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Ghaza : L’ONU dénonce les entraves sionistes à la localisation des corps des disparus

Les équipes de la Défense civile palestinienne ont retrouvé plus de 800 corps dans la bande de Ghaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, sans parvenir à recenser ni localiser l’ensemble des personnes disparues en raison des multiples entraves imposées par l’occupant sioniste, a dénoncé mercredi le directeur du bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé. Ajith Sunghay a averti qu’au rythme actuel, l’extraction des corps encore ensevelis nécessiterait au moins dix années supplémentaires, un délai qui pourrait s’allonger davantage si l’on tient compte du temps requis pour l’identification des dépouilles. Le responsable onusien a rappelé qu’en vertu du droit international, l’occupant est tenu de tout mettre en œuvre pour permettre la découverte des restes humains, leur identification et leur inhumation dans la dignité, conformément aux croyances familiales, religieuses et culturelles des victimes. Or, a t il souligné, l’effet cumulé des pratiques sionistes rend quasiment impossible tout effort systématique et à grande échelle de recherche, d’extraction et d’identification.

Même lorsque des corps sont retrouvés, a poursuivi Sunghay, les familles peinent souvent à reconnaître les leurs. L’occupant continue d’entraver l’entrée du matériel nécessaire à l’identification médico légale, notamment les kits de test ADN et de prise d’empreintes, contraignant les proches à se fier à des traits physiques ou à de simples suppositions liées au lieu de la découverte, avec le risque de voir disparaître des preuves indispensables pour établir les responsabilités dans les atrocités commises.

8.000 disparus sous les décombres

Selon le même responsable, au moins 8000 personnes disparues se trouveraient encore sous les décombres à Ghaza, un chiffre qu’il a qualifié de largement sous estimé, puisqu’il repose uniquement sur les signalements des familles. Il a dénoncé l’absence de tout effort global de recensement et de localisation des disparus, ainsi que l’absence de mécanisme coordonné d’extraction dans les zones sous contrôle de l’armée sioniste, qui représentent 70% du territoire de Ghaza, c’est à dire les secteurs situés derrière la dite ligne jaune. Il a appelé les Etats à faire pression pour que l’extraction des corps se déroule sur l’ensemble de la bande, dans la dignité. De son côté, le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a estimé que l’extraction de corps de familles entières des décombres ravivait les craintes de crimes de guerre. Il a relevé que de vastes portions du territoire avaient été rasées par les bombardements sionistes ou par des démolitions à l’aide d’engins lourds et d’explosifs, de nombreuses zones aujourd’hui occupées par l’armée sioniste ayant été nivelées au bulldozer sans le moindre égard pour la dignité des morts ensevelis. Il a appelé à autoriser l’accès des enquêteurs internationaux à l’ensemble du territoire.

Sur le terrain, la Défense civile a indiqué avoir extrait ce mois ci 96 corps et restes humains d’un seul site du quartier Zeitoun, au sud est de la ville de Ghaza, bombardé selon elle en novembre 2023, parmi lesquels 58 enfants et 23 femmes. La majorité des restes ont été extraits à mains nues, l’entité sioniste continuant de refuser l’entrée des engins lourds nécessaires au déblaiement, selon les Nations unies.

Lyes S.

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