Culture

Coupole d’Alger : Takfarinas célèbre Yennayer en majesté 

La Coupole du Complexe olympique Mohamed-Boudiaf a vibré lundi soir au rythme des mélodies de Takfarinas, qui a offert au public algérois un concert exceptionnel dans le cadre des célébrations de Yennayer. Placé sous le parrainage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, cet événement a rassemblé des milliers de spectateurs venus communier autour du patrimoine culturel algérien et de l’œuvre d’un artiste qui incarne, depuis près de quatre décennies, la rencontre des traditions musicales du pays avec les sonorités modernes. Dès son entrée sur scène, Takfarinas a donné le ton avec « Azul », cette chanson de bienvenue qui célèbre la diversité culturelle algérienne et symbolise l’ouverture et la fraternité. Pendant près de trois heures, l’artiste a enchaîné une vingtaine de titres puisés dans son riche répertoire, des chansons devenues au fil des années de véritables hymnes populaires. Le public, conquis et fervent, a repris en chœur ces mélodies qui parlent de paix, de vie et de patrie, dans une atmosphère empreinte d’émotion et de communion collective. L’artiste n’a pas manqué de souligner son attachement à une Algérie « une et indivisible, dans sa richesse et sa diversité culturelle, ainsi que la grandeur de son histoire », un message d’unité qui a résonné avec force dans l’enceinte de la Coupole.

La soirée avait débuté par une mise en bouche prometteuse avec deux jeunes talents issus du programme musical « Alhane wa Chabab ». Zina Larab, originaire de Tizi-Ouzou et lauréate de la neuvième édition de ce tremplin artistique, a interprété avec assurance « L’awrès inou », tandis qu’Anis Saïdi de Souk Ahras, prix spécial du jury de la même édition, a livré une interprétation sensible de « Ay’assarou ». Les deux jeunes artistes se sont ensuite retrouvés en duo pour rendre un vibrant hommage à Idir, disparu en 2020, en reprenant sa célèbre chanson « Ay Azwaw sou mendil awragh », un moment de recueillement et de transmission qui a préparé le terrain à la performance de Takfarinas.

Né en 1958 à Alger sous le nom d’Ahcène Zermani, Takfarinas s’est passionné dès son plus jeune âge pour le chaâbi, cette musique populaire algéroise qui puise ses racines dans les traditions andalouses et bédouines. Nourri par l’écoute des maîtres du genre, notamment El Hadj M’Hamed El Anka et Cheikh El Hasnaoui, il a forgé son style unique en fusionnant les sonorités du chaâbi avec des influences berbères, créant ainsi une synthèse musicale qui transcende les frontières régionales. Après plusieurs années d’apprentissage rigoureux du métier, Takfarinas s’est imposé comme un artiste confirmé et respecté, construisant au fil des décennies une discographie impressionnante. Parmi ses albums les plus célèbres figurent « Wey’thelha », « Zaâma Zaâma », « Honneur aux dames », « El waldine » et « Ul-iw Thayri », des œuvres qui ont marqué plusieurs générations et continuent de résonner dans le cœur des Algériens. Ce concert à la Coupole, véritable célébration de l’identité culturelle algérienne à l’occasion de Yennayer, a confirmé une fois de plus la place centrale de Takfarinas dans le paysage musical national et sa capacité intacte à rassembler et à émouvoir les foules.

Mohand S.

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