Yahia Bachir : L’Algérie a franchi une étape décisive vers un modèle diversifié
L’Algérie a tourné une page importante de son histoire économique en s’engageant résolument dans la voie de la diversification et de l’ouverture aux investissements, comme l’a souligné le ministre de l’Industrie Yahia Bechir lors des travaux du forum d’affaires algéro-égyptien organisé mercredi au Caire. Intervenant en marge de la neuvième session de la commission supérieure mixte algéro-égyptienne, le ministre a déclaré que « l’Algérie est entrée dans une nouvelle phase économique, sous la conduite du président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui pose les fondements solides d’une économie diversifiée et ouverte à l’investissement, soutenue par des réformes profondes ayant touché le cadre juridique, institutionnel et gouvernemental ». Au cœur de ces transformations figure la loi 22-18 relative à l’investissement, que le ministre a qualifiée de « tournant dans la trajectoire d’amélioration du climat des affaires ». Yahia Bechir a expliqué que ce nouveau dispositif législatif « a permis de consacrer le principe de liberté d’investissement et d’initiative, d’éliminer les contraintes bureaucratiques antérieures et de stabiliser le cadre juridique, ce qui offre aux investisseurs une vision claire et une sécurité législative, ainsi que la garantie de liberté de transfert des bénéfices et des capitaux pour les investisseurs étrangers ». Ces dispositions marquent une rupture avec l’ancien système qui imposait notamment la règle controversée du 51-49 pour cent limitant la participation étrangère dans les entreprises implantées en Algérie. Le ministre a également mis en avant les avantages fiscaux et douaniers considérables accordés durant les phases de réalisation et d’exploitation des projets, dont la durée varie selon la nature et la localisation de l’investissement. Il a souligné l’existence d’un régime spécial pour les projets à caractère stratégique qui bénéficient d’un accompagnement direct de l’État, ainsi que le renforcement des garanties juridiques interdisant toute modification rétroactive des avantages accordés aux investisseurs. Des incitations qualitatives sont également orientées vers les secteurs industriels à forte valeur ajoutée et vers les investissements dans les régions du Sud et des Hauts Plateaux, des zones géographiques que les autorités cherchent à développer dans le cadre d’un aménagement équilibré du territoire national. Pour concrétiser ces réformes sur le terrain, le ministre a indiqué qu’ont été créées et réorganisées plusieurs institutions spécialisées, parmi lesquelles l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, le guichet unique destiné aux projets stratégiques et l’Agence nationale du foncier industriel. Ce nouveau dispositif institutionnel a permis, selon Yahia Bechir, le lancement de milliers de projets durant les années 2024 et 2025, dont des projets industriels majeurs dans les domaines des industries mécaniques, agroalimentaires, chimiques, pharmaceutiques et des matériaux de construction. Ces réalisations concrètes témoignent de l’efficacité du nouveau cadre réglementaire et de son attractivité pour les opérateurs économiques nationaux et étrangers.
Amar Malki

