autour des projets artistiques, ainsi qu’au renforcement de la présence sur la toile. Un volet pratique qui répond à une préoccupation de plus en plus partagée par les artistes algériens, confrontés à la nécessité de maîtriser les outils numériques pour exister sur une scène musicale de plus en plus connectée.

Lancé en 2005, le Festival culturel national de la musique actuelle a itinéré au fil de ses éditions à travers plusieurs villes du pays, sans jamais dévier de ses objectifs fondateurs. Il s’agit, selon les organisateurs, de valoriser la musique algérienne actuelle en faisant connaître la diversité de ses formes et de ses expressions, d’accompagner les jeunes talents et de créer des espaces d’échange et de transmission des connaissances et des expériences. Plus de deux décennies après sa création, l’événement continue ainsi d’occuper une place particulière dans le paysage culturel national, celle d’un observatoire vivant des évolutions musicales algériennes.

Mohand Seghir

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