L’Algérie s’impose comme acteur incontournable du marché européen du gaz
L’Algérie s’affirme comme un acteur clé dans l’approvisionnement énergétique de l’UE, consolidant sa position parmi les principaux fournisseurs de gaz naturel. Selon les dernières statistiques d’Eurostats, en 2024, l’Algérie a fourni 19,3 % du gaz naturel à l’état gazeux importé par l’UE, se plaçant ainsi en deuxième position derrière la Norvège (45,6 %) et devant la Russie (16,6 %). Cette performance souligne le rôle stratégique de l’Algérie dans la diversification des sources d’approvisionnement en gaz de l’Europe. L’Algérie se positionne également en bonne place sur le marché du GNL. Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) de l’UE en provenance d’Algérie en 2024 ont représenté 10,7 % du total des importations européennes de GNL. Cela place l’Algérie au troisième rang des fournisseurs de GNL de l’UE, derrière les États-Unis (45,3 %) et la Russie (17,5 %). La montée en puissance de l’Algérie en tant que fournisseur majeur de gaz pour l’UE s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe. Fin 2024, l’accord de transit permettant à la Russie de fournir du gaz à l’Europe via l’Ukraine a expiré, après que l’Ukraine a refusé de le renouveler, invoquant le désir de ne pas soutenir financièrement les efforts de guerre russes. Cette cessation a mis fin à l’un des derniers liens énergétiques directs entre la Russie et l’Europe, incitant l’UE à intensifier ses efforts de diversification de ses sources d’énergie. Dans ce cadre, l’Algérie s’est positionnée comme une alternative fiable, augmentant ses exportations pour répondre à la demande européenne croissante. L’importance de l’Algérie en tant que fournisseur de gaz pour l’Europe est également illustrée par sa position dominante sur certains marchés nationaux européens. En novembre 2024, l’Algérie était le principal fournisseur de gaz de l’Espagne, représentant 46 % des importations espagnoles, loin devant la Russie (21,5 %) et les États-Unis (10,9 %). Cette domination résulte de l’utilisation stratégique de ses infrastructures de transport, notamment les gazoducs Medgaz reliant l’Algérie à l’Espagne et Transmed desservant l’Italie. Ces infrastructures ont permis à l’Algérie de renforcer sa présence sur le marché européen et de répondre efficacement aux besoins énergétiques de ses partenaires
Pour soutenir cette dynamique, l’Algérie a lancé des initiatives ambitieuses visant à augmenter sa production de gaz. En décembre 2023, Sonatrach, la compagnie nationale d’hydrocarbures, a annoncé un plan d’investissement de 50 milliards de dollars jusqu’en 2028, dont 36 milliards dédiés à l’exploration et à la production de pétrole et de gaz. Cet engagement financier vise à doubler la production nationale de gaz, qui était estimée à un peu plus de 100 milliards de mètres cubes par an, afin de satisfaire à la fois la demande intérieure et les engagements d’exportation. De plus, le lancement du projet « Boosting Hassi R’mel » vise à prolonger la durabilité du plus grand champ gazier du pays et à augmenter les volumes extraits, avec pour objectif d’atteindre une production de 200 milliards de mètres cubes par an d’ici 2028.
Plus globalement, les importations de produits énergétiques de l’Union européenne (UE) ont connu, en 2024, une diminution notable, reflétant les dynamiques changeantes du marché mondial de l’énergie. Selon les données d’Eurostat, l’UE a importé pour 375,9 milliards d’euros de produits énergétiques, totalisant 720,4 millions de tonnes. Par rapport à 2023, cela représente une baisse de 16,2 % en valeur et de 7,1 % en masse nette. Cette tendance à la baisse s’observe particulièrement dans les importations de gaz naturel, tant sous forme liquéfiée que gazeuse. Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) ont chuté de 39,1 % en valeur et de 15,1 % en volume, tandis que celles de gaz naturel à l’état gazeux ont diminué de 30,2 % en valeur et de 4,4 % en volume.
Samira Ghrib