Culture

Médéa : Feu vert pour sauver trois sites historiques majeurs

Le ministère de la Culture et des Arts a autorisé le lancement en urgence de travaux de sauvegarde et d’aménagement sur trois sites patrimoniaux de la wilaya de Médéa : la mosquée Mesdjed El-Atik de Ksar el-Boukhari, le bain historique de la maison de l’Émir Abdelkader et le site de Haouch El-Bey, ancienne résidence des beys et de l’Émir Abdelkader. Cette décision intervient alors que certains de ces monuments, dont l’histoire remonte à la fin du XVIIIe siècle, présentent des signes inquiétants de dégradation. La directrice de la Culture et des Arts de Médéa, Salima Gaoua, a confirmé samedi à l’APS que l’autorisation ministérielle concerne trois projets distincts destinés à préserver un patrimoine architectural et historique menacé par le temps et les intempéries. Le premier et le plus urgent de ces chantiers concerne la mosquée Mesdjed El-Atik, édifice religieux datant de la fin du XVIIIe siècle situé à Ksar el-Boukhari, au sud de Médéa. « Une autorisation a été accordée au secteur de la culture pour lancer en urgence des travaux de préservation de ce lieu de culte », a indiqué Salima Gaoua. L’état de conservation de ce monument historique suscite l’inquiétude des services du patrimoine, notamment après l’apparition de fissures au niveau du minaret, élément architectural emblématique de l’édifice. « Les travaux de restauration prévus sur ce site visent notamment à stabiliser le minaret et à consolider les fondations de l’édifice afin d’éviter toute dégradation », a expliqué la directrice.

L’étude de restauration, prête depuis plusieurs mois, a été élaborée dans le cadre d’un projet associant le secteur des affaires religieuses, les collectivités locales et l’association de Mesdjed El-Atik, témoignant d’une approche participative dans la gestion du patrimoine. Les interventions programmées prévoient également des travaux d’extension et de consolidation de l’édifice, « tout en préservant son cachet architectural, afin de renforcer les points d’appui du minaret, qui constitue actuellement le point faible de l’ensemble de la mosquée », a précisé Salima Gaoua. Un aménagement des abords de la mosquée et des ruelles situées à proximité figure également parmi les mesures de protection décidées dans le cadre de ce projet, visant à valoriser l’ensemble du site dans son environnement urbain.

Le deuxième volet de cette opération de sauvegarde concerne l’ancien bain de la maison de l’Émir Abdelkader, édifice construit au début du XIXe siècle et aujourd’hui transformé en musée des arts et des traditions populaires. « L’autorisation accordée par la tutelle permettra d’entamer, dans les meilleurs délais, les travaux de restauration de cet édifice afin de le protéger des risques d’infiltration des eaux pluviales et de dégradation de la partie du musée qui abrite ce bain », a souligné la responsable. Cette intervention s’avère nécessaire pour préserver l’intégrité d’un lieu chargé d’histoire, témoignage du mode de vie et de l’architecture de l’époque de l’Émir Abdelkader.

Le troisième projet concerne le site de Haouch El-Bey, situé à Médéa, pour lequel un projet de musée est en cours d’élaboration. « Il pourrait être consacré au patrimoine immatériel local ou à l’archéologie », a déclaré Salima Gaoua, ajoutant que « des consultations seraient prochainement engagées avec des universitaires, des associations actives dans le domaine du patrimoine et des représentants de la société civile, afin de convenir de la vocation de cette nouvelle structure muséale ». Ce monument, qui a servi de résidence aux beys à partir de la fin du XVIIIe siècle et dans lequel a également séjourné l’Émir Abdelkader, représente un témoignage architectural et historique de premier ordre. « La concrétisation de ce projet permettra de mieux valoriser ce monument », a affirmé la directrice de la Culture et des Arts.

Par ailleurs, Salima Gaoua a annoncé la création prochaine d’un secteur sauvegardé du vieux Ksar, initiative qui s’inscrit dans le prolongement du projet de préservation du Mesdjed El-Atik, l’un des principaux édifices patrimoniaux du vieux ksar. Un premier projet d’étude avait été réalisé en 2024 et examiné par la Commission nationale des biens culturels, mais des réserves avaient été émises à l’époque, notamment celles relatives à la nature juridique des biens et à l’état de conservation des bâtisses. « Ces réserves ont été levées et le dossier a été transmis à nouveau à la commission pour son approbation », a fait remarquer la directrice.

Cette série d’interventions témoigne d’une volonté affirmée des pouvoirs publics de préserver le patrimoine historique et architectural de la wilaya de Médéa, riche d’un héritage qui remonte à plusieurs siècles et qui constitue un témoignage vivant de l’histoire nationale.

M.S.

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