Les Verts U21 décrochent l’Or méditerranée en football : Un sacre historique à Tarente 51 ans après
Portée par un collectif solide et un Ben Ahmed Kohili des grands soirs, la sélection algérienne des moins de 21 ans a décroché dimanche la médaille d’or des Jeux méditerranéens face à la Tunisie, au terme d’un parcours sans la moindre défaite. Un exploit qui porte également la signature de Brahim Hemdani, entraîneur propulsé à la tête du groupe quelques semaines à peine avant la compétition.
La sélection nationale de football des moins de 21 ans a offert à l’Algérie l’un des moments forts de sa participation aux Jeux méditerranéens 2026, en s’imposant dimanche soir 2 buts à 0 face à la Tunisie, en finale disputée au stade Erasmo-Iacovone de Tarente. Un succès qui permet aux jeunes Fennecs de renouer avec un titre qui échappait à l’Algérie depuis 51 ans, le précédent sacre remontant à l’édition de 1975, organisée à domicile avec la génération dorée emmenée notamment par l’ailier Omar Betrouni.
Auteur d’une prestation référence de bout en bout, l’attaquant du MC Alger Ben Ahmed Kohili a offert l’entame rêvée à ses coéquipiers en ouvrant le score dès la première minute de jeu, d’une frappe puissante à distance. Les Tunisiens, réduits à courir après le score, n’ont jamais réussi à revenir dans la partie, et Kohili s’est offert un doublé à la 82e minute en transformant un penalty qui a définitivement scellé le sort de la rencontre. Une performance qui vient couronner un tournoi exceptionnel pour le jeune buteur algérien, auteur de cinq réalisations en seulement quatre apparitions, ce qui lui vaut le titre de meilleur buteur de la compétition. Longtemps discret sur la scène internationale, l’avant-centre s’était déjà signalé dès la phase de groupes, avec un but face au Kosovo lors du match d’ouverture, puis un autre contre l’Italie, pays hôte du tournoi. Décisif également en demi-finale contre le Maroc, où il avait ouvert le score avant une qualification arrachée aux tirs au but, Kohili termine ces JM-2026 auréolé d’or et d’une réputation désormais bien établie au-delà des frontières algériennes.
Ce deuxième sacre méditerranéen de l’histoire du football algérien vient également couronner le début de parcours atypique de Brahim Hemdani sur le banc de la sélection. Nommé à la tête de l’équipe nationale U20 au mois de juillet dernier, dans la foulée du départ de Razik Nedder vers un poste d’adjoint au Havre en Ligue 1 française, l’ancien international algérien s’était retrouvé, à peine installé, chargé de conduire le groupe U21 à Tarente, sans avoir eu le temps de constituer réellement son effectif. Un défi relevé haut la main, puisque ses joueurs n’ont concédé aucune défaite tout au long du tournoi.
Âgé de 48 ans, Brahim Hemdani reste un technicien encore jeune dans le métier d’entraîneur, avec moins d’une décennie d’expérience sur les bancs et seulement six années passées comme entraîneur principal. Une trajectoire à contre-courant de celle qu’il avait connue comme joueur, riche d’un long passage à l’Olympique de Marseille et aux Glasgow Rangers, où il avait notamment disputé deux finales de Coupe de l’UEFA, en 2004 puis en 2008, sans parvenir à les remporter. Sa reconversion sur les bancs de touche n’a débuté qu’en 2017, dans le sud de la France, comme adjoint au sein du club de Côte Bleue évoluant en National 2, aux côtés de Mohamed Sadani, où il dirigea entre autres le jeune Ilan Kebbal. Trois ans plus tard, direction la région parisienne pour se former à Clairefontaine, tout en prenant en main l’équipe de Courbevoie, alors reléguée au septième échelon du football français.
Muni de son diplôme UEFA A, Hemdani prend ensuite les rênes du club de Marignane, né de la fusion avec Côte Bleue, et réussit dès sa première saison à l’été 2023 à décrocher l’accession en National 1. Le club connaîtra toutefois par la suite deux relégations consécutives, avant que le technicien algérien ne quitte le navire en 2025. Sa nomination inattendue à la tête des jeunes sélections nationales, un an plus tard, aura donc trouvé une consécration rapide et éclatante sur les rives de Tarente.
Ce sacre en football constitue la troisième médaille d’or décrochée par l’Algérie lors de cette édition 2026 des Jeux méditerranéens, après celles obtenues par Abdelkrim Fergat en lutte gréco-romaine et par Dris Messaoud Redouane en judo, confirmant la bonne moisson algérienne dans la compétition italienne.
Moncef Dahleb

