Alors que les États-Unis ont déployé une importante force navale dans le Golfe : Tensions dans le détroit d’Ormuz
L’Iran a affirmé mercredi exercer un « contrôle total » sur le détroit d’Ormuz et a démenti toute demande de négociations avec Washington, alors que les États-Unis ont déployé une importante force navale dans le Golfe dans le sillage de menaces de frappes contre l’Iran et que le président Donald Trump évoque la possibilité d’un accord tout en maintenant la menace militaire.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré mercredi qu’aucun contact n’avait eu lieu récemment avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et qu’aucune demande de négociations n’avait été formulée par Téhéran. « Il n’y a eu aucun contact entre Witkoff et moi ces derniers jours et aucune demande de négociations n’a été faite de notre part », a précisé le chef de la diplomatie iranienne, ajoutant que certains intermédiaires poursuivaient néanmoins des consultations avec Téhéran. « Notre position est claire : les discussions ne peuvent avoir lieu sous la menace. Elles ne seront possibles que lorsque les pressions et exigences excessives auront cessé », a-t-il souligné.
Cette déclaration intervient au lendemain des propos de Donald Trump, qui a affirmé mardi que Téhéranrecherchait le dialogue. « Ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler », a déclaré le président américain dans un entretien avec le média Axios. Un haut responsable américain a ensuite précisé que si l’Iran souhaitait établir un contact en connaissant les conditions américaines, Washington était prêt à discuter. Le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé lundi dans le Golfe. Donald Trump a prévenu que les États-Unis avaient « une grande armada près de l’Iran. Plus grande qu’au Venezuela », en référence à l’opération américaine de capture du chef d’État vénézuélien Nicolas Maduro début janvier. Mohammad Akbarzadeh, commandant des Gardiens de la révolution, a déclaré que l’Iran ne cherchait pas la guerre mais y était pleinement préparé. « En cas de conflit, l’Iran n’abandonnera pas le moindre terrain et poursuivra son avancée », a-t-il averti. Selon le responsable militaire, la gestion du détroit d’Ormuz repose désormais sur des systèmes « intelligents » permettant une surveillance permanente des mouvements maritimes, de surface et sous-marins. Il a ajouté que Téhéran décidait quels navires, selon leur pavillon, étaient autorisés à emprunter le détroit. Le commandant des Gardiens de la révolution a prévenu que tout pays voisin dont le territoire, l’espace aérien ou les eaux seraient utilisés contre l’Iran serait considéré comme « hostile », précisant que ce message avait déjà été transmis aux acteurs régionaux. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a indiqué dans un appel téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian que le royaume ne permettrait pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour des actions militaires contre l’Iran, selon le ministère saoudien des Affaires étrangères.
Un passage stratégique vital pour l’économie mondiale
Le détroit d’Ormuz constitue un passage vital pour le commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cet étroit passage reliant le golfe Persique au golfe d’Oman voit transiter environ un tiers du pétrole brut transporté par voie maritime dans le monde et près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Chaque jour, près de 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers y passent, principalement à destination de l’Asie, notamment la Chine. Environ 85% du pétrole irakien transite par le détroit, tandis que l’Arabie saoudite représente 35 % des volumes transportés, suivie des Émirats arabes unis avec 20 %. Une part importante du pétrole iranien est également exportée vers la Chine par cette route. Près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié emprunte ce passage stratégique.
Lyes Saïdi

