Culture

Clôture des festivités de Yennayer : Une célébration fédératrice et ancestrale

La sixième édition du Prix du président de la République de littérature et de langue amazighes s’est tenue à Beni-Abbes, du 10 au 12 janvier, dans le cadre des festivités officielles marquant le Nouvel An amazigh. Cet événement, placé sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune, a réuni plus de 200 participants venus de toutes les régions d’Algérie et a consacré les efforts de promotion de la culture amazighe comme composante essentielle de l’identité nationale.

À l’occasion de la clôture des manifestations célébrant Yennayer 2976 à la salle omnisports de Beni-Abbes, le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, a livré un discours empreint de solennité devant un public nombreux. Son intervention, qui a ponctué trois jours de festivités placées sous le slogan « Yennayer, symbole de la diversité et de l’unité », a mis en lumière la dimension fédératrice de cette célébration ancestrale dans le projet national algérien contemporain. Pour Si El Hachemi Assad, la tenue de cet événement traduit une orientation politique claire. La célébration du Nouvel An amazigh, coïncidant avec la remise du Prix présidentiel de littérature et de langue amazighes, démontre, souligne-t-il, « la volonté des pouvoirs publics de consacrer Yennayer comme un évènement fédérateur inscrit dans la profondeur historique et culturelle de la nation algérienne ».  Le responsable du HCA a développé une réflexion sur la portée symbolique de Yennayer, affirmant que cette célébration « a toujours constitué dans sa profondeur symbolique et civilisationnelle, un socle rassembleur des différentes composantes de l’identité nationale ainsi qu’un symbole enraciné dans l’histoire des Algériens, reflétant leur appartenance à leur terre et aux valeurs de travail, de la productivité et de la continuité ». Par ces mots, Si El Hachemi Assad inscrit Yennayer dans une continuité historique millénaire tout en lui attribuant une fonction contemporaine de cohésion sociale. Il a poursuivi en affirmant que cela « confirme que l’identité nationale est fédératrice et tire sa force de la diversité et de la cohésion de ses éléments », posant ainsi les jalons d’une conception inclusive de l’algérianité.

Lors de son allocution, Si El Hachemi Assad a également insisté sur « l’importance de ce prix dans la promotion de la littérature et des technologies de la numérisation en langue amazighe », soulignant que « la diversité culturelle arabe et amazighe de l’Algérie constitue un facteur d’unité du peuple, ainsi qu’une valeur fondamentale de consolidation de l’unité nationale dans le cadre d’un Etat fort et uni ».  Le secrétaire général du HCA n’a pas manqué de remercier les autorités de la wilaya de Beni-Abbes, l’Armée nationale populaire et les autres institutions de l’État pour leur soutien dans l’organisation et le déroulement des différentes manifestations qui se sont étalées sur trois jours et ont mobilisé plus de 200 participants venus de l’ensemble du territoire national.

Sept lauréats distingués dans quatre catégories

La cérémonie de remise des prix, supervisée par Si El Hachemi Assad et tenue en présence de conseillers à la présidence de la République, de la déléguée nationale à la protection de l’enfance Meriem Cherfi, des autorités locales et de parlementaires, a constitué le point d’orgue de ces festivités. Le jury présidé par Aïssani Djamel a examiné 103 travaux répartis sur quatre catégories, témoignant d’un intérêt croissant pour cette distinction nationale.

Dans la catégorie de la littérature d’expression amazighe et traduite vers cette langue, Lisa Serik de Tizi Ouzou a décroché le premier prix, suivie d’Aïcha Maâlem de Batna et de Faïza Remili de Béjaïa aux deuxième et troisième places. Pour les recherches sur le patrimoine amazigh immatériel, le premier prix est revenu à Karima Ouchache de Batna, tandis que Khaled Fertouna d’Ouargla s’est vu attribuer la deuxième place. Abdelkader Bentayeb, originaire de la wilaya hôte de Beni-Abbes, a remporté le premier prix dans la catégorie linguistique. Enfin, Tewfik Djerroud de Béjaïa a été couronné dans la catégorie des sciences technologiques et de la numérisation, domaine stratégique pour l’avenir de la langue amazighe à l’ère numérique. Cette sixième édition du Prix présidentiel confirme l’ancrage institutionnel de Yennayer dans le paysage culturel et politique algérien, six ans après sa reconnaissance officielle comme journée chômée et payée.

Mohand Seghir

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