Ghaza : L’UNRWA dénonce des conditions de vie désastreuses
L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens a lancé dimanche un appel urgent pour la levée immédiate des restrictions imposées par l’entité sioniste sur l’acheminement de l’aide humanitaire dans la bande de Ghaza, où la population survit dans des conditions catastrophiques après plus de 2 ans d’agression génocidaire qui a fait 71.386 martyrs et 171.264 blessés.
Depuis les Nations Unies à New York, l’UNRWA a tiré la sonnette d’alarme sur la situation dramatique que connaît la population palestinienne de Ghaza, contrainte de vivre dans des conditions inhumaines que l’organisation qualifie ouvertement de désastreuses. Dans un message diffusé dimanche sur les réseaux sociaux, l’agence onusienne a brossé un tableau sombre de la réalité quotidienne des Ghazaouis, privés des conditions minimales de dignité humaine par le blocus implacable imposé par l’occupation. Les habitants de Ghaza vivent désormais sous des tentes déchirées après la destruction systématique de leurs maisons par les bombardements de l’entité sioniste. L’UNRWA décrit une population exposée sans protection au froid hivernal et aux pluies torrentielles qui transforment les camps de déplacés en véritables bourbiers. Les familles palestiniennes, dont les habitations se sont effondrées sous les bombes, tentent de survivre dans des abris de fortune totalement inadaptés aux rigueurs climatiques, ajoutant une dimension supplémentaire au calvaire d’une population martyrisée depuis octobre 2023.
L’organisation onusienne souligne avec insistance que les besoins humanitaires urgents de la population portent notamment sur la nourriture, les médicaments et les fournitures essentielles pour les abris. Ces produits de première nécessité font cruellement défaut dans l’enclave palestinienne asphyxiée par le siège militaire que l’occupation maintient avec une rigueur implacable. L’UNRWA rappelle pourtant que l’aide humanitaire existe et reste disponible, et que les organisations internationales poursuivent inlassablement leur travail malgré les obstacles dressés par l’entité sioniste. Le message de l’agence onusienne se termine par un appel sans ambiguïté : les restrictions imposées par l’occupation sur l’acheminement de l’aide doivent être levées immédiatement. Cette exigence souligne la responsabilité directe de l’entité sioniste dans l’aggravation de la catastrophe humanitaire qui se déroule à Ghaza, où la punition collective d’une population civile se poursuit en violation flagrante du droit international.
Le bilan de l’agression génocidaire menée par l’entité sioniste contre Ghaza continue de s’alourdir de manière inexorable. Selon le dernier décompte communiqué dimanche par les autorités sanitaires palestiniennes, le nombre de martyrs a atteint 71.386 personnes, tandis que 171.264 Palestiniens ont été blessés depuis le déclenchement de cette offensive meurtrière le 7 octobre 2023. Les femmes et les enfants constituent la majorité écrasante de ces victimes. Au cours des dernières 24 heures seulement, les corps de 3 martyrs ainsi que 13 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza qui fonctionnent dans des conditions extrêmement précaires. Les autorités sanitaires palestiniennes précisent que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres des immeubles détruits, rendant le décompte exact des pertes humaines impossible à établir avec certitude. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu proclamé le 10 octobre dernier, 420 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.184 autres ont été blessés, tandis que les équipes de secours ont pu récupérer les corps de 684 martyrs.
La violence de l’occupation ne se limite pas à Ghaza et se déploie également en Cisjordanie occupée où les agressions quotidiennes contre la population palestinienne se multiplient. Dimanche, les forces d’occupation sionistes ont pris d’assaut plusieurs domiciles appartenant à des Palestiniens dans la localité de Wadi al-Jawaya à Musafir Yatta, au sud d’El Khalil, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Les soldats de l’occupation sont entrés de force dans plusieurs maisons, ont photographié les occupants dans une démarche d’intimidation et de fichage systématique, avant de saisir arbitrairement un véhicule. Ces raids nocturnes s’inscrivent dans une routine d’agressions que subissent quotidiennement les Palestiniens de Cisjordanie, où soldats et colons armés commettent en toute impunité des actes de violence, de vandalisme et de spoliation des biens palestiniens. Cette violence structurelle vise à rendre la vie impossible aux Palestiniens dans leurs propres terres et à faciliter l’expansion coloniale qui se poursuit méthodiquement.
Violations de la liberté de la presse
Parallèlement à la violence physique, l’occupation mène une guerre acharnée contre la liberté de la presse palestinienne. Le Syndicat des journalistes palestiniens a recensé 99 violations de la liberté de la presse commises par les forces d’occupation sionistes contre des journalistes au cours du seul mois de décembre 2025. Ce bilan, rapporté dimanche par l’agence palestinienne Wafa, illustre une escalade systématique de la répression visant à museler la couverture journalistique et à empêcher la documentation des crimes perpétrés sur le terrain. Le rapport mensuel fait état de l’assassinat d’un journaliste en plein exercice de son métier sur le terrain, tandis que 2 autres professionnels des médias ont été blessés à la suite de bombardements et de tirs ciblés. Dans une extension terrifiante de la violence, 2 membres de familles de journalistes ont été également tués durant ce mois de décembre, révélant une politique délibérée de punition collective visant à terroriser les reporters palestiniens. Le syndicat recense également 48 cas de détention ou d’empêchement de couvrir l’actualité, 15 agressions utilisant des grenades lacrymogènes ou assourdissantes, ainsi que 9 menaces avec armes et 6 menaces verbales directes. Le syndicat des journalistes palestiniens qualifie ces pratiques de violations graves du droit international humanitaire, notamment de l’article 79 du protocole additionnel 1 aux Conventions de Genève qui protège les journalistes en zones de conflit. L’organisation dénonce des meurtres extrajudiciaires et estime que ces violations cumulées constituent des crimes de guerre selon le droit international. Elle appelle la communauté internationale, les organismes onusiens et les organisations de défense de la liberté de la presse à intervenir d’urgence pour protéger les journalistes palestiniens et garantir l’accès à une information libre et sécurisée.
Lyes Saïdi

