Culture

Exposition collective « De sous les décombres, Ghaza en couleurs » au MaMo : L’art comme vecteur de résistance

Le Musée national public d’art moderne et contemporain d’Oran (MaMo) a accueilli, samedi, l’ouverture de la deuxième édition de l’exposition artistique collective De sous les décombres, Ghaza en couleurs, une manifestation culturelle engagée qui place l’art au cœur du témoignage et de la mémoire. À travers plus de 80 œuvres plastiques, cette exposition solidaire donne à voir la souffrance du peuple palestinien tout en affirmant sa résilience, son attachement à la vie et son aspiration à la liberté, dans un contexte marqué par la persistance des violences et des destructions sionistes dans la bande de Ghaza. L’événement s’est déroulé en présence du secrétaire général de la wilaya d’Oran, Fodil Laïdani, de la directrice de la Culture et des Arts, Bouchera Salhi, ainsi que d’un large public composé d’artistes, d’intellectuels et d’amateurs d’art. Commissaire de la manifestation, l’artiste plasticien et céramiste Samir Kabli a indiqué que l’exposition « regroupe plus de 80 œuvres réalisées par près de 30 artistes issus de différentes wilayas », soulignant la dimension nationale et collective de cette initiative artistique. Déclinées en plusieurs thématiques, les œuvres exposées, réalisées principalement à l’huile et à l’acrylique sur toile, abordent frontalement les formes les plus cruelles de l’oppression et les crimes perpétrés à l’encontre du peuple palestinien, notamment à Ghaza. Elles traduisent également la solidarité profonde des artistes algériens avec la cause palestinienne, exprimée par une palette de couleurs contrastées, des compositions fortes et une symbolique marquée par la douleur, mais aussi par l’espoir. Selon plusieurs participants, ces créations constituent « un témoignage visuel vivant de la tragédie humaine vécue par les Palestiniens » et « un cri artistique contre l’occupation, l’injustice et l’oubli ». Les artistes expliquent avoir voulu documenter, par le langage de l’art, la souffrance d’un peuple « qui gémit sous la machine de guerre », tout en refusant la banalisation de la violence et l’effacement de la mémoire collective. Pour Samir Kabli, initiateur du projet, cette exposition s’inscrit dans une démarche itinérante visant à élargir l’impact du message : « Il s’agit d’une caravane artistique qui parcourra sept wilayas afin de porter cette voix solidaire au plus près du public », précisant que l’exposition a déjà été accueillie à Alger en juin dernier, avant Oran, et se rendra ensuite à Constantine, Béchar, Ghardaïa, Biskra, puis à Illizi (Djanet) ou Tamanrasset. En marge de l’exposition, une conférence intitulée Le rôle de l’art dans la documentation de l’histoire, animée par la professeure Djidjiga Brahimi, a mis en lumière la capacité de la création artistique à conserver la mémoire des peuples et à transmettre les récits que l’histoire officielle tait parfois. Un atelier créatif destiné aux enfants a également été organisé, permettant aux plus jeunes d’exprimer leur sensibilité à travers le dessin et la peinture, avant l’exposition de leurs travaux dans la salle du musée, couronnée par des distinctions symboliques. Prévue jusqu’à mercredi prochain, l’exposition De sous les décombres, Ghaza en couleurs s’affirme ainsi comme un espace de résistance culturelle, où l’art devient à la fois acte de mémoire, de solidarité et d’engagement, rappelant que la création demeure l’un des langages les plus puissants pour dire l’indicible et défendre la dignité humaine.

M.S.

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