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La CAN de la honte !

La 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, qui s’achève ce dimanche au Maroc avec une finale entre le pays hôte et le Sénégal, restera dans les annales comme la plus scandaleuse de l’histoire du tournoi continental, entachée par des manœuvres éhontées, des décisions arbitrales flagrantes en faveur des Lions de l’Atlas et une organisation défaillante qui ont jeté l’opprobre sur le football africain.

Cette CAN 2025 ne laissera aucun souvenir impérissable si ce n’est celui de la fourberie et des magouilles orchestrées pour propulser le Maroc vers un titre qui lui échappe depuis un quart de siècle. Depuis son attribution dans des conditions douteuses au détriment de l’Algérie en 2023 jusqu’aux demi-finales disputées mercredi dernier, la Confédération africaine de football a brillé par son parti pris manifeste. Sous l’influence marocaine, incarnée par l’omniprésence de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine dont l’emprise sur la CAF est un secret de polichinelle, l’instance dirigée par le Sud-Africain Motsepe, débordé sur son propre terrain, a fait face à des critiques acerbes concernant un arbitrage plus que défaillant qui a systématiquement favorisé le pays organisateur.

Le constat est accablant et unanime. Toutes les sélections adverses des camarades de Brahim Diaz, ou les sérieuses prétendantes au titre se sont plaintes amèrement des décisions prises par les arbitres, depuis la phase de groupes jusqu’à la demi-finale disputée mercredi contre le Nigéria. Le Mali, la Tanzanie, le Cameroun, l’Algérie, l’Égypte et le Nigéria ont tous été défavorisés par un arbitrage partial qui jette le doute sur la crédibilité même de la compétition. Cette accumulation de controverses ne peut relever du hasard ou de simples erreurs d’appréciation. Elle révèle une stratégie délibérée visant à baliser le terrain aux Lions de l’Atlas pour leur permettre de soulever enfin ce trophée tant convoité.

Les exemples de penaltys flagrants non sifflés contre le Maroc face à la Tanzanie en huitièmes de finale et contre le Cameroun en quarts ont particulièrement marqué les esprits, faussant manifestement les résultats de ces rencontres. Le journaliste de Libération Grégory Schneider a d’ailleurs résumé avec une ironie mordante sur le plateau de l’Équipe TV à l’issue du match Maroc-Cameroun le sentiment général qui prévalait : « Ce qui serait bien c’est qu’on gagne un peu de temps et qu’on leur donne la coupe directement ! » Cette déclaration sans filtre traduit l’exaspération face à une manipulation aussi grossière qu’évidente du cours de la compétition.

Le quart de finale entre l’Algérie et le Nigéria samedi 10 janvier a cristallisé toutes les frustrations. L’arbitre sénégalais Issa Sy, qui s’était déjà illustré négativement lors du match Tanzanie-Maroc en ignorant un penalty flagrant très profitable au Onze marocain, a été désigné pour diriger cette rencontre décisive. Dès le coup d’envoi, il a récidivé au détriment des Verts avant de distribuer une pluie de cartons jaunes majoritairement injustifiés mais utilisés à sens unique pour saper le moral de l’équipe algérienne. À l’inverse, il a joué les aveugles face aux nombreuses fautes et agressions caractérisées des joueurs nigérians qui se sont donnés à cœur joie, ayant parfaitement saisi l’ambiance malsaine régnant sur un terrain où l’ombre du Makhzen a plané 90 minutes durant. La Fédération algérienne de football a saisi la CAF et la FIFA contre cet arbitrage qu’elle accuse d’avoir pris des décisions délibérément hostiles aux Fennecs, accrédisant la thèse que la main invisible du Maroc a agi pour éviter un adversaire compliqué en demi-finale dans un contexte de fortes tensions politiques entre les deux pays.

