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Blida : L’eau dessalée pour sécurise les approvisionnements

La wilaya de Blida s’apprête à franchir un nouveau cap dans la sécurisation de son approvisionnement en eau potable. Selon Abdelkrim Allouche, directeur des Ressources en eau et de l’Hydraulique, le système de production d’eau potable sera prochainement renforcé par un apport supplémentaire de près de 45.000 m3 par jour d’eau dessalée, provenant de l’usine de dessalement d’eau de mer Fouka 2, située dans la wilaya de Tipasa. Cette mesure, inscrite dans le cadre des efforts visant à assurer une distribution régulière de l’eau potable à travers la diversification des sources d’approvisionnement, traduit l’engagement des pouvoirs publics à garantir la sécurité hydrique dans un contexte de changement climatique. Cette nouvelle dotation profitera notamment à plusieurs communes et nouveaux pôles urbains, situés en majorité à l’est de la wilaya, dont Meftah, les pôles Sefsaf et Haouch Errih comptant des dizaines de milliers de logements, ainsi que Larbaa, Ouled Slama, Bougara et la commune montagneuse de Djebabra. Le transfert de cette quantité d’eau sera effectif dès la mise en service de la station principale de pompage N1, en réalisation dans la commune de Chebli, après l’achèvement des travaux des conduites de raccordement s’étendant sur près de 92 kilomètres. Cette infrastructure s’ajoute aux 55.000 m3 d’eau dessalée actuellement transférés vers la wilaya à partir de l’usine Fouka 2, lesquels approvisionnent 12 communes, dont le chef-lieu de wilaya, Bouarfa, Beni Merad, Boufarik, Soumaa, Guerrouaou et Ouled Yaïch, et dans une moindre mesure certaines communes de l’ouest de la wilaya telles qu’El Affroun et Mouzaïa. Le quota global de la wilaya de Blida en provenance de l’usine Fouka 2, dotée d’une capacité de 300.000 m3 par jour, est estimé à 100.000 m3 par jour, alors que la production quotidienne totale de la wilaya, reposant à près de 80% sur les eaux souterraines, dépasse les 200.000 m3 par jour.

L’usine de dessalement Fouka 2 représente un projet stratégique d’envergure nationale. Inaugurée en février 2025 par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, cette installation s’étend sur une superficie de 7,15 hectares et assure l’approvisionnement en eau potable de 3 millions d’habitants des wilayas d’Alger, de Tipasa et de Blida. Utilisant la technologie de l’osmose inverse, référence en matière de dessalement, l’installation comprend six unités de production de 50.000 m3 par jour chacune et dispose de douze réservoirs équipés de filtres spécialisés pour le traitement de l’eau de mer. Le projet de transfert vers Blida a nécessité la réalisation d’infrastructures considérables. Selon les informations fournies par le directeur général de l’Algérienne des eaux, une enveloppe financière de près de 11 milliards de dinars a été mobilisée pour réaliser ce projet qui comprend 95 kilomètres de conduite, trois stations de pompage et six réservoirs d’une capacité de stockage de 48.000 m3 chacun. Ces infrastructures sont conçues pour mettre fin définitivement au problème d’approvisionnement en eau potable des habitants de la wilaya.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse de sécurisation des ressources hydriques. Le dessalement assure désormais 42% des besoins nationaux en eau potable, contre 18% seulement en 2024, marquant un basculement profond du mix hydrique national. Le programme complémentaire de renforcement de la sécurité hydrique prévoit la réalisation de cinq grandes stations de dessalement d’une capacité de 300.000 m3 par jour chacune, réparties le long du littoral algérien, dont Cap Blanc à Oran, Cap Djinet à Boumerdes, Tighremt à Béjaïa et Koudiet Eddraouche à El Tarf.

L’objectif affiché est d’atteindre une indépendance totale vis-à-vis des précipitations, garantissant ainsi un approvisionnement ininterrompu quelles que soient les conditions climatiques. Cette stratégie permet également de préserver les ressources naturelles locales en réduisant la pression sur les barrages et les forages souterrains, qui pourront être réservés à d’autres usages stratégiques, notamment l’irrigation agricole.

Pour Blida, dont la production repose encore majoritairement sur les eaux souterraines, l’arrivée progressive de ces volumes d’eau dessalée représente un tournant décisif. La diversification des sources d’approvisionnement assure une meilleure résilience face aux périodes de sécheresse et contribue à la préservation des nappes phréatiques, ressource précieuse pour les générations futures dans une région à forte densité démographique et en pleine expansion urbaine.

R.R.

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