Culture

Un documentaire inédit projeté en avant-première : Boussaâda redécouvre son âme musicale 

La ville des palmiers et des peintres orientalistes a vibré samedi soir au rythme de sa propre histoire. La salle Kasr Essaâda de Boussaâda a accueilli en avant-première le film documentaire « Boussaâda, Art et Histoire », une plongée captivante dans l’univers des chants populaires et du patrimoine musical de cette cité millénaire du sud de M’sila. Cette projection marque une étape importante dans la sauvegarde d’un pan méconnu mais essentiel de la culture de la région. Mokhtar Bouhali, réalisateur de cette œuvre de 70 minutes, a expliqué en marge de la projection que son travail s’inscrit dans un vaste projet artistique consacré au patrimoine musical, soutenu par le ministère de la Culture et des Arts. Produit par l’association artistique El-Baha, le documentaire ne se contente pas d’une simple chronique nostalgique. Il explore en profondeur l’histoire des chants populaires qui résonnent dans la région depuis le début du siècle dernier, avec une attention particulière portée au célèbre « yey yey », devenu selon le réalisateur une « partie intégrante du patrimoine musical de Boussaâda et de sa région ».

L’originalité du film réside dans son approche à la fois documentaire et testimoniale. Bouhali a rassemblé les voix d’artistes locaux et de chercheurs spécialisés qui livrent leurs témoignages historiques sur cette forme d’art authentique. Ces interventions permettent de tisser des liens entre l’évolution musicale de la région et les principales étapes historiques qui ont façonné Boussaâda et ses environs. Le documentaire dévoile ainsi comment cet art populaire s’est développé, nourri par les bouleversements sociaux, les migrations et les influences culturelles multiples qui ont traversé cette zone de contact entre le Tell et le Sahara. L’analyse proposée ne se limite pas à une simple célébration du folklore. Le film examine les différents facteurs sociologiques, économiques et culturels qui ont contribué à l’épanouissement de cet art jusqu’à en faire un véritable symbole identitaire local. Mourad Benaissa, directeur de la culture et des arts de la wilaya de M’sila, a souligné la portée institutionnelle de cette initiative. Selon lui, la réalisation de ce documentaire « traduit la politique du ministère de tutelle en matière de documentation et de classification du patrimoine immatériel ». Une dimension officielle qui dépasse le simple exercice cinématographique pour s’inscrire dans une stratégie nationale de préservation mémorielle.

Le responsable culturel a particulièrement insisté sur l’impact de telles œuvres audiovisuelles dans la transmission patrimoniale. Il a considéré que ces productions « contribuent de manière significative, en faisant connaître ce type de chant et en s’employant à le faire renaître sur la scène artistique nationale, à la préservation d’un pan important de la mémoire de la région ». Un constat qui résonne avec force alors que l’Algérie s’engage dans un vaste chantier de valorisation de son patrimoine immatériel, conformément aux conventions internationales de l’UNESCO. Cette projection à symbolise une prise de conscience collective de l’urgence à documenter, transmettre et revitaliser des expressions artistiques populaires menacées par l’uniformisation culturelle.

Mohand S.

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