Monde

L’UNICEF dénonce la situation à Ghaza : Un quotidien de terreur pour 1,1 million d’enfants

L’UNICEF tire aujourd’hui la sonnette d’alarme face à la « destruction de la vie elle-même » dans l’enclave palestinienne assiégée.

Après 23 mois de bombardements incessants, la situation humanitaire à Ghaza atteint des proportions catastrophiques qui interpellent la conscience internationale. Les derniers rapports des organisations onusiennes révèlent l’ampleur d’une tragédie humaine qui frappe particulièrement les plus vulnérables : les enfants palestiniens. L’UNICEF tire aujourd’hui la sonnette d’alarme face à la « destruction de la vie elle-même » dans l’enclave palestinienne assiégée. Selon Ammar Ammar, Directeur régional du plaidoyer et de la communication de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, les attaques continues ont transformé le quotidien des enfants palestiniens en un cauchemar permanent. Les bombardements répétés ont causé des traumatismes psychologiques et émotionnels qualifiés d' »irréparables » à environ 1,1 million d’enfants, compromettant gravement leur développement psychologique et leur avenir. Cette génération entière grandit dans la terreur, privée de son droit fondamental à l’enfance et à la sécurité.

Le bilan humain continue de s’alourdir de manière dramatique. Les autorités sanitaires palestiniennes font état de 62.895 martyrs et 158.927 blessés, une majorité étant des femmes et des enfants innocents. Au cours des seules dernières 24 heures, 76 nouvelles victimes ont été dénombrées parmi les martyrs, tandis que 298 blessés supplémentaires ont été admis dans les hôpitaux encore fonctionnels de Ghaza. La situation s’est particulièrement aggravée depuis la reprise des hostilités le 18 mars dernier, période durant laquelle 11.050 Palestiniens ont trouvé la mort et 46.886 autres ont été blessés. Ces statistiques ne rendent compte que partiellement de la réalité, de nombreuses victimes demeurant ensevelies sous les décombres des bâtiments détruits, leurs corps inaccessibles aux équipes de secours entravées dans leurs missions humanitaires. L’aide humanitaire elle-même est devenue un piège mortel pour les populations civiles. Les autorités sanitaires rapportent que 2.158 Palestiniens ont été tués et 15.843 autres blessés alors qu’ils attendaient simplement de recevoir une assistance vitale. Cette stratégie consistant à cibler les civils en quête de survie constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et révèle la nature délibérée de cette campagne contre la population palestinienne.

Les infrastructures essentielles à la survie ont été systématiquement détruites, privant la population de ses besoins les plus élémentaires. Les hôpitaux, les écoles, les réseaux d’approvisionnement en eau potable et les habitations civiles sont régulièrement pris pour cible, créant une situation humanitaire désastreuse. Le Comité international de la Croix-Rouge a récemment dénoncé la double frappe contre le complexe médical Nasser à Khan Younes, qui a coûté la vie à 22 personnes, incluant du personnel médical, des journalistes et des secouristes. Cette attaque contre l’un des derniers grands hôpitaux opérationnels du sud de Ghaza illustre parfaitement la stratégie de destruction des infrastructures vitales.

La famine constitue désormais une arme de guerre silencieuse mais redoutable. Plus d’un demi-million de Palestiniens se trouvent « pris au piège de la famine » selon l’UNICEF, une situation qui génère des décès qui « auraient pu être évités » si la communauté internationale avait pris des mesures décisives. Les images d’enfants et de nourrissons mourant de faim et de maladies évitables témoignent de l’urgence absolue de la situation et de l’échec collectif à protéger les plus vulnérables. Les violations graves des droits de l’enfant se sont généralisées à une échelle sans précédent. Les enfants palestiniens sont privés d’aide humanitaire, confrontés aux déplacements forcés répétés, et contraints de grandir dans un environnement où la destruction et la mort font partie de leur réalité quotidienne. Cette situation constitue non seulement une tragédie immédiate mais hypothèque également l’avenir de toute une génération traumatisée.

Face à cette situation, la communauté internationale se trouve interpellée sur sa capacité à faire respecter le droit international humanitaire et à protéger les populations civiles. Les appels répétés des organisations onusiennes et humanitaires semblent se heurter à une inaction qui laisse perdurer cette catastrophe humaine.

Lyes Saïdi

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *