Arbitrage du match Algérie-Nigeria : La FAF porte officiellement plainte à la FIFA
L’Algérie ne compte pas laisser passer l’arbitrage complètement partial qui a abouti son élimination en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations. Battue deux buts à zéro par le Nigeria samedi dernier, la sélection nationale a été victime d’une direction de jeu pour le moins contestable, et la Fédération algérienne de football a décidé de saisir les plus hautes instances du football mondial.
Dans un communiqué officiel publié lundi, la FAF a annoncé avoir déposé une plainte formelle auprès de la Confédération africaine de football et de la Fédération internationale, accompagnée d’une demande d’enquête approfondie sur la prestation de l’arbitre sénégalais Issa Sy. L’instance fédérale n’a pas mâché ses mots pour dénoncer un arbitrage indigne du football africain. « La Fédération ne saurait passer sous silence la prestation arbitrale constatée lors de la dernière rencontre, laquelle a suscité de nombreuses interrogations et une profonde incompréhension. Certaines décisions ont porté atteinte à la crédibilité de l’arbitrage africain et ne contribuent en rien à la valorisation du football continental sur la scène internationale », peut-on lire dans le communiqué de la FAF. L’instance nationale a ainsi saisi la CAF et la FIFA « en déposant une plainte officielle accompagnée d’une demande d’ouverture d’une enquête et de prise des mesures nécessaires conformément aux règlements en vigueur ».
Les griefs sont nombreux. Au cours de cette rencontre décisive, plusieurs décisions de l’arbitre ont alimenté la colère, à commencer par un penalty non accordé en première période après une main apparente d’un défenseur nigérian dans la surface de réparation. La sévérité du corps arbitral à l’égard des joueurs algériens, sanctionnés de cinq cartons jaunes, contraste également avec une indulgence observée envers leurs adversaires sur plusieurs actions litigieuses. Au-delà des décisions techniques, c’est également le comportement d’Issa Sy qui est pointé du doigt, notamment son refus de serrer la main du joueur algérien Berkane au coup de sifflet final, avant d’aller saluer chaleureusement les Nigérians, un geste révélateur d’une partialité assumée.
Mobilisation
Malgré cette élimination amère et les polémiques qu’elle suscite, la FAF appelle à l’unité et à la mobilisation autour de l’équipe nationale. Dans son communiqué, elle souligne que « la prochaine étape exige la mobilisation, la sérénité et le soutien de tous, d’autant plus que des échéances importantes approchent dans moins de cinq mois, notamment les phases finales de la Coupe du monde ». La FAF salue par ailleurs « l’engagement et le sérieux dont ont fait preuve les joueurs et les membres du staff technique tout au long de la compétition », rappelant que la sélection est « engagée dans une phase de reconstruction et inscrite dans un processus de travail et de progression ».
L’instance fédérale insiste également sur la nécessité de tirer les enseignements de cette participation continentale afin de « consolider le travail accompli et de bien se préparer aux prochaines échéances, dans l’objectif de revenir avec une performance plus forte et plus compétitive ». Elle affirme « la poursuite de ses efforts et la mobilisation de tous les moyens humains, techniques et organisationnels pour préserver la place de l’équipe nationale ». En conclusion, la FAF a tenu à remercier les supporters et les médias qui ont accompagné la sélection, tout en saluant le soutien des autorités publiques et en renouvelant sa confiance au groupe et au staff technique. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de controverses arbitrales qui émaillent cette édition marocaine de la compétition, plusieurs équipes comme le Mali, la Tanzanie et le Cameroun s’étant également plaintes de décisions défavorables, notamment lors de leurs confrontations avec le pays organisateur.
Moncef Dahleb

