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Plus de 6.000 logements LPL sous la loupe : Le wali d’Oum El Bouaghi menace le recours à la justice

Le wali d’Oum El Bouaghi veut accélérer la cadence sur les chantiers du logement promotionnel libre. Après avoir inspecté plusieurs projets à Oum El Bouaghi et Aïn Fakroune, le chef de l’exécutif a ordonné le renforcement des moyens sur les chantiers et annoncé des mesures fermes contre les promoteurs et entreprises accusant des retards importants.

Le logement promotionnel libre (LPL) s’impose comme l’un des segments importants du parc immobilier actuellement en réalisation dans la wilaya d’Oum El Bouaghi. Avec plus de 6.000 unités en cours de réalisation à travers les différentes communes, ce programme représente un volume conséquent de logements, dont l’achèvement constitue un enjeu à la fois urbain et économique pour la wilaya. C’est dans cette perspective que le wali, Benabdellah Chaibdor, a effectué une sortie de terrain dans les villes d’Oum El Bouaghi et d’Aïn Fakroune, où il a inspecté 11 chantiers totalisant 1.306 logements. Le constat dressé sur plusieurs sites a toutefois révélé des écarts importants dans les rythmes de réalisation. Face à ces retards, le chef de l’exécutif a instruit les responsables du secteur de l’habitat d’accélérer le traitement des dossiers et de ne plus laisser s’installer des situations de blocage. Les promoteurs défaillants devront ainsi faire l’objet de mises en demeure, tandis que des procédures de résiliation de contrats et de recours à la justice sont envisagées pour les cas les plus problématiques. En effet, à Oum El Bouaghi, plusieurs projets illustrent cette situation contrastée. Un programme de 60 lgts affiche un taux de réalisation de 35 %, mais avec une cadence jugée insuffisante par les autorités. Le même responsable a demandé la relance immédiate du chantier, faute de quoi des procédures de récupération du projet pourraient être engagées. Même constat pour un projet de 100 unités, dont le taux d’avancement n’est que de 5 %, situation ayant conduit le responsable à ordonner l’engagement des procédures de résiliation du marché avec l’entreprise chargée de la réalisation. D’autres opérations présentent, en revanche, des niveaux d’avancement plus satisfaisants. Un projet de 92 lgts affiche ainsi un taux de réalisation de l’ordre de 70 %. Néanmoins, le wali a demandé un renforcement immédiat des moyens humains et matériels afin de permettre la livraison des lgts avant la fin de l’année. Des instructions similaires ont été données pour plusieurs autres opérations, notamment celles affichant des taux de 20, 25 ou 35 %, alors que les projets accusant des taux extrêmement faibles sont désormais exposés à des mesures plus contraignantes. La même démarche a été appliquée à Aïn Fakroune, où trois projets totalisant plusieurs centaines de logements ont été inspectés. Le chantier porté par la société « Natihat Al Sahab », comprenant un premier programme de 135 lgts et un second de 152 unités, affiche un taux d’avancement de 75 %. Le promoteur s’est engagé à livrer le premier lot de 135 lgts avant la fin du mois d’octobre. À l’inverse, un projet de 128 unités ne présente qu’un taux d’avancement de 3 %, suscitant les réserves du wali, qui a exigé un renforcement du chantier et une accélération immédiate des travaux. Pour les autorités locales, l’enjeu est désormais de transformer les taux d’avancement en livraisons effectives. Cette exigence explique la multiplication des mises en demeure et, pour les projets les plus compromis, le recours à la résiliation et à la récupération des assiettes foncières. Il s’agit également d’éviter que du foncier mobilisé pour des opérations immobilières demeure immobilisé pendant de longues périodes sans concrétisation. La démarche intervient dans un contexte où les pouvoirs publics accordent une importance croissante au suivi de terrain des projets et à la valorisation effective du foncier destiné à l’investissement. Le ministre de l’Intérieur a souligné lui-même, dans le cadre de sa feuille de route sur le foncier économique, l’importance de son assainissement juridique, de la récupération des terrains et du renforcement des mécanismes de gouvernance. Dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, cette logique se traduit désormais par un suivi plus rapproché des chantiers de logement promotionnel libre. Pour les services de la direction du logement, il est impératif de poursuivre les visites dans les autres communes afin de passer en revue l’ensemble des programmes. Car, faut-il le souligner, les projets de la formule LPL sont attribués par la commission de wilaya dans le cadre de l’investissement, et toute procédure de résiliation ou de transfert devant la justice obéit aux décisions de cette instance. Le calendrier constitue désormais le principal indicateur de performance. Plusieurs projets doivent être livrés avant la fin de l’année, tandis que les promoteurs dont les chantiers avancent à un rythme satisfaisant sont appelés à consolider leurs moyens pour respecter leurs engagements contractuels.

Zakia Merabet

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