Célébration de Yennayer : Rabah Asma enflamme l’auditorium de la Radio algérienne
Dimanche soir à Alger, le chanteur Rabah Asma a offert un concert mémorable à l’occasion de la célébration de Yennayer 2976, devant un public nombreux venu communier dans une atmosphère festive et joyeuse à l’auditorium Aissa Messaoudi de la Radio algérienne. Accompagné par un orchestre de six musiciens dirigés par le jeune Sofiane Ahdjoudj au clavier, Rabah Asma a été accueilli sur scène sous les applaudissements et les youyous de ses fans, impatients de célébrer le Nouvel An amazigh en musique. Embarquant l’assistance près de deux heures durant dans une ambiance festive, l’artiste a rendu une vingtaine de chansons dont les tubes incontournables de son répertoire. Le public, cédant au déhanchement, reprenait en chœur « Ardjouyi » (Attends-moi), « Achughar » (Pourquoi), « Algérie mon beau pays », « A yithvir » (Ô pigeon) et « Igoudar » (Les montagnes), créant une communion parfaite entre la scène et la salle dans une atmosphère conviviale et joyeuse. Sous un éclairage multicolore, les instrumentistes ont brillé de virtuosité, assurant une assise harmonique des plus professionnelles à Rabah Asma qui a enflammé la salle, enchaînant sans répit les différentes pièces au programme. L’artiste a pris soin d’annoncer chaque chanson avec un indicatif tonal et modal exécuté à la guitare, permettant au public de se préparer à reprendre ces mélodies qu’il connaît par cœur. La qualité musicale de l’ensemble orchestral a contribué à faire de cette soirée un moment d’exception, alliant tradition et professionnalisme, dans le respect du patrimoine musical amazigh célébré en cette occasion particulière.
Cette célébration de Yennayer a été accompagnée par un défilé de mode organisé par l’association « Haoua », qui a accompagné le récital du chanteur en mettant en valeur une dizaine de tenues traditionnelles aux broderies de haute couture. Ces créations, taillées dans des coupes empreintes de modernité par la grande modéliste Sihem Brahimi de Oued Souf, ont illustré la capacité du patrimoine vestimentaire algérien à s’inscrire dans une dynamique contemporaine sans renier ses racines ancestrales. Cette fusion entre tradition et modernité a parfaitement incarné l’esprit de cette célébration du Nouvel An amazigh, où le patrimoine culturel dialogue avec les expressions artistiques actuelles. Auparavant, le public avait également apprécié les chants de la chorale féminine « Urar nel’khaleth » (Le jeu de la cheville) de la troupe « Thighri net’mettouth » (Le cri de la femme) de l’Auberge d’Azzazga, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, dirigée par Mme Djedjiga Mezouani. Cette prestation féminine a ouvert la soirée sur une note authentique, rappelant l’importance des voix de femmes dans la préservation et la transmission du patrimoine musical amazigh. La diversité des expressions artistiques présentées lors de cette soirée témoigne de la richesse culturelle qui caractérise les célébrations de Yennayer, fête devenue officiellement chômée et payée en Algérie depuis janvier 2018, consacrant ainsi la reconnaissance institutionnelle de cette composante essentielle de l’identité nationale algérienne.
Mohand S.

