Ghaza sous le feu de l’occupation : Une catastrophe humanitaire sans précédent
Alors que l’accord de cessez-le-feu peine à tenir depuis son entrée en vigueur le 11 octobre dernier, la bande de Ghaza continue de saigner sous les coups répétés de l’occupation sioniste.
Mardi, les forces de l’entité sioniste ont franchi un nouveau cap dans leur entreprise de démantèlement des institutions internationales en envahissant le siège de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens à El Qods occupée. Cette intrusion, accompagnée d’une démonstration de force militaire et d’opérations de démolition, s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à liquider le travail de l’agence onusienne et à supprimer le droit au retour des réfugiés palestiniens garanti par la résolution 194 des Nations unies. Le Réseau des organisations non gouvernementales palestiniennes a vivement condamné cette action, appelant à une intervention internationale immédiate pour mettre fin à ces crimes et exigeant du Conseil de sécurité qu’il envisage la suppression de l’adhésion de l’entité sioniste à l’ONU. Le Réseau a également réclamé la protection des employés du siège et la préservation des documents, registres et archives contenant des informations cruciales sur les réfugiés et le travail de l’agence, mettant en garde contre leur destruction délibérée. Sur le terrain, l’occupation sioniste poursuit ses violations flagrantes de la trêve. Mardi, des avions de guerre ont lancé des raids sporadiques sur des zones du centre et du sud de Ghaza, notamment à l’est de Khan Younis et dans les camps d’Al-Bureij et de Deir al-Balah, où des tirs de mitrailleuses ont visé des zones civiles. Ces attaques s’ajoutent à un bilan déjà catastrophique : depuis le 7 octobre 2023, l’agression génocidaire sioniste a fait 71 551 martyrs et 171 372 blessés, dont une écrasante majorité de femmes et d’enfants. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 466 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1 294 autres ont été blessés, tandis que 713 corps de martyrs ont été récupérés des décombres.
La situation humanitaire dans l’enclave atteint des proportions apocalyptiques. Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, a mis en garde contre des niveaux records de maladies dans la bande de Ghaza, exacerbés par les conditions hivernales extrêmes. Le froid glacial, les fortes pluies et les inondations frappent une population déjà affaiblie par plus de 2 ans de guerre génocidaire. Les enfants, privés à plusieurs reprises des vaccins essentiels, sont particulièrement vulnérables aux maladies évitables. Le manque d’eau potable et d’assainissement dans les abris surpeuplés, combiné à l’effondrement du système médical, a transformé Ghaza en bombe sanitaire à retardement. Mardi, un bébé de 7 mois, Shada Abou Jarad, est décédée dans la ville de Ghaza en raison du froid intense, portant à 9 le nombre d’enfants morts de froid depuis le début de l’hiver.
La représentante du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Olga Cherevko, a confirmé que la crise humanitaire à Ghaza n’est pas terminée 3 mois après le cessez-le-feu. La vie des Palestiniens demeure marquée par le déplacement forcé, les traumatismes psychologiques et la privation. Bien que plus de 1,3 million de personnes aient reçu des colis alimentaires et plus de 1,5 million de repas chauds aient été distribués durant les 2 premiers mois de la trêve, ces efforts ne constituent qu’une solution temporaire face à une situation qui reste fragile et susceptible de se détériorer à tout moment. Moins de 40% des infrastructures de soins de santé sont actuellement opérationnelles, tandis que l’entrée de fournitures éducatives pour les enfants, privés d’école depuis 2 années consécutives, demeure interdite par l’occupation.
Le Réseau des organisations civiles palestiniennes dans la bande de Ghaza a tiré la sonnette d’alarme face à une catastrophe sanitaire et environnementale imminente. Selon son président Amjad Al-Chawa, l’enclave fait face à une pénurie aiguë d’eau potable, à l’accumulation de 900 000 tonnes de déchets et à la destruction massive des réseaux d’assainissement. L’occupation sioniste continue d’interdire l’entrée des produits d’hygiène, des fournitures de base, des tentes et des matériaux d’hébergement, accentuant les souffrances des déplacés. Des organisations médicales ont averti de la propagation imminente d’épidémies, notamment le choléra et la poliomyélite, en raison des restrictions imposées à l’entrée des médicaments et des fournitures médicales. Plus de 90% des réseaux d’eau ont été détruits par les bombardements sionistes, tandis que plus de 15 millions de tonnes de gravats jonchent le territoire, dépassant largement les capacités disponibles pour faire face à cette destruction massive.
Cette catastrophe humanitaire survient après 2 ans d’un génocide qui a fait plus de 242 000 victimes entre martyrs et blessés, plus de 11 000 disparus, des centaines de milliers de déplacés, une famine ayant coûté la vie à de nombreuses personnes, et une destruction généralisée ayant touché la majorité des villes et régions de l’enclave, en dépit des appels internationaux et des ordonnances de la Cour internationale de justice exigeant l’arrêt de cette agression.
Lyes Saïdi

