Un comité national de sauvegarde installé : L’Algérie blinde son patrimoine immatériel
La ministre de la Culture et des Arts a procédé la semaine dernière à l’installation du Comité national de suivi des dossiers du patrimoine culturel immatériel. Une démarche qui s’inscrit dans la politique de protection et de valorisation du riche héritage civilisationnel national.
Selon le communiqué du ministère, cette installation traduit la volonté ministérielle d’améliorer l’inventaire national et de maîtriser le processus de préparation des dossiers destinés tant au niveau national qu’aux inscriptions sur les listes de l’UNESCO. L’objectif affiché est clair : garantir précision, cohérence et efficacité dans le traitement de ces dossiers patrimoniaux qui constituent l’identité culturelle du pays. Cette initiative témoigne de la volonté de l’État de structurer et de professionnaliser la gestion de ce patrimoine selon une approche scientifique rigoureuse et une vision stratégique à long terme.
La ministre a insisté sur le caractère fondamental du patrimoine culturel immatériel pour l’identité nationale. Le ministère souligne que ce patrimoine « constitue l’un des piliers fondamentaux de l’identité nationale, et nécessite une approche scientifique et institutionnelle rigoureuse ». Le Comité national nouvellement installé se voit confier un rôle central et multidimensionnel. Il devra organiser le processus d’inventaire, définir les priorités nationales et suivre l’évolution des dossiers patrimoniaux. Sa mission comprend également l’harmonisation des méthodologies utilisées dans la documentation et la mise à jour des données, ainsi que la proposition de mécanismes juridiques et réglementaires destinés à protéger les éléments du patrimoine culturel immatériel contre les risques de disparition.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large d’établir ce que le ministère qualifie de « gouvernance culturelle efficace ». Le communiqué précise que cette gouvernance passe par la mise en place d’un « cadre national fédérateur garantissant la maîtrise de l’information, la valorisation des savoirs traditionnels, l’implication des experts et chercheurs, et le lien de l’inventaire avec la recherche scientifique, la numérisation et la transmission des compétences ». Cette approche globale vise à dépasser une simple collecte d’informations pour intégrer le patrimoine immatériel dans une dynamique scientifique et éducative.
L’ambition affichée par le ministère ne se limite pas au territoire national. Le Comité devra également contribuer au renforcement de la position de l’Algérie sur la scène internationale. Il s’agira de préparer des dossiers de candidature solides et complets reflétant la richesse et la diversité culturelle du pays. Le ministère entend ainsi consolider la présence de l’Algérie comme État acteur et engagé dans la protection du patrimoine culturel immatériel dans sa dimension humaine et universelle.
Cette initiative intervient dans un contexte où la préservation du patrimoine immatériel est devenue un enjeu majeur pour de nombreux pays. Pratiques sociales, rituels, savoir-faire artisanaux, expressions orales, manifestations culturelles : autant d’éléments fragiles qui risquent de disparaître sans une politique volontariste de sauvegarde et de transmission. L’enjeu est d’autant plus important pour l’Algérie qui fait face à des tentatives d’appropriation culturelle et de spoliation de son patrimoine culturel immatériel.
Le ministère de la Culture et des Arts réaffirme avec force que la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel représente un « choix stratégique et un enjeu national ». Selon le communiqué, cette mission « nécessite un suivi rigoureux, une maîtrise des processus, et un travail continu pour garantir la transmission de cet héritage civilisationnel aux générations futures, dans un cadre préservant son authenticité tout en relevant les défis de l’époque ».
Cette double exigence de préservation de l’authenticité et d’adaptation aux défis contemporains constitue le fil conducteur de la nouvelle politique patrimoniale. L’Algérie se donne ainsi les moyens de protéger efficacement son patrimoine immatériel tout en le valorisant auprès des jeunes générations et sur la scène internationale.
Mohand Seghir

