Actualité

Narcotrafic : Cinq membres d’un réseau criminel transfrontalier incarcérés

Un groupe criminel organisé spécialisé dans l’importation et le trafic de stupéfiants vient d’être démantelé à Alger par les services de sécurité de l’armée. Cinq de ses membres ont été placés en détention provisoire lundi, après la saisie de quantités record de cocaïne et de comprimés psychotropes. Un sixième complice court toujours. C’est une nouvelle saisie d’envergure qui vient s’inscrire dans une série ininterrompue d’opérations antidrogue menées sur le territoire national. Le juge d’instruction près le pôle pénal spécialisé du tribunal de Sidi M’hamed, relevant de la Cour d’Alger, a ordonné lundi le placement en détention provisoire de cinq individus impliqués dans l’une des affaires les plus significatives enregistrées ces derniers mois dans la capitale. Le parquet de la République a rendu publics les détails de cette affaire dans un communiqué officiel qui ne laisse aucun doute sur la nature et la gravité des faits.

Selon ce texte, reproduit in extenso par l’agence APS, c’est le service central de police judiciaire de la sécurité de l’armée à Alger qui a conduit l’enquête préliminaire ayant abouti à ces arrestations. Le communiqué indique ainsi que « suite à l’enquête préliminaire menée par le service central de police judiciaire de la sécurité de l’armée à Alger, un groupe criminel organisé, composé de 6 individus, a été arrêté, dont 5 ont été appréhendés en flagrant délit ». Les mis en cause sont identifiés nommément. Il s’agit, selon le même document, de « Amara Habib, 56 ans, Boumediene Wassini, 34 ans, Merghache Mohamed, 40 ans, Yaagoubi Omar, 40 ans et Mohamed Bey Hayat, 38 ans », tandis que « le sixième individu dont l’identité complète a été établie est toujours en fuite ».

Le butin saisi est considérable. Les enquêteurs ont mis la main sur « une quantité importante de psychotropes de type Prégabaline 300 mg, soit 1.049.300 comprimés, ainsi qu’une quantité importante de drogues de synthèse, cocaïne, estimée à 86,400 kg ». Ces volumes placent cette affaire parmi les prises les plus lourdes jamais réalisées en milieu urbain, la Prégabaline étant devenue en quelques années l’une des substances psychoactives les plus répandues et les plus ravageuses sur le marché illicite national.

Présentés devant le parquet lundi, les cinq prévenus ont immédiatement fait l’objet d’une information judiciaire. Le communiqué du parquet précise qu’ils sont poursuivis pour « crime d’importation, de transport et de détention illicites de drogues de synthèse et de comprimés psychotropes aux fins de trafic dans le cadre d’un groupe criminel organisé transfrontalier, crime de contrebande grave portant atteinte à la sécurité et à la santé publiques, ainsi que délit de blanchiment d’argent dans le cadre d’un groupe criminel ».

Cette affaire spectaculaire n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique répressive soutenue que les chiffres officiels disponibles jusqu’à l’été 2026 permettent de mesurer. Selon les données consolidées des services de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie et des bilans réguliers publiés par la Direction générale de la sûreté nationale et la Gendarmerie nationale, l’Algérie a enregistré depuis le début de l’année 2026 une hausse sensible des saisies de cocaïne, une substance longtemps considérée comme marginale dans le paysage du trafic national mais dont la présence croissante traduit une recomposition inquiétante des routes d’approvisionnement. Les quantités de cannabis résine saisies restent les plus importantes en volume, avec plusieurs dizaines de tonnes interceptées chaque année, principalement aux frontières ouest avec le Maroc, tandis que les psychotropes, Prégabaline en tête, constituent désormais la menace la plus diffuse à l’intérieur du pays, touchant toutes les franges sociales et toutes les régions.

L’ampleur des saisies réalisées ces dernières années témoigne d’une pression croissante des réseaux criminels sur le territoire algérien. En 2024 et 2025, les services compétents avaient respectivement annoncé des bilans records en matière de comprimés psychotropes, avec des chiffres dépassant régulièrement le million d’unités saisies à l’échelle nationale. La cocaïne, elle, fait une percée notable depuis 2023. Face à cette réalité, les autorités ont renforcé l’arsenal juridique. La loi 25-03 modifie et complète la loi 04-18 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants. Elle durcit les peines encourues et étend les prérogatives des juridictions spécialisées, dont le pôle pénal de Sidi M’hamed est l’une des chevilles ouvrières à Alger.

Malik Meziane

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *