Culture

Musée des Frères Martyrs Boulaâziz de Khenchela : Un jardin archéologique bientôt ouvert

Le musée public national des Frères Martyrs Boulaâziz de Khenchela enrichira prochainement son offre culturelle avec l’ouverture d’un jardin archéologique en plein air, destiné à valoriser le riche patrimoine historique de la région à travers l’exposition de dizaines d’artefacts couvrant plusieurs millénaires d’histoire. Cette annonce a été faite mardi par le directeur de la culture et des arts de la wilaya, Mohamed El Alouani.Selon ce responsable, l’aménagement de cet espace extérieur, qui sera accessible « dans les tout prochains jours », s’inscrit dans une démarche plus globale visant à « valoriser davantage le patrimoine culturel et civilisationnel de la région ». Ce projet témoigne de la volonté des autorités locales de développer l’attractivité culturelle et touristique de Khenchela, wilaya située dans les Aurès et riche d’un passé historique remontant à l’Antiquité. Le futur jardin archéologique présentera une collection substantielle de vestiges historiques. Mohamed El Alouani a précisé que les visiteurs pourront y « découvrir un éventail de 78 artefacts variés dont des stèles votives (pierres gravées ou sculptées vouées à des divinités anciennes), des stèles funéraires, des panneaux décoratifs, des éléments architectoniques (murs, colonnes, fragments d’escaliers remplissant des fonctions techniques et esthétiques), remontant à plusieurs ères historiques, notamment les périodes romaines, romaine tardive et numide ». Cette diversité d’objets permettra aux visiteurs de parcourir plusieurs siècles d’occupation humaine dans la région.

Le directeur de la culture a souligné la valeur scientifique et patrimoniale de ces pièces, qu’il considère comme « des preuves matérielles de la succession de plusieurs civilisations, à travers les âges, et mettant en valeur la spécificité culturelle locale à travers les symboles et les inscriptions uniques qui les distinguent ». L’origine des artefacts qui composeront le jardin archéologique révèle un aspect méconnu de la préservation du patrimoine. Mohamed El Alouani a indiqué que « la plupart des pièces archéologiques qui orneront le jardin archéologique ont été acheminées au musée après avoir été récupérées par les autorités judiciaires et sécuritaires dans le cadre de la lutte contre le commerce et le trafic d’antiquités ». Cette précision illustre les efforts menés par les autorités algériennes pour combattre le pillage archéologique et restituer au domaine public des biens culturels qui auraient pu disparaître sur le marché noir international.

Les ambitions affichées pour ce nouvel espace muséal dépassent la simple exposition d’objets anciens. Selon le directeur de la culture, la création de ce jardin archéologique « devrait valoriser le patrimoine culturel et historique de la région, renforcer la prise de conscience quant à sa valeur et constituer une destination culturelle et touristique ouverte aux visiteurs, ainsi qu’un espace scientifique pour les étudiants et les chercheurs dans le domaine ». Cette vision triple – patrimoniale, touristique et scientifique – positionne le futur jardin comme un outil de développement culturel à multiples facettes.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique nationale de mise en valeur du patrimoine archéologique algérien, particulièrement riche dans les régions des Aurès qui ont connu une civilisation continue depuis la période numide jusqu’à l’époque romaine tardive. L’aménagement de jardins archéologiques en plein air permet de rendre accessible au grand public des vestiges qui, autrement, resteraient entreposés dans les réserves des musées.

M.S.

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