Monde

Soudan : 32 morts dans une attaque de drone des FSR

Le conflit qui déchire le Soudan depuis avril 2023 s’est intensifié ces derniers jours. Les forces armées soudanaises ont annoncé mardi avoir infligé de lourdes pertes aux Forces de soutien rapide (FSR) lors d’opérations menées dans plusieurs régions stratégiques du pays, tandis qu’une frappe de drone attribuée aux FSR a fait au moins 32 morts et 86 blessés lundi dans le centre et le sud du pays. Selon un communiqué officiel de l’armée soudanaise, les opérations militaires menées au cours des 72 dernières heures ont permis de détruire 56 véhicules militaires des FSR dans la région du Kordofan, faisant des centaines de morts et de blessés parmi les combattants paramilitaires. Au Darfour, vaste région de l’ouest du pays largement contrôlée par les FSR, 47 véhicules militaires ont été détruits, avec un nombre indéterminé de pertes humaines dans les rangs des forces paramilitaires. Dans la région du Nil Bleu, quatre véhicules militaires ont été neutralisés et des dizaines de membres des FSR ont été tués ou blessés, selon les mêmes sources. L’armée a également revendiqué la destruction de plusieurs stocks de carburant et de munitions appartenant aux FSR dans différents sites stratégiques.  Dans un communiqué officiel, l’armée soudanaise a réaffirmé sa détermination à « poursuivre l’élargissement des périmètres de sécurisation autour des villes et des sites stratégiques » et à « repousser les Forces de soutien rapide et les éliminer du pays ». 

Parallèlement, une frappe de drone menée par les FSR a touché lundi une base militaire de la ville de Sinja, dans l’État de Sinnar, au centre du Soudan, faisant au moins 27 morts et 73 blessés, selon une source gouvernementale locale. Le bilan global de cette journée sanglante s’élève à 32 morts et 86 blessés dans le centre et le sud du pays. Les autorités ont précisé que le nombre de victimes pourrait encore augmenter en raison de la gravité de l’état de certains blessés. Le gouvernement de l’État de Sinnar a indiqué dans un communiqué que Sinja avait été attaquée lundi après-midi par un drone stratégique des FSR, mais que la défense anti-aérienne de l’armée soudanaise était parvenue à l’intercepter, sans toutefois empêcher les pertes humaines considérables.

Le patrimoine culturel soudanais pillé par les FSR

Au-delà des pertes humaines, le conflit a également causé des dommages irréparables au patrimoine culturel soudanais. Les autorités soudanaises ont annoncé mardi, lors d’une cérémonie officielle organisée à Port-Soudan, avoir retrouvé plus de 570 antiquités précieuses volées par les FSR au Musée national de Khartoum après de longs mois d’enquêtes menées en collaboration avec l’UNESCO et Interpol. Ces artefacts, qui couvrent une période s’étendant de l’époque préhistorique jusqu’à la période islamique, comprennent notamment des statuettes funéraires, des vases ornementés, de la vaisselle en bronze, des pierres gravées et de minuscules amulettes en forme de scarabées. Ils ont été exposés sur de grandes tables déployées dans une salle de réception sous haute surveillance lors de cette cérémonie de restitution. Le Musée national de Khartoum, qui réunissait toutes les collections découvertes par les archéologues sur les différents sites antiques du Soudan, a été pillé et détruit au printemps 2023, lorsque les FSR ont pris le contrôle de la capitale. À l’époque, des images satellites ont montré des camions chargés de trésors archéologiques se diriger vers le Darfour, la région de l’ouest sous contrôle des forces paramilitaires. Depuis lors, les autorités soudanaises se sont mobilisées avec le soutien de l’UNESCO et d’Interpol pour retrouver les objets volés avant qu’ils ne franchissent les frontières en contrebande pour être vendus sur le marché noir international de l’art. Parmi les antiquités toujours recherchées figure la « Chambre d’or », la collection la plus précieuse du musée de Khartoum. Cet ensemble exceptionnel réunit des bijoux anciens et des pièces en or pur de 24 carats, dont certaines remontent à près de 8 000 ans, témoignant de la richesse des civilisations qui ont prospéré dans la vallée du Nil. La disparition de ces trésors archéologiques constitue une perte inestimable pour le patrimoine de l’humanité.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *