18e Festival national du théâtre professionnel : « Djanazet Ayoub » triomphe
La pièce « Djanazet Ayoub » du TNA a décroché le Grand prix lors de la cérémonie de clôture vendredi soir à Alger, couronnant une édition dédiée au dramaturge Abdellah Hamlaoui.
Le rideau est tombé vendredi soir sur la 18e édition du Festival national du théâtre professionnel (FNTP) avec le sacre de « Djanazet Ayoub » (les obsèques d’Ayoub), produite par le Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi. La cérémonie de clôture, qui s’est déroulée dans l’enceinte même du TNA, a rassemblé les principales figures du quatrième art algérien en présence d’Abderrezak Baba, représentant la ministre de la Culture et des Arts Malika Bendouda, ainsi que Mohamed Yahiaoui, commissaire du festival et directeur du TNA, entouré des directeurs des théâtres régionaux du pays.
Cette édition, organisée sous l’intitulé « Le théâtre réduit les distances » et lancée le 22 décembre dernier, aura permis durant dix jours de célébrer la richesse de la création théâtrale algérienne à travers 18 pièces en compétition et huit autres présentées hors concours. Le programme s’est enrichi de conférences scientifiques, littéraires et poétiques, de masterclasses et de spectacles de rue, témoignant de la vitalité d’un art qui continue de fédérer praticiens et publics. Le jury, présidé par Noueddine Amroune, enseignant et critique de théâtre, et composé du dramaturge Haroun El Kilani, du scénographe Fouzi Benhinni, du professeur de musique Hanafi Meliani, ainsi que des comédiens Athmane Bendaoud et Chahd-Rime Zouabria, a distribué ses distinctions en récompensant une diversité de talents et de propositions artistiques. Le prix de la meilleure mise en scène est revenu à Mouny Boualem pour « Carnaval romain » du Théâtre régional Mohamed Tahar-Fergani de Constantine, tandis que celui du meilleur scénario a été partagé entre El Yamine Bentoumi pour « Ghedh’bet El Bey » (la colère du Bey) du Théâtre régional de Biskra et Hamid Allaoui pour « El berda ouel Meddaha » (la burda et la louangeuse) du Théâtre régional de Saida.
La dimension technique n’a pas été en reste avec l’attribution du prix de la meilleure scénographie à Hamza Djaballah pour « Banka pro-Max » du Théâtre régional d’Oum El Bouaghi, et celui de la meilleure bande son à Abdelkader Soufi pour « Dik Ellila » du Théâtre régional Abdelkader-Alloula d’Oran. Ces distinctions soulignent l’importance accordée aux métiers de l’ombre qui façonnent l’univers scénique.
Côté interprétation, le talent s’est exprimé dans toute sa diversité. Amirouche Merabet a été couronné meilleur acteur pour son rôle dans « Palestine trahie » du Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou, une pièce qui a également valu à Feriel Medjadji de partager avec Fariza Chemmakh, remarquée dans « Biblomania » du Théâtre régional d’Annaba, le prix du meilleur rôle féminin. Les seconds rôles ont été salués avec la distinction du jeune Mounaïm Khelladi pour sa prestation dans « Lear, roi des sculpteurs » du Théâtre régional de Djelfa, et celle de Faten Kessar pour « Para-dox » du Théâtre régional d’El Eulma.
Au-delà du palmarès officiel, le jury a tenu à marquer cette édition de deux reconnaissances particulières. Son prix a été décerné au spectacle « El Hachim » de l’Institut supérieur des Métiers des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel (ISMAS) de Bordj El Kiffan, saluant ainsi la relève et la formation théâtrale. Plus symbolique encore, un prix spécial a honoré « Ibadat » (exterminations) du Théâtre régional de Sidi Bel Abbès, en hommage à l’œuvre prolifique de Kateb Yacine, figure tutélaire de la création littéraire, poétique et théâtrale algérienne à qui cette production rend un vibrant tribut.
Parmi la dizaine de recommandations émises par le jury pour les prochaines éditions figure une proposition visant à favoriser les échanges entre les artistes en permettant aux troupes participantes d’assister à l’ensemble des représentations. Cette mesure ambitionne de stimuler les collaborations entre comédiens et praticiens du quatrième art, créant ainsi un terreau fertile pour l’émergence de nouveaux projets. Cette vision prospective témoigne de la volonté de faire du FNTP non seulement une vitrine de la création, mais aussi un espace vivant de dialogue et d’innovation artistique, fidèle à l’esprit d’Abdellah Hamlaoui auquel cette édition a été dédiée.
Mohand Seghir

