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Près de 1400 affaires traitées en 2024: La cybercriminalité prend de l’ampleur en Algérie

La cybercriminalité ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, à mesure que les transactions en ligne se généralisent. Selon Belhadj Abdallah, officier principal de police et cadre au sein du service central de lutte contre la cybercriminalité, le nombre de fraudes enregistrées sur internet a atteint 1 387 cas en 2024. Ce chiffre illustre une tendance inquiétante : la délinquance migre progressivement du monde réel vers l’univers numérique. Dans un entretien accordé au service multimédia de la Radio algérienne, l’intervenant a mis en garde contre les dangers du commerce électronique et a détaillé les méthodes les plus courantes utilisées par les escrocs. Parmi celles-ci, les pages frauduleuses se présentant comme des plateformes de vente en ligne légitimes sont particulièrement répandues. Elles proposent des produits à des prix défiant toute concurrence, attirant ainsi de nombreux consommateurs qui, une fois le paiement effectué, ne reçoivent jamais leur commande. Autre technique fréquente : le marketing de réseau pyramidal, qui repose sur le recrutement de nouveaux membres en échange de promesses de gains mirobolants. Cette méthode, interdite dans plusieurs pays, continue néanmoins de piéger de nombreux internautes en quête d’opportunités financières. Les escroqueries via SMS et appels téléphoniques sont également en forte augmentation. Les victimes reçoivent des messages leur annonçant qu’elles ont remporté un prix ou qu’un poste de travail leur est proposé, à condition de s’acquitter de frais administratifs. Dans certains cas, elles sont invitées à fournir des informations bancaires sensibles, ce qui permet aux arnaqueurs de vider leurs comptes. Une autre forme de fraude, plus sophistiquée, repose sur un stratagème impliquant trois parties : un escroc, un vendeur légitime et un acheteur potentiel. L’escroc prétend acheter un produit auprès du vendeur et convainc un tiers de le payer, souvent en lui proposant une offre très avantageuse. Le paiement est effectué sur le compte du vendeur, mais l’acheteur ne reçoit jamais la marchandise, tandis que l’escroc disparaît avec son gain. Face à cette prolifération des délits numériques, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a intensifié ses efforts de lutte contre la cybercriminalité. Elle a notamment mis en place des unités spécialisées dans 28 wilayas, composées d’agents formés aux dernières techniques d’investigation numérique. En parallèle, des campagnes de sensibilisation sont menées auprès du grand public, notamment dans les écoles et les universités, afin d’éduquer les citoyens aux bonnes pratiques en ligne. Une attention particulière est accordée aux arnaques ciblant les consommateurs algériens, notamment celles liées aux voyages et aux achats d’équipements électroménagers. Les autorités recommandent plusieurs précautions pour éviter de tomber dans ces pièges. Il est conseillé d’effectuer ses achats uniquement sur des plateformes reconnues et de privilégier le paiement à la livraison afin de s’assurer de la réception du produit. L’inscription sur des sites inconnus ou non sécurisés est également à proscrire, car elle peut exposer les utilisateurs au vol de leurs données personnelles. Enfin, les internautes doivent être particulièrement vigilants face aux offres trop alléchantes et éviter de partager des informations bancaires avec des tiers. Les efforts de la police algérienne commencent à porter leurs fruits : en 2023, 1 130 affaires de fraude ont été recensées, et 126 d’entre elles ont été élucidées, permettant l’arrestation des suspects et la restitution partielle des sommes dérobées. En 2021, sur 1 337 affaires enregistrées, 1 316 ont été résolues. Ces résultats témoignent de l’engagement des forces de l’ordre dans la lutte contre les délits numériques.

Lyna Larbi

admin

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