CAN-2025 : Les Verts entrent dans le vif du sujet
L’équipe nationale de football affronte mardi à 17h00 la RD Congo en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations. Après un premier tour sans faute, les coéquipiers de Riyad Mahrez visent la qualification, mais devront composer avec plusieurs absences défensives face à des Léopards en pleine confiance.
L’heure de vérité approche pour les Verts. Après avoir dominé leur groupe avec trois victoires en autant de matchs, les joueurs de Vladimir Petkovic s’apprêtent à franchir un cap décisif face à la République démocratique du Congo, ce mardi au stade de Rabat. Ce huitième de finale marque l’entrée dans le vif du sujet d’une Coupe d’Afrique des nations où chaque erreur peut être fatale. L’Algérie, forte de son statut de première du groupe E et d’un effectif expérimenté, part avec les faveurs des pronostics, mais sait qu’elle devra élever son niveau de jeu pour espérer poursuivre son aventure continentale. La RD Congo ne s’est pas qualifiée par hasard pour ce tour à élimination directe. Dirigés par le technicien français Sébastien Desabre, les Léopards ont réalisé un premier tour convaincant, achevé sans la moindre défaite. Deux victoires et un match nul arraché face au Sénégal ont confirmé le potentiel de cette équipe capable d’exercer un pressing intense et de faire valoir sa puissance athlétique dans les duels. Plus encore, les Congolais traversent depuis plus de deux mois une période faste, matérialisée par une série de huit matchs sans défaite toutes compétitions confondues. Cette dynamique positive en fait un adversaire d’un tout autre calibre que ceux affrontés lors de la phase de groupes, et les Algériens en sont parfaitement conscients.
L’historique des confrontations directes entre les deux sélections plaide néanmoins en faveur des Verts. Depuis leur première opposition officielle lors des Jeux africains de 1965 à Brazzaville, soldée par une large victoire algérienne quatre buts à un, les deux nations se sont affrontées à six reprises. Le bilan penche clairement du côté algérien avec deux victoires, quatre matchs nuls et aucune défaite face aux Léopards. Lors des phases finales de la CAN, les deux équipes se sont croisées à deux reprises : l’Algérie s’était imposée lors de l’édition 1998 au Burkina Faso sur le score étriqué d’un but à zéro, avant de concéder un match nul à la CAN-2000 organisée entre le Ghana et le Nigeria. Les confrontations amicales disputées en 2002, 2008 et 2019 se sont toutes achevées sur le même score de parité, un but partout, illustrant des duels souvent serrés et indécis. Ces statistiques historiques constituent un capital confiance non négligeable, même si le passé ne garantit jamais le présent dans le football de haut niveau.
Choix tactiques
Pour autant, Vladimir Petkovic devra composer avec plusieurs contraintes majeures pour préparer ce rendez-vous capital. Le sélectionneur national se retrouve privé de trois défenseurs titulaires potentiels : Samir Chergui et Jaouen Hadjam, tous deux forfaits sur blessure, ainsi que Rayan Aït-Nouri, indisponible en raison d’une forte grippe dont il peine à se remettre. Ces absences pèsent lourdement sur les choix tactiques du staff technique, d’autant que le secteur défensif constitue traditionnellement la clé de voûte des succès algériens dans les grandes compétitions. Le technicien bosnien dispose néanmoins d’une marge de manœuvre suffisante pour adapter son dispositif sans bouleverser l’équilibre collectif de son équipe.
Plusieurs options tactiques s’offrent à Petkovic pour pallier ces défections. La première consiste à mettre en place une défense à trois axiaux, une configuration qui pourrait voir Ramy Bensebaïni, Aïssa Mandi et Zinédine Belaïd constituer la charnière centrale. Ce dernier s’est d’ailleurs illustré lors du dernier match de la phase de groupes face à la Guinée équatoriale, remporté trois buts à un, en trouvant le chemin des filets et en démontrant sa capacité à répondre présent dans les rendez-vous importants. Polyvalent, Bensebaïni peut également glisser dans le couloir gauche si les circonstances l’exigent, tandis que Mehdi Dorval est pressenti pour suppléer Aït-Nouri en cas de forfait définitif du joueur de Manchester City. L’autre option consiste à évoluer avec deux défenseurs axiaux, probablement Bensebaïni et Mandi, accompagnés de deux latéraux de métier utilisés comme pistons, un système qui offrirait davantage de profondeur offensive sur les côtés.
Ces ajustements tactiques ne sauraient toutefois occulter l’essentiel : la nécessité pour l’Algérie de retrouver son meilleur niveau collectif après une phase de groupes maîtrisée mais sans véritable test de haute intensité. Petkovic a d’ailleurs fait tourner son effectif lors du dernier match face à la Guinée équatoriale, permettant à plusieurs cadres de souffler dans la perspective de ce huitième de finale qui s’annonce intense et très disputé. Le capitaine Riyad Mahrez, le métronome Ismaël Bennacer et le remuant Hicham Boudaoui ont ainsi bénéficié de temps de repos précieux, et devraient retrouver leur place de titulaires face aux Congolais.
Sérénité
À 24 heures de ce choc décisif, le groupe algérien affiche un visage serein et résolument tourné vers l’objectif. Les joueurs abordent ce rendez-vous avec calme et concentration, portés par une atmosphère de travail empreinte de confiance et de responsabilité. Conscients de l’importance du moment et de ce qu’exige un tel rendez-vous, ils se montrent prêts à répondre présents, animés par la volonté commune de franchir ce cap et de poursuivre l’aventure continentale. La solidité défensive et la fraîcheur physique constitueront les clés majeures pour espérer l’emporter face à une sélection congolaise qui ne manque ni de qualités techniques ni d’arguments athlétiques.
La rencontre sera arbitrée par un quatuor égyptien conduit par Mohamed Maârouf Eid Mansour, assisté de ses compatriotes Mahmoud Ahmed Kamel Aboulregal et Ahmed Houssam Taha Ibrahim. Le rôle de quatrième arbitre sera assuré par Amin Mohamed Omar. En cas de qualification face à la RD Congo, l’Algérie retrouvera en quarts de finale le vainqueur de l’autre huitième opposant le Nigeria au Mozambique, programmé samedi 10 janvier à 17 heures. Une perspective alléchante qui incite les Verts à rester pleinement concentrés sur l’obstacle congolais, premier pas indispensable vers un rêve continental qu’ils espèrent raviver après l’élimination prématurée de l’édition précédente. Le football africain ne pardonne aucune approximation, et les hommes de Petkovic le savent mieux que quiconque.
Moncef Dahleb

