Ressources en eau : Cinq nouveaux barrages prêts à renforcer les capacités de stockage
Cinq nouveaux barrages sont prêts à être mis en service et qui viendront porter à 86 le nombre total d’infrastructures hydrauliques du pays. Parmi eux, le barrage de Khenchela « sera mis en eau dans quelques jours », a annoncé Nadia Ouchar, directrice centrale à l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), lors de son passage sur la Radio Algérienne. Ces nouvelles installations devraient apporter une capacité supplémentaire de 300 millions de mètres cubes, un renfort significatif dans un contexte où le taux de remplissage des barrages existants affiche un léger recul. Interrogée sur la situation hydrique nationale, la responsable a dressé un bilan contrasté. Le taux de remplissage global des barrages s’établit actuellement à 33,82%, contre près de 35% au début de l’année 2025 et près de 40% en 2024. Cette diminution progressive s’explique par les fluctuations naturelles des volumes d’eau « en fonction de la consommation et des apports » au fil des saisons. Toutefois, Nadia Ouchar s’est montrée optimiste quant à l’évolution de la situation à court terme. Elle a souligné que « les apports pluviométriques qui se produisent simultanément en ce moment sur plusieurs wilayas du pays, notamment en neige, sont de bonne augure et apportent l’espoir d’un taux de remplissage plus important ». La directrice a néanmoins tempéré cet optimisme en précisant qu’une amélioration substantielle nécessiterait « des précipitations pendant au moins dix jours ». Concernant les cinq nouveaux ouvrages hydrauliques, Nadia Ouchar a détaillé leur répartition géographique et leurs spécificités. Le barrage de Djedra, situé dans la wilaya de Souk Ahras, est déjà opérationnel et « mis en eau ». La wilaya de Tizi Ouzou accueille deux infrastructures : les barrages de Sidi Khelifa et de Souk Telata. À ces trois ouvrages s’ajoutent le barrage de Lzereg à Khenchela et celui de Bouhdid à Annaba. Ce dernier présente une particularité fonctionnelle : il ne s’agit « pas d’un barrage de stockage mais plutôt pour protéger la ville des crues et inondations », un dispositif de prévention des risques naturels plutôt qu’une réserve hydrique. Au-delà de ces réalisations imminentes, l’invitée de la Radio Algérienne a évoqué les perspectives de développement du secteur. Ces cinq barrages s’inscrivent dans « la stratégie nationale pour la sécurité hydrique » qui prévoit une expansion continue des capacités de stockage du pays. La responsable a révélé l’ampleur des projets en préparation : « une quarantaine d’études sont au niveau de l’ANBT et au ministère dans la perspective d’augmenter nos réserves d’eau à 1 milliard de mètres cubes ». Cet objectif ambitieux témoigne de la volonté des autorités de sécuriser durablement l’approvisionnement en eau face aux défis climatiques et à la croissance démographique.
Lyna Larbi

