Jijel : La vidéosurveillance déployée pour protéger le personnel soignant
Face à la recrudescence des actes d’agression ciblant les médecins et le personnel paramédical, les responsables du secteur de la santé dans la wilaya de Jijel ont opté pour le renforcement du dispositif sécuritaire à l’intérieur des infrastructures sanitaires, apprend-on de source sanitaire. Le phénomène des agressions du personnel médical et paramédical prend des proportions démesurées dans la wilaya, qui a décidé de recourir à la vidéosurveillance afin de protéger les professionnels de la santé. Désormais, les centres hospitalo-universitaires et les polycliniques seront dotés de caméras de vidéosurveillance, a-t-on fait savoir. Selon les mêmes sources, un programme d’installation de ces équipements de surveillance a été retenu afin d’assurer la protection des équipes soignantes et de garantir un environnement serein pour les patients. L’opération a d’ores et déjà été engagée à la polyclinique Abdelmadjid Tabbal, dans le chef-lieu de la commune de Jijel, qui a été équipée ce dimanche de caméras couvrant les points sensibles de l’établissement. Selon nos sources, cette opération supervisée par l’Établissement public de santé de proximité fait suite à l’application des instructions ministérielles, dont l’objectif est de sécuriser les structures sanitaires et de mieux protéger les professionnels de la santé. Cette décision, a-t-on expliqué, est motivée par l’augmentation du nombre d’agressions auxquelles est confronté le personnel soignant. Une situation devenue de plus en plus préoccupante, notamment au cours des dernières années, ont déploré les mêmes sources. Ces derniers ont fait état de scènes d’agression enregistrées dans cette polyclinique ayant ciblé des médecins et paramédicaux. Les actes d’agression sont surtout enregistrés durant les gardes de nuit, ont souligné nos sources.
Concernant les causes de ces actes d’agression, et toujours selon les mêmes sources, ils sont le plus souvent liés à des tensions et à la forte pression exercée sur les services de santé, ce qui a nécessité un renforcement effectif des dispositifs de sécurité. Dans le même contexte, nos sources ont rapporté que des incidents similaires ont été également signalés dans d’autres établissements sanitaires de la wilaya, dont les hôpitaux de Tahir et d’El Milia. Nos sources ont fait savoir que la plupart des praticiens ont été à maintes reprises victimes d’agressions perpétrées par des membres de familles de malades ou des jeunes accompagnant des blessés, particulièrement au niveau des services des urgences où la pression et la tension se mêlent, aboutissant à des actes d’agression.
Ainsi, en dotant les infrastructures sanitaires de systèmes de vidéosurveillance, on préviendrait tout acte susceptible de mettre en danger la vie du personnel médical. Car, faut-il le souligner, ce système de vidéosurveillance constitue un moyen de prévention important voire essentiel, puisqu’il contribue à dissuader les comportements violents et renforce le sentiment de sécurité chez les professionnels de la santé. Au-delà, l’usage de la vidéosurveillance permet aussi une meilleure traçabilité des incidents et facilite une intervention rapide et coordonnée des responsables de l’établissement ou des services de sécurité. En somme, l’instauration du système de vidéosurveillance va procurer au personnel soignant un climat de travail serein et va lui assurer la continuité de la prestation du service sanitaire dans des conditions optimales, notamment durant les gardes de nuit.
Le phénomène de la violence contre le personnel médical n’est pas une spécificité du secteur de la santé dans la wilaya de Jijel. Il semble qu’aucune structure hospitalière n’échappe à la violence et à l’insécurité. Les hôpitaux, où les personnes se rendent pour être soulagées, sont devenus des lieux à risques, où la colère des proches des patients finit souvent en rixes, voire en affrontements. D’une wilaya à l’autre, les cas sont semblables et le personnel soignant est la première cible des personnes en colère. De Annaba jusqu’à Boumerdès en passant par El-Tarf, les cas d’agressions signalés entre 2019 et 2021 dénotent l’ampleur qu’a pris ce phénomène qui remonte déjà à 2012. Sauf que l’alarme a été tirée au cours des trois dernières années, durant lesquelles l’augmentation du nombre d’agressions est devenue inquiétante à plus d’un égard. En témoignent les 2.700 cas d’agressions recensés depuis 2012 par le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique.
Une situation qui n’a pas laissé indifférent le ministère de tutelle, qui a ordonné le recours à la justice. On rappelle dans ce contexte que le ministère de la Santé, lors d’une réunion avec les directeurs de la santé et de la population des wilayas du pays, avait insisté sur l’impératif de déposer plainte et de se constituer partie civile contre tout auteur de violences sur le personnel de la santé en laissant la justice suivre son cours. Le même responsable avait affirmé qu’aucun individu, quels que soient ses motifs, n’a le droit de se livrer à ces actes nuisibles qui entravent le secteur en général, rappelle-t-on enfin.
Sofia Chahine

