Portés par les incertitudes : Pétrole et gaz en hausse, l’or bat des records
Les marchés de l’énergie et des métaux précieux connaissent une flambée spectaculaire ce lundi, portés par des tensions sur l’offre et un climat d’incertitude économique mondiale.
Les prix du gaz grimpent ainsi fortement en raison de températures glaciales, notamment aux États-Unis où s’est abattue une tempête hivernale. Le gaz naturel américain a atteint un nouveau sommet depuis 2022, à 6,293 dollars par million de British thermal unit (BTU), une unité de mesure anglo-saxonne. En Europe, le marché affiche une hausse spectaculaire de 17,55% par rapport à la clôture de vendredi, à 6,201 dollars par million de BTU. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a touché un plus haut niveau depuis mars 2025, à 43,380 euros le mégawattheure (MWh), et s’établissait lundi à 41,155 euros le MWh, en progression de 2,79%. Selon les analystes du marché, une baisse de l’approvisionnement des terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) américains pourrait engendrer des tensions sur l’offre. Cette hausse des prix s’explique également par la croissance de la demande sur le GNL, notamment en Europe et en Asie, avec la persistance des basses températures.
Les prix du pétrole brut étaient en légère hausse lundi, consolidant leurs gains précédents en raison notamment de perturbations de l’offre sur le marché et des risques géopolitiques persistants.
Durant les séances matinales, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, grappillait 0,38% à 66,13 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, prenait 0,31% à 61,26 dollars. Les deux références avaient terminé la séance de vendredi à leur niveau le plus élevé depuis le 14 janvier. La tempête hivernale Fern a frappé les États-Unis, entraînant l’arrêt de la production dans d’importantes régions productrices de pétrole brut et de gaz naturel. Environ 250.000 barils par jour de production de brut ont été perdus aux États-Unis en raison des mauvaises conditions météorologiques, selon des analystes du marché.
L’or s’est hissé lundi à un nouveau record, à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g), dépassant pour la première fois le cap symbolique des 5.000 dollars. En début de séances, le métal jaune s’affichait à 5.097,04 dollars l’once, confirmant son rôle de valeur refuge face aux incertitudes qui persistent, notamment aux États-Unis. La valeur de l’or a progressé sans discontinuer depuis 2 ans : l’once valait un peu plus de 2.000 dollars en janvier 2024. Cette progression est stimulée par les revirements de l’administration américaine, engendrant un climat d’incertitude aux États-Unis et détournant les investisseurs et les banques centrales du dollar et des obligations d’État, habituellement considérés comme des valeurs refuges. Selon les experts, la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement des États se traduisent par un recours massif aux actifs tangibles, propulsant l’or vers des sommets historiques qui redessinent la carte des investissements stratégiques mondiaux.
S.A.