Le sélectionneur égyptien Hossam Hassan a également vertement critiqué l’instance continentale à l’issue de la demi-finale perdue contre le Sénégal. « Il y a eu beaucoup d’erreurs de la part de l’arbitre. La FIFA doit intervenir pour garantir l’équité dans les grands tournois comme la Coupe d’Afrique des nations », a-t-il dénoncé avec véhémence. Même lors de la demi-finale entre le Maroc et le Nigéria, le Ghanéen Daniel Nii Ayi Laryea a sifflé des fautes inexistantes en faveur des hommes de Walid Regragui tout en fermant les yeux sur celles subies par les Super Eagles. Le défenseur nigérian Bright Osayi-Samuel n’a pas mâché ses mots en zone mixte : « L’arbitrage était déplorable. C’est vraiment dommage que nous ayons encore des arbitres comme ça aujourd’hui. » Cette situation illustre les dérives profondes d’un football africain miné par la corruption et le favoritisme, où les matchs ne se gagnent plus sur le terrain mais dans les coulisses obscures du pouvoir.

Le Sénégal crie au scandale

À quelques heures de la finale prévue ce dimanche, c’est au tour du Sénégal de dénoncer des conditions d’organisation inacceptables qui confirment le caractère chaotique et partial de cette édition marocaine. La Fédération sénégalaise de football a publié vendredi soir un communiqué retentissant pour « porter à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale, ainsi que des instances organisatrices, ses vives inquiétudes concernant plusieurs dysfonctionnements constatés en marge de la préparation de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations ». La FSF déplore notamment « l’absence manifeste du dispositif de sécurité adéquat lors de l’arrivée de la délégation sénégalaise à la gare ferroviaire de Rabat », affirmant que « cette carence a exposé les joueurs et le staff technique à une promiscuité et à des risques incompatibles avec les standards d’une compétition de cette envergure et le standing d’une finale continentale ». Concernant l’hébergement, la haute instance sénégalaise a dénoncé des conditions déplorables, informant « qu’il a fallu procéder à une protestation officielle par courrier pour obtenir gain de cause ». Elle a également notifié à la CAF son refus catégorique de tenir ses séances d’entraînement au complexe Mohamed IV, « camps de base de l’équipe adverse », soulignant qu’à ce jour elle n’avait pas reçu la notification du site d’entraînement alternatif. La FSF a en outre déploré « l’absence de possibilité d’achat des billets VIP et VVIP », révélant qu’elle avait dû « procéder à l’achat des billets pour ses supporteurs » dans des conditions anormales.

Thiaw tacle le Maroc

Le sélectionneur du Sénégal Pape Thiaw n’a pas mâché ses mots lors de la conférence de presse d’avant-match, établissant une comparaison cinglante avec le CHAN 2023 qu’il avait remporté en Algérie. « Le CHAN s’était très bien passé, avec le pays hôte aussi. Nous étions vraiment satisfaits de l’organisation. Ici, hier, vous avez vu. Je préférais ne pas en parler, mais je pense que les enjeux du football ne doivent pas nous amener à faire certaines choses », a-t-il déclaré, dénonçant implicitement les manœuvres marocaines visant à déstabiliser son équipe.

Insistant sur la responsabilité des organisateurs, Thiaw a rappelé que « aujourd’hui, c’est l’image de l’Afrique qui est en jeu. La CAN, c’est une compétition que personne ne regardait avant, et aujourd’hui nous l’avons élevée très haut. Il ne faut pas gâcher cela ». Exprimant son inquiétude pour la sécurité de ses joueurs, il a vertement dénoncé la situation vécue à la gare de Rabat : « C’est anormal ! Une équipe comme le Sénégal ne peut pas se retrouver au milieu de la foule populaire. Mes joueurs étaient en danger. Tout pouvait se passer, face à des personnes mal intentionnées. Cela ne doit plus se reproduire, surtout entre deux pays frères. »

Peu importe le vainqueur qui sera sacré ce dimanche, cette CAN 2025 restera à jamais celle de la honte, marquée par une bande de mercenaires de l’arbitrage prêts à toutes les compromissions sans honte ni retenue, assurés d’une impunité certaine et d’une récompense promise pour leurs bons et loyaux services au royaume chérifien.

Moncef Dahleb

admin

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