Avec un taux de 3,8% en 2025 : La Banque mondiale table sur une croissance solide pour l’Algérie
La Banque mondiale (BM) maintien des prévisions de croissance solide en Algérie une estimation de taux de croissance économique de 3,8% en 2025, avant un ralentissement progressif à 3,5% en 2026 puis 3,3% en 2027, portée essentiellement par la dynamique des secteurs hors hydrocarbures et la reprise de la production pétrolière et gazière, selon les dernières projections de l’institution financière internationale publiées mardi à Washington.
Ces prévisions s’inscrivent dans un contexte économique mondial relativement résilient, la BM anticipant une croissance planétaire de 2,6% pour 2026, un chiffre revu à la hausse notamment grâce aux performances américaines qui représentent près des deux tiers de cette réévaluation. L’économie mondiale a montré une solidité inattendue en 2025 face aux incertitudes politiques et aux tensions commerciales croissantes, contrairement aux craintes initiales des économistes de l’institution.
Pour l’Algérie, la tendance à la décélération progressive de la croissance sur la période 2025-2027 ne doit pas occulter les fondamentaux solides de l’économie nationale. Dans ses prévisions antérieures, l’institution de Bretton Woods a souligné que cette croissance demeure soutenue par la vigueur persistante des activités hors hydrocarbures et par la reprise attendue dans le secteur des hydrocarbures. Cette double dynamique constitue un gage de stabilité pour l’économie algérienne dans un environnement international marqué par de multiples défis. Les performances récentes de l’économie algérienne constituent des signaux encourageants selon la BM. L’institution avait relevé lors de son dernier rapport semestriel publié en décembre 2025 que l’économie nationale avait poursuivi son élan en 2025, avec une croissance de 4,1% au premier semestre. Les secteurs hors hydrocarbures ont particulièrement brillé avec une expansion de 5,4%, démontrant la capacité de diversification de l’économie. Parallèlement, l’inflation a été maîtrisée à 1,7% sur les neuf premiers mois, grâce à la baisse des prix alimentaires, aux bonnes performances agricoles et à la stabilité du taux de change.La croissance hors hydrocarbures durant cette période a été qualifiée de robuste et dynamique, portée par la résilience des diverses activités économiques, la demande des ménages, les investissements, la production agricole, l’industrie et les services. Cette diversification économique représente un atout majeur pour l’Algérie dans sa stratégie de réduction de la dépendance aux hydrocarbures.
Pour les années à venir, la BM anticipe selon son rapport semestriel que la consommation privée continuera de stimuler le secteur des services en expansion, tandis que la production agricole demeurera résiliente et l’investissement dynamique. Ces facteurs devraient permettre de maintenir une trajectoire de croissance positive, bien que légèrement décélérée par rapport à 2025.
Au niveau mondial, le chef économiste de la BM, Indermit Gill, a identifié plusieurs facteurs ayant soutenu la croissance en 2025, notamment le stockage massif des entreprises en prévision de droits de douane, un appétit plus fort qu’attendu pour le risque de la part des investisseurs et une forte hausse des investissements dans les nouvelles technologies, particulièrement l’intelligence artificielle. Toutefois, l’institution reste préoccupée par le fait que près d’un pays à bas revenu sur quatre n’a toujours pas retrouvé son niveau économique d’avant la pandémie de Covid-19, et par la tendance au ralentissement de la croissance potentielle mondiale sur le long terme.
À l’échelle régionale, la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord devrait connaître un raffermissement de son activité économique, avec une croissance projetée à 3,6% en 2026 et 3,9% en 2027. Ce redressement sera principalement tiré par l’accélération de l’activité dans les pays exportateurs de pétrole, soutenus par le retour d’une contribution positive des exportations nettes et une progression plus vigoureuse des investissements privés. Les projections pour cette région ont toutefois été légèrement ajustées à la baisse par rapport aux estimations de juin dernier, en raison d’une augmentation plus importante que prévu de la production pétrolière des grands pays producteurs en 2025. Chez les pays importateurs de pétrole de la région, la croissance devrait atteindre en moyenne 4% par an en 2026-2027, avec des variations significatives selon les économies.
Sabrina Aziouez

