Plusieurs mesures de facilitation temporaires annoncées : L’étau se desserre sur les importateurs
Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé une série de mesures d’assouplissement en faveur des opérateurs économiques, visant à fluidifier les opérations d’importation en ce début d’année 2026. Ces décisions, relayées par l’Association des banques et établissements financiers, concernent aussi bien l’importation de services que de marchandises, et témoignent d’une volonté des autorités de garantir l’approvisionnement régulier du marché national tout en accompagnant les acteurs économiques dans leurs démarches administratives.
Dans un communiqué publié mardi sur sa page Facebook officielle, le ministère du Commerce extérieur a annoncé avoir accordé un délai supplémentaire aux importateurs de services pour soumettre leurs demandes d’autorisation. « Dans le cadre des efforts déployés pour soutenir et suivre les activités des opérateurs économiques, le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations annonce, exceptionnellement, la prolongation du délai de dépôt des demandes d’opérations d’importation de services pour le seul mois de janvier, jusqu’au 31 janvier 2026 », précise le document officiel. Cette prorogation concerne les demandes qui doivent être adressées par courriel à l’adresse importservices@mcepe.gov.dz, via la plateforme numérique mise en place à cet effet.
Pour rappel, l’importation de services en Algérie est soumise à une autorisation préalable des services du ministère du Commerce extérieur depuis juillet dernier. Cette mesure exige des opérateurs économiques d’obtenir un feu vert après le dépôt des programmes prévisionnels d’importation avant toute domiciliation bancaire, comme l’avait signifié une note de l’Association des banques et établissements financiers adressée aux directeurs de banques en juillet 2025. La décision de prolonger le délai de dépôt des demandes jusqu’à fin janvier vise manifestement à éviter tout engorgement administratif et à permettre aux entreprises concernées de régulariser leur situation dans les meilleures conditions.
Au-delà de cette mesure spécifique aux services, les autorités ont également introduit des clarifications importantes concernant l’importation de marchandises. L’Association des banques et établissements financiers a révélé, dans une correspondance officielle datée du 5 janvier 2026 et portant le numéro 44/2026, de nouvelles directives destinées aux banques opérant en Algérie. Selon ce document, les opérations d’importation enregistrées avant le 1er juillet 2025 ne sont pas soumises au Programme Prévisionnel d’Importation, et leur enregistrement dans ce programme n’est donc pas obligatoire. Cette précision lève une ambiguïté qui pesait sur de nombreux dossiers en cours de traitement.
La correspondance de l’Abef apporte également un éclaircissement pour les opérateurs économiques ayant obtenu leur Programme Prévisionnel d’Importation durant le second semestre 2025. Ceux qui n’ont pas encore enregistré leurs opérations mais dont les marchandises ont été expédiées avant le 31 décembre 2025 peuvent désormais procéder à l’enregistrement de ces transactions en se basant sur le document de transport des marchandises. Cette souplesse procédurale devrait permettre de débloquer de nombreuses opérations commerciales qui risquaient de connaître des retards importants.
Dans une autre note adressée aux banques et établissements financiers le 5 janvier, l’Abef a informé ses membres d’une saisine par les services du ministère du Commerce extérieur concernant la domiciliation des factures d’importation incluant le fret. « À travers ce courrier, il est précisé qu’il a été décidé de proroger au 30 juin 2026 l’autorisation exceptionnelle accordée aux banques pour la domiciliation des factures d’importation incluant le fret, à l’appui du Programme Prévisionnel d’Importation pour les importations destinées à la couverture des besoins propres, et du document préalable à la domiciliation pour les importations destinées à la revente en l’état », indique le document de l’Association. Cette disposition permet aux importateurs de continuer à domicilier leurs factures comprenant les frais de transport jusqu’au 30 juin prochain, une mesure qui facilite grandement les transactions commerciales internationales. En contrepartie, les banques et établissements financiers sont tenus de transmettre au ministère du Commerce extérieur un état détaillé des montants de fret des opérations d’importation réalisées durant le premier semestre 2026, assurant ainsi un suivi rigoureux des flux financiers liés au commerce extérieur. L’Abef a d’ailleurs souligné, en conclusion de sa correspondance adressée aux directeurs généraux des banques, son engagement à maintenir une communication continue avec les services gouvernementaux afin de garantir la clarté des lois et directives tant pour les institutions bancaires que pour les acteurs économiques.
Sabrina Aziouez

