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Elle menace l’Algérie de sanctions : Le jeu trouble de la CAF 

La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête disciplinaire visant notamment l’Algérie, quarante-huit heures après l’élimination controversée des Verts face au Nigeria en quarts de finale de la CAN-2025. Une initiative qui interroge sur la volonté réelle de l’instance continentale d’assumer ses propres responsabilités dans les dysfonctionnements arbitraux qui ont émaillé la compétition marocaine.

Dans son communiqué, la CAF condamne fermement des comportements jugés « inacceptables » de la part de certains joueurs et officiels lors des rencontres Cameroun-Maroc et Algérie-Nigeria. L’instance affirme avoir recueilli des rapports de match ainsi que des éléments vidéo faisant état de comportements potentiellement contraires aux règlements et à l’éthique sportive. Le dossier a été transmis au jury disciplinaire pour instruction, et des « sanctions appropriées » seront prises si les personnes mises en cause sont reconnues coupables. La confédération analyse également des images relatives à un incident impliquant des membres des médias qui se seraient comportés de manière inappropriée dans la zone mixte. Bien que non explicitement nommée, l’Algérie apparaît clairement comme la cible principale de cette démarche disciplinaire.

Cette sortie de la CAF intervient précisément au moment où la Fédération algérienne de football a déposé une plainte officielle auprès de l’instance continentale et de la FIFA contre l’arbitrage du quart de finale face au Nigeria. La direction de jeu assurée par le Sénégalais Issa Sy a suscité une vive indignation côté algérien. Le directeur de jeu n’a pas sifflé un penalty flagrant en faveur des Verts après une faute manifeste dans la surface nigériane, tout en distribuant des cartons jaunes aux joueurs algériens pour des contacts anodins. Plus troublant encore, à l’issue de la rencontre, l’arbitre a refusé de serrer la main du joueur algérien Berkane, avant de se diriger chaleureusement vers les joueurs nigérians pour les saluer. Un comportement qui entre en totale contradiction avec les standards de professionnalisme et d’impartialité que la CAF prétend défendre.

La confédération affirme condamner tout comportement déplacé, particulièrement lorsqu’il vise les arbitres ou les organisateurs de matches, promettant que toute attitude contraire aux standards de professionnalisme fera l’objet de mesures disciplinaires. Mais cette posture soulève une question légitime : pourquoi cette rigueur disciplinaire ne s’applique-t-elle pas également aux arbitres dont les décisions et attitudes ont directement contribué à créer la polémique ? L’arbitrage de ce quart de finale a non seulement influencé le résultat sportif, mais également généré les réactions que la CAF condamne aujourd’hui. Si l’instance continentale souhaite réellement lutter contre les comportements inappropriés, c’est précisément du côté de ses propres officiels qu’elle devrait d’abord regarder.

Cette stratégie de diversion apparaît d’autant plus problématique qu’elle intervient dans un contexte de défiance croissante envers l’arbitrage continental. En choisissant de sanctionner les réactions plutôt que d’analyser sereinement leurs causes, la CAF risque de renforcer le sentiment d’injustice et d’alimenter les suspicions sur sa gouvernance. L’équité sportive exige transparence et cohérence. Les nations africaines attendent de leur confédération qu’elle garantisse l’intégrité des compétitions, pas qu’elle étouffe les légitimes protestations par la menace disciplinaire.

Moncef Dahleb

admin

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