Liban : L’escalade sioniste s’intensifie dans le Sud, l’ONU tire la sonnette d’alarme
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé mardi sa profonde préoccupation face à l’intensification de l’agression sioniste dans le sud du Liban, notamment dans la région de Nabatieh, alors que les forces d’occupation poursuivent leurs frappes sur plusieurs localités du sud du pays malgré l’accord-cadre signé à la mi-juin 2026, et que Human Rights Watch réclame parallèlement une interdiction internationale du phosphore blanc après avoir documenté 23 utilisations de cette arme controversée par l’entité sioniste. S’exprimant à New York, le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric, a indiqué que le chef de l’ONU était « particulièrement préoccupé par le nombre croissant de victimes civiles » résultant des attaques sionistes. Selon lui, ces opérations militaires ont contraint les populations à fuir, aggravant leurs souffrances et provoquant des ravages considérables. Le Secrétaire général s’est également dit préoccupé par les informations selon lesquelles les frappes aériennes sionistes perturbaient le fonctionnement des hôpitaux et des institutions publiques dans la région, mettant en garde contre d’éventuelles restrictions d’accès à l’aide humanitaire essentielle. Il a réaffirmé que les civils et les infrastructures civiles devaient être protégés en toutes circonstances et appelé l’entité sioniste à cesser immédiatement les hostilités et à retirer ses forces du territoire libanais.
Sur le terrain, l’Agence nationale libanaise d’information (ANI) fait état d’une poursuite des attaques avec des tirs d’artillerie et de mitrailleuses sur les abords de Kabrikha, raid de drone avec largage de matières explosives sur Al-Mansouri, frappe aérienne près de Nabatiyé al-Fawqa en direction de Kfar Tabnit, tirs intermittents sur Doueiha Kfar Remmane, ainsi que la progression de chars sionistes vers l’est de Khiam, dans un climat de forte tension faisant craindre un élargissement des zones ciblées. L’OCHA a de son côté averti que la dégradation de la situation pourrait contraindre davantage de personnes à quitter leur domicile : près de 5 000 familles, soit environ 20 000 personnes, ont déjà été évacuées de la région de Nabatieh la semaine dernière, tandis que les services de santé locaux subissent une pression croissante. Cette escalade s’accompagne de révélations préoccupantes sur les moyens employés. Human Rights Watch a réclamé une réglementation internationale plus stricte du phosphore blanc, ayant documenté 23 utilisations attribuées aux forces sionistes dans le sud du Liban entre mars et mai 2026. Dans un rapport conjoint avec la Clinique internationale des droits humains de Harvard, l’organisation souligne que cette substance, s’enflammant au contact de l’oxygène, peut provoquer des brûlures jusqu’à l’os et se rallumer lorsque des fragments logés dans le corps sont réexposés à l’air, entraînant également traumatismes psychologiques et déplacements de population. HRW estime que son emploi au-dessus de zones peuplées constitue une attaque indiscriminée contraire au droit international humanitaire, et plaide pour une interdiction complète de sa production, de son transfert et de son utilisation, appelant les États à se saisir du sujet lors des réunions de l’ONU sur le désarmement en octobre à New York et de la conférence d’examen prévue à Genève du 16 au 20 novembre.
R.I.

