Culture

Le Forum du Livre célèbre les créateurs : Repenser l’industrie éditoriale face aux défis du numérique

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé jeudi soir à l’hôtel Sheraton d’Alger un Forum du Livre dédié à la valorisation des écrivains et à l’hommage aux figures intellectuelles du pays. Cette manifestation culturelle s’inscrit dans une volonté affichée de promouvoir la lecture et de repenser l’industrie éditoriale algérienne face aux défis contemporains.

Organisé dans le cadre d’une politique de promotion de la lecture et de valorisation de l’industrie du livre, le Forum du Livre a rassemblé créateurs, éditeurs et acteurs culturels autour d’une ambition commune : réaffirmer la place centrale du livre dans la construction de la conscience collective algérienne. Selon le communiqué du ministère de la Culture et des Arts, cette rencontre vise à célébrer « le livre et les créateurs » tout en consacrant « une culture de la reconnaissance » envers les symboles de « la pensée et de la création » qui ont contribué à bâtir « le capital symbolique de l’Algérie ». Dans son allocution, Malika Bendouda a rappelé que « le livre demeure un espace ouvert au savoir et au dialogue, un refuge humain qui fonde la conscience et la beauté ». La ministre a souligné que cette initiative s’inscrit dans la démarche du ministère de la Culture et des Arts visant à établir « des traditions culturelles de qualité qui redonnent au livre sa valeur en tant que pilier fondamental dans la construction de la conscience individuelle et collective ». Pour elle, le livre n’est pas qu’un simple support de diffusion des idées, mais un véritable vecteur d’émancipation intellectuelle et de dialogue entre les générations.

L’une des orientations majeures défendues lors de ce forum concerne la nécessité d’impliquer l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre. La ministre a insisté sur le fait que le développement du secteur éditorial exige « l’implication de tous les acteurs de son écosystème, des créateurs aux éditeurs en passant par les artisans », appelant à adopter « une nouvelle approche basée sur l’évaluation objective de la réalité de l’édition et l’anticipation des perspectives de son développement ». Cette approche doit répondre, selon elle, aux transformations que connaît « l’industrie du livre dans ses différents supports, papier et numérique ». Dans ce contexte évolutif marqué par la révolution numérique et les mutations des pratiques de lecture, Malika Bendouda a mis l’accent sur l’importance d’élaborer « une nouvelle stratégie nationale pour l’industrie du livre » qui prenne en compte « les défis actuels » tout en valorisant « les efforts culturels déployés ». Le ministère affirme ainsi sa détermination à soutenir les programmes d’édition et à renforcer la présence « du livre dans les bibliothèques, les clubs de lecture et les espaces culturels », tout en accompagnant « les initiatives culturelles qui contribuent à rapprocher le livre du lecteur ».

Ce forum a également été marqué par un moment d’hommage empreint d’émotion. La ministre a rendu un hommage appuyé à la mémoire du moudjahid et historien Mohamed Harbi, récemment disparu, évoquant son « parcours intellectuel et militant » ainsi que ses « contributions remarquables à l’écriture de l’histoire algérienne contemporaine ». Selon les termes du communiqué, Mohamed Harbi incarne « l’une des voix qui ont conjugué témoignage historique et engagement national ». La cérémonie a par ailleurs honoré plusieurs créateurs et créatrices récompensés par des « prix internationaux », en reconnaissance de leurs contributions à l’enrichissement du paysage culturel algérien. Un hommage symbolique a également été rendu à l’écrivaine, militante et ancienne ministre Z’hor Ounissi, en « reconnaissance de son parcours militant et créatif et de son rôle pionnier dans l’ancrage des valeurs humanistes et nationales dans l’écriture algérienne ». Cette figure emblématique des lettres et de l’engagement politique algériens représente une génération qui a su conjuguer création littéraire et combat pour l’indépendance et les droits des femmes.

Les travaux du forum ont été ponctués d’interventions scientifiques, de lectures poétiques et de prestations artistiques qui ont reflété la diversité des expressions culturelles nationales. Ces moments ont conféré une dimension esthétique à cette rencontre, transformant l’événement en un véritable espace de dialogue et d’échange entre créateurs et public. À travers cette programmation riche et variée, le ministère de la Culture entend non seulement célébrer le patrimoine littéraire algérien, mais aussi stimuler une dynamique créative tournée vers l’avenir, capable de répondre aux aspirations d’un lectorat en quête de diversité et d’excellence.

Mohand Seghir

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