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Éducation nationale : Saadaoui annonce une refonte totale 

Le ministre de l’Éducation nationale, Mohammed Seghir Saadaoui, a présenté lundi lors d’un passage au Forum de la Radio algérienne un vaste programme de réformes destiné à moderniser l’ensemble du système éducatif algérien, de l’école primaire au lycée.

Le ministre a dévoilé une réforme en profondeur des programmes et curricula éducatifs qui touchera progressivement les trois cycles d’enseignement, avec pour objectif de conjuguer excellence académique internationale et préservation de l’identité nationale. Cette refonte s’inscrit dans une stratégie globale visant à former les cadres de demain, capables de créer de la richesse et d’accompagner les évolutions mondiales, notamment dans les domaines technologiques de pointe. L’État a alloué « un budget conséquent, conformément aux orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune », a souligné le ministre. Cette démarche nécessite de « développer et d’adapter les programmes et les curricula éducatifs en s’inspirant des expériences internationales, tout en préservant l’identité nationale et l’authenticité de la société et en accompagnant l’évolution du savoir ». Le ministère « a confié l’élaboration des études relatives au développement des programmes à des compétences et spécialistes animés d’un sens élevé de patriotisme », a-t-il précisé.

Nouvelles filières : priorité à l’informatique et aux sciences exactes

Au cœur de cette réforme figure l’introduction de nouvelles spécialités au niveau secondaire. Le ministre a révélé « la préparation de l’ouverture d’une nouvelle filière dans le domaine de l’informatique, garantissant une formation initiale aux élèves, leur permettant par la suite d’accéder aux grandes écoles spécialisées dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité avec aisance et efficacité ». Cette annonce s’accompagne d’un projet d’ouverture de « lycées spécialisés dans les sciences exactes, afin d’offrir aux élèves l’opportunité de mettre en valeur leurs compétences, d’approfondir davantage la spécialisation scientifique et de s’exercer aux travaux pratiques », a-t-il souligné. Les « procédures relatives à ce projet sont en voie d’achèvement en vue de leur présentation aux partenaires sociaux, notamment aux parents d’élèves ». La réforme adopte une approche progressive adaptée à chaque cycle. Pour l’enseignement primaire, le ministre a expliqué que « dans la première étape, on privilégie les aspects moral, éducatif et social », avant d’introduire progressivement en quatrième et cinquième années de nouvelles matières comme « l’éducation scientifique », un approfondissement en mathématiques et en langues étrangères. Dans ce contexte, une décision stratégique a été prise : « donner la priorité à l’anglais et augmenter son volume horaire », une mesure qui s’inscrit dans l’harmonisation avec les évolutions mondiales. Le cycle moyen constitue quant à lui une phase d’approfondissement des connaissances et de découverte de l’ensemble des matières qui formeront la base d’un choix éclairé des filières au lycée. Ce dernier cycle « est une étape cruciale dans la construction du savoir qui conduira vers l’université ».

Un concours de recrutement sous haute surveillance

Parallèlement à ces réformes pédagogiques, le ministère a lancé un vaste concours de recrutement d’enseignants sur la base des titres et diplômes. Cette opération, dont les inscriptions se poursuivent, vise à recruter des compétences hautement qualifiées tout en offrant aux contractuels, vacataires et toute personne disposant d’une expérience antérieure l’opportunité de participer. Le ministre a souligné que ce mode de concours sur dossier, prévu par le statut de la fonction publique, permet d’obtenir des enseignants possédant une compétence élevée et spécialisée dans leurs domaines, porteurs des diplômes requis. L’opération sera marquée par une transparence maximale grâce au recours à la numérisation. Toutefois, ce concours suscite des interrogations sur le terrain. Lors d’une conférence nationale tenue dimanche soir par visioconférence avec les directeurs de l’Éducation des différentes wilayas, le ministre a dû insister sur la nécessité de « se conformer strictement aux dispositions légales régissant l’opération de dépôt des dossiers de candidature au concours de recrutement des enseignants, particulièrement celles liées aux diplômes, en garantissant la transparence et l’égalité des chances entre tous les candidats, et ce, dans le respect strict des textes réglementaires en vigueur ». Après avoir donné la parole aux directeurs de l’Éducation pour exposer les préoccupations liées à l’opération d’inscription des candidats, Mohammed Seghir Saadaoui a assuré que son département « tient compte de toutes observations et veille à les traiter de manière à garantir le bon déroulement du concours ». Il a annoncé « la mise en place, au sein de l’administration centrale, d’une cellule de suivi chargée d’examiner les questions soulevées et d’apporter les précisions requises ».

Formation continue et intégration des contractuels

La question de la formation des enseignants occupe également une place centrale dans la stratégie ministérielle. Le ministre a évoqué une étroite coordination entre son département et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour la prise en charge des besoins exprimés en matière d’enseignants diplômés des Écoles normales supérieures, ce qui a permis la création de nouvelles écoles et l’ouverture de nombreuses annexes dans plusieurs wilayas pour former le plus grand nombre possible d’enseignants à l’avenir. Il a insisté sur l’impératif de concrétiser cette coordination par un dialogue entre les directeurs de l’Éducation de ces wilayas et ceux des Écoles normales supérieures et de leurs annexes pour s’enquérir de la réalité de la formation qui y est dispensée dans le cadre de la coopération entre les deux ministères. Le ministre a par ailleurs mis en avant l’importance de la formation continue adoptée par le ministère en tant que stratégie de développement des compétences et d’approfondissement du capital cognitif et professionnel pour améliorer la performance et accomplir les missions et prérogatives.

Cette politique de formation continue concerne notamment les plus de 82 000 enseignants contractuels intégrés en mars 2025 par décision du Conseil des ministres. Le ministre a justifié cette décision exceptionnelle d’intégration par deux considérations principales : l’absence de concours dans des circonstances particulières et le fait que ces contractuels avaient passé une longue période en situation de contrat qui leur avait permis d’acquérir une expérience les qualifiant pour cette intégration. Ces enseignants suivent actuellement une formation complémentaire destinée à renforcer leurs compétences pédagogiques.

Régularisation de la situation des syndicalistes

La question syndicale n’a pas été éludée lors de la conférence avec les directeurs de l’Éducation. Le ministre a indiqué que la régularisation de la situation juridique des membres des organisations syndicales se fait en accord avec les partenaires sociaux, conformément aux dispositions prévues par la loi, affirmant que le ministère veille à ce que cette opération s’effectue dans le respect des droits de tous les fonctionnaires. Il a donné des orientations aux directeurs de l’Éducation pour procéder à l’installation des concernés dans leurs postes dans un cadre empreint de respect et d’objectivité, en se contentant d’enregistrer les situations administratives sans prendre d’autres mesures jusqu’à la finalisation de l’étude des dossiers soumis par les organisations syndicales au niveau central et l’annonce des listes définitives des délégués conformément à la loi.

Lyna Larbi

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