Sécurité routière : Un bilan dramatique qui appelle des mesures urgentes
Les routes algériennes sont devenues depuis des années le théâtre d’une hécatombe quotidienne. Le bilan de l’année 2025 est particulièrement alarmant avec 4.500 décès et 57.000 blessés, dont certains resteront handicapés à vie. Ces chiffres dramatiques illustrent l’ampleur d’un fléau qui transforme les axes routiers en zones de non-droit, où des comportements irresponsables continuent de faire des ravages. Le problème est aggravé par un dispositif de contrôle jugé laxiste et miné par la fraude, comme l’a tragiquement révélé l’accident de Oued El Harrach impliquant de faux documents de contrôle technique. Les victimes de cette insécurité routière touchent toutes les catégories de la population sans distinction. Hommes, femmes, enfants, écoliers et personnes âgées paient chaque jour le prix de comportements dangereux au volant. Face à cette situation insoutenable, les citoyens ne cessent d’interpeller l’État pour qu’il assume sa mission première de protection en mettant fin à ce que beaucoup qualifient désormais de terrorisme routier. C’est dans ce contexte dramatique que s’inscrit le nouveau projet de loi sur le code de la route, dont les dispositions peuvent paraître sévères mais correspondent aux standards appliqués dans de nombreux pays développés. Ces mesures ne visent nullement à entraver les conducteurs respectueux des règles et de la vie humaine, qui constituent la grande majorité des usagers de la route. Elles cherchent avant tout à dissuader les comportements dangereux et à sanctionner efficacement ceux qui mettent en péril la vie d’autrui.
Pourtant, certaines voix se sont élevées contre ces dispositions, véhiculant l’idée qu’elles entraîneraient des pertes d’emplois dans le secteur du transport. Ces critiques, qui interviennent alors même que le texte n’a été ni voté ni promulgué, sont perçues par beaucoup comme des manipulations visant à troubler l’ordre public. Elles témoignent selon leurs détracteurs d’un mépris flagrant envers les victimes du terrorisme routier et leurs familles endeuillées. Les autorités considèrent que cette opposition relève d’une contradiction avec l’éthique morale et politique, et qu’elle revient à défendre une prétendue liberté qui serait en réalité celle de mettre en danger la vie d’autrui. La question demeure désormais de savoir si la société algérienne saura se mobiliser pour mettre fin définitivement à ce fléau qui décime quotidiennement des familles entières.
Samir Benisid

