Casbah d’Alger : Joyau patrimonial au cœur des préoccupations de l’État
La Journée nationale de la Casbah a été célébrée dimanche à travers diverses manifestations culturelles ? Une occasion pour le ministre de la Culture et des Arts, Zouhir Ballalou, de réaffirmer avec conviction l’engagement de l’État trésor architectural.
Lors d’une visite officielle au Centre des arts et de la culture au Palais des Raïs, communément appelé Bastion 23, le ministre a partagé sa vision d’avenir pour ce site exceptionnel inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. Dans une déclaration à l’Agence Presse Service, M. Ballalou a souligné que « la Casbah d’Alger bénéficie d’un grand intérêt notamment depuis la visite du président de la République au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, en décembre dernier, où, après avoir assisté à une présentation sur la vision stratégique de développement et de modernisation de la capitale, il a exprimé son intérêt et sa volonté d’ériger la Casbah en un lieu de rayonnement culturel, touristique et social. » Ces propos illustrent l’importance accordée à ce quartier historique au plus haut sommet de l’État, dans une perspective de conservation mais aussi de valorisation dynamique. Le ministre a par ailleurs mis en lumière l’ampleur des travaux actuellement en cours, décrivant la Casbah comme « un vaste chantier de restauration de son patrimoine culturel avec ses palais et ses monuments civils, religieux et de défense. » Cette remarque témoigne de l’approche holistique adoptée pour préserver l’intégrité architecturale de ce lieu chargé d’histoire. M. Ballalou a également insisté sur l’importance du plan permanent de sauvegarde et de valorisation du secteur sauvegardé, actuellement en cours d’exécution. Ce plan ambitieux vise à transcender la simple préservation physique des bâtiments pour « intégrer l’activité socioculturelle dans la dynamique de développement, » reconnaissant ainsi la Casbah comme un « socle civilisationnel et culturel générateur de richesses. » Cette vision témoigne d’une approche contemporaine du patrimoine, conçu non pas comme une relique figée mais comme un espace vivant capable de contribuer au développement économique et social. Un aspect particulièrement novateur de cette démarche réside dans la volonté d’associer les citoyens aux efforts de réhabilitation. Le ministre a en effet « insisté sur l’implication des citoyens dans la réhabilitation de la ville antique » ainsi que dans les opérations de restauration des bâtisses. Cette dimension participative reflète une conscience aigüe des enjeux sociaux liés à la préservation du patrimoine et la nécessité d’une appropriation collective pour garantir la pérennité des interventions. M. Ballalou a d’ailleurs souligné que « la restauration et la réhabilitation de la Casbah doivent être menées de façon rigoureuse et durable, » attestant d’une vision à long terme qui s’inscrit dans les principes du développement durable. Les célébrations de cette Journée nationale de la Casbah ont également été marquées par diverses activités culturelles et intellectuelles au Palais des Raïs. Une exposition académique a mis en valeur les principaux monuments civils, religieux et défensifs de différentes époques historiques, offrant ainsi aux visiteurs une perspective chronologique sur l’évolution de ce quartier emblématique. Une conférence intitulée « La Casbah au cinéma » a également permis d’explorer la représentation de ce lieu dans le septième art. L’écrivain et cinéaste Djamel Mohammedi y a présenté son ouvrage « La Casbah au cinéma, un siècle de photographie, films et documentaires tournés à la Casbah 1896-2020, » évoquant des œuvres emblématiques comme « Les Enfants de Novembre » de Moussa Haddad, « La Nuit a peur du soleil » de Mustapha Badie, « Les Enfants de la Casbah » de Hadj Rahim, et bien sûr l’incontournable « Bataille d’Alger » du réalisateur italien Gillo Pontecorvo. Par ailleurs, deux expositions étaient également accessibles au public : l’exposition photographique « Témoignages photographiques 1958-1963 » du photographe et moudjahid Mohamed Kouassi, surnommé « le photographe de la Révolution, » ainsi que l’exposition permanente « Les Rais de la mer… Marins au rang de sultans. » Cette journée commémorative illustre parfaitement la double dimension mémorielle et prospective qui caractérise l’approche du patrimoine : honorer l’histoire tout en projetant ces lieux dans l’avenir, avec comme objectif de concilier préservation, développement et appropriation sociale.
Mohand Seghir