Situation critique à Ghaza : L’occupation sioniste prolonge délibérément la guerre
La guerre dévastatrice sioniste contre Ghaza entre dans une phase critique alors que l’entité sioniste prolonge délibérément le conflit et intensifie sa stratégie de génocide et de déplacement forcé contre le peuple palestinien.
Selon un communiqué publié dimanche par le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés, l’occupation « approfondit les actes de génocide et de déplacement en intensifiant l’utilisation de la famine et de la privation de nourriture comme arme dans sa guerre dévastatrice contre l’enclave palestinienne, et en privant plus de deux millions de Palestiniens de leurs droits humains et civils les plus élémentaires ». Cette politique délibérée constitue un dénigrement flagrant des efforts internationaux visant à lancer des opérations de secours et de reconstruction, et représente une tentative claire de contourner les résultats du récent sommet arabe, les décisions de la légalité internationale et les ordres émis par la justice internationale. Le ministère palestinien souligne avec force que « toute équation politique qui ne donne pas la priorité à la protection des civils palestiniens et de nos compatriotes dans la bande de Ghaza représente une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire ». Face à cette situation dramatique, la diplomatie palestinienne exige une intervention internationale immédiate et appelle la communauté mondiale à ne pas se laisser entraîner dans le tourbillon de la politique sioniste et ses manœuvres « au détriment de la vie de nos compatriotes et de leur maintien sur leur terre natale ». Dans ce contexte désespéré, le ministère lance un appel à une action « sérieuse » pour mettre fin à cette guerre de génocide et au déplacement forcé des Palestiniens.
Le bilan humain de cette agression génocidaire continue de s’alourdir de façon dramatique. Selon les dernières données communiquées dimanche par les autorités palestiniennes de la santé, le nombre de martyrs a atteint le chiffre effroyable de 48.572 personnes, tandis que 112.032 autres ont été blessées depuis le début de l’offensive sioniste le 7 octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures seulement, les corps de 29 martyrs supplémentaires et 51 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Ghaza. Les autorités sanitaires palestiniennes précisent qu’un nombre indéterminé de victimes se trouvent encore sous les décombres, inaccessibles aux équipes de secours en raison des bombardements incessants et des restrictions imposées par les forces d’occupation. La crise humanitaire atteint des proportions catastrophiques, particulièrement en ce qui concerne l’accès à l’aide humanitaire. Le ministère palestinien de l’Économie nationale a lancé samedi un appel urgent à la communauté internationale, en particulier aux Nations unies, l’exhortant à faire pression sur l’occupant sioniste pour autoriser les livraisons d’aide à Ghaza et pour qu’il cesse immédiatement d’utiliser la famine et la privation comme outils de guerre contre l’enclave. Cet appel coïncide avec la Journée mondiale des droits des consommateurs, célébrée le 15 mars et reconnue par les Nations unies depuis 1983. « Nous rappelons au monde entier que l’entité sioniste refuse d’autoriser la fourniture des produits de base et humanitaires, en particulier l’eau, l’électricité et la nourriture, à la population de la bande de Ghaza, » déclare le ministère palestinien dans un communiqué officiel. Le bureau des médias à Ghaza a également mis en garde contre la détérioration rapide de la situation humanitaire et la résurgence de la famine en raison de la fermeture continue par l’occupant sioniste des passages vers la bande de Ghaza pour le treizième jour consécutif. Depuis le 2 mars, à la suite de l’expiration de la première phase de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier à Ghaza, l’entité sioniste a systématiquement bloqué l’entrée des expéditions d’aide, y compris la nourriture, aggravant ainsi la crise humanitaire déjà catastrophique.
Plusieurs villes assiégées en Cisjordanie
Cette situation désastreuse s’étend bien au-delà de Ghaza, affectant également la Cisjordanie occupée. Le ministère palestinien de l’Économie nationale dénonce « le siège de plusieurs villes de Cisjordanie occupée, notamment dans le nord, et l’établissement d’environ 900 points de contrôle militaires sionistes qui restreignent la circulation des personnes et des biens, sans compter le déplacement forcé d’environ 41.000 citoyens ». Cette stratégie d’étranglement économique et de restriction de mouvement constitue une violation systématique des droits fondamentaux des Palestiniens et s’inscrit dans une politique plus large visant à fragmenter le territoire palestinien et à empêcher l’établissement d’un État palestinien viable.
En parallèle de cette crise humanitaire, l’occupant sioniste poursuit sa politique de judaïsation D’El Qods-Est. Ce dimanche, des dizaines de colons sionistes ont pris d’assaut l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, dans la ville occupée d’El-Qods, sous la protection des forces d’occupation. Selon des témoins oculaires cités par l’agence de presse palestinienne Wafa, ces colons, qui se sont introduits dans l’enceinte de la mosquée par groupes, ont mené des marches provocatrices dans ses cours et effectué des rituels talmudiques sous la protection des forces d’occupation. La mosquée Al-Aqsa, troisième Lieu-Saint de l’Islam, subit quotidiennement des actes de profanation par les colons et soldats sionistes, dans le cadre d’une stratégie délibérée visant à judaïser la ville d’El-Qods, imposer une nouvelle réalité démographique et altérer l’identité culturelle et religieuse de la ville sainte. L’impact de cette guerre sur l’éducation des enfants palestiniens constitue une autre dimension tragique du conflit. Philippe Lazzarini, le chef de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a souligné l’urgence de « redonner accès à l’éducation aux centaines de milliers de filles et de garçons qui vivent actuellement dans les décombres ». Dans un message publié samedi soir sur les réseaux sociaux, il a réaffirmé que l’UNRWA « reste le principal fournisseur d’apprentissage d’urgence et de soutien psychosocial à Ghaza ». Selon Lazzarini, « l’éducation redonne espoir aux enfants. Elle les aide à guérir et à renouer progressivement avec leur enfance » et constitue un élément « essentiel pour surmonter les traumatismes indicibles qu’ils subissent ». Il a précisé que « plus de 270.000 garçons et filles sont inscrits au programme éducatif de l’UNRWA. Ils bénéficient d’un apprentissage de base en arabe, anglais, mathématiques et sciences ». Les équipes de l’UNRWA ont récemment ouvert 130 espaces d’apprentissage temporaires supplémentaires dans des écoles et des centres d’accueil, offrant un apprentissage en présentiel à environ 47.000 enfants. Malgré ces efforts, Lazzarini reconnaît qu' »il reste un long chemin à parcourir pour permettre à toujours plus d’enfants d’accéder à l’éducation » et que « l’objectif est d’éviter une génération perdue d’enfants palestiniens ». Sur le front diplomatique, des négociations indirectes entre l’entité sioniste et le mouvement de résistance palestinien Hamas sont prévues à Doha, via les médiateurs internationaux, pour tenter d’aplanir les divergences sur les modalités de la suite du fragile cessez-le-feu dans la bande de Ghaza. Une délégation du Hamas dirigée par Khalil al-Hayya, le négociateur en chef, a quitté dimanche le Caire pour Doha, qui abrite le bureau politique du mouvement. De son côté, Benjamin Netanyahu « a donné instruction à l’équipe de négociateurs de se préparer à la poursuite des discussions », selon un communiqué de son bureau. Ces discussions s’appuieront sur la proposition de l’émissaire américain Steve Witkoff, prévoyant « la libération immédiate de onze otages vivants et de la moitié des otages morts ».
Lyes Saïdi